‹ Histoire de France (volume 4)Chapitre 43 sur 59 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Succès de l'infant don Philippe et du maréchal de Bfaillebois , sniris des plus grands désastres.

Il n'en était pas ainsi dans l'Italie et vers les Alpes; il s'y passa alors une scène extraordinaire. Les plus tristes revers avaient succédé aux prospérités les plus rapides : la maison de France perdait en Italie plus qu'elle ne gagnait en Flandre ; et les pertes semblaient même plus irréparables que les suc-

ces de Flandre ne paraissaient utiles; car alors le véritable objet de la guerre était rétablissement de don Philippe. Si on était vaincu en Italie, il n'y avait plus de ressources pour cet établissement ; et on avait beau être vainqueur en Flandre, on sentait bien que tôt ou tard il faudrait rendre les conquêtes , et qu'elles n'étaient que comme un gage , une sûreté passagère qui indemnisait des pertes qu'on faisait ailleurs. Les cercles d'Allemagne ne prenaient part à rien ; les bords du Rhin étaient tranquilles : c'était en effet l'Espagne qui était devenue enfin la partie principale dans la guerre ; on ne combattait presque plus sur terre et sur mer que pour elle. La cour d'Espagne n'avait jamais perdu de vue Parme , Plaisance et le Milanais. De tant d'états disputés à l'héritière de la maison d'Autriche , il ne restait plus que ces provinces d'Italie sur lesquelles on pût faire valoir des droits.

Depuis la fondation de la monarchie cette guerre est la seule dans laquelle la France ait été simplement auxiliaire; elle le fut dans la cause de l'empereur Charles YII , jusqu'à la mort de ce prince , et dans celle de l'infant don Philippe jusqu'à la paix.

Au commencement de la campagne de 4745 en Italie , les apparences furent aussi favorables à la maison de France, qu'elles l'avaient été en Autriche en 4 744 : les chemins étaient ouverts aux armées espagnole et française par la voie de Gènes. Cette république , forcée par la reine de Hongrie et par le roi de Sardaigne à se déclarer contre eux , avait enfin fait son traité définitif; elle devait fournir environ dix-huit mille hommes. L'Espagne lui donnait trente mille piastres par mois, et cent mille une fois payées , pour le train d'artillerie que Gènes fournissait à l'armée espagnole; car, dans cette guerre si

longue et si variée» les états puissants et riches soudoyèrent toujours les autres. L'armée de don Philippe, qui descendait des Alpes avec l'année française jointe au corps des Génois, était de quatre-vingt mille hommes ; celle du comte de Gages , qui avait poursuivi les Allemands aux environs de Rome , s'avançait forte d'environ trente mille combattants, en comptant l'armée napolitaine : c'était au temps même que le roi de Prusse vers la Saxe , et le prince de Conti vers le Rhin , empêchaient que les forces autrichiennes ne pussent secourir l'Italie. Les Génois même eurent tant de confiance, qu'ils déclarèrent la guerre dans les formes au roi de Sârdaigne ; le projet était que l'armée espagnole et napolitaine viendrait joindre l'armée française et espagnole dans le Milanais.

Au mois de mars 4745, le duc de Modène et le comte de Gages, à la tête de l'armée d'Espagne et de Naples, avaient poursuivi les Autrichiens des environs de Rome à Rimini , de Rimini à Gésène , à Iinola, à Forli , à Bologne, et enfin jusque dans Modène.

Le maréchal de Maillebois, élève du célèbre Villars, déclaré capitaine-général de l'armée de don Philippe , arriva bientôt par Vintimille et Oneille, et descendit vers le Montfer rat, sur la fin du mois de juin, à la tête des Espagnols et des Français.

De la petite principauté d'Oneille on descend dans le marquisat de Final, qui est à l'extrémité du territoire de Gênes , et de là on entre dans le Montferrat-Mantouan, pays encore hérissé de rochers qui sont une suite des Alpes; après avoir marché dans des vallées entre ces rochers, on trouve le terrain fertile d'Alexandrie ; et pour aller droit à Milan , on va d'Alexandrie à Torlone ; à quelques railles de là vous passes

IjOUIS XV. 421

le Pô ; ensuite se présente Pavie sur le Tésin ; et de Pavie il n'y a qu'une journée à la grande ville de Milan , qui n'est point fortifiée, et qui envoie toujours ses clefs à quiconque a passé le Tésin , mais qui a un château très-fort et capable de résister longtemps.

Pour s'emparer de ce pays il ne faut que marcher en force ; pour le garder, il faut veiller à droite et à gauche sur une vaste étendue de terrain , être maître du cours du Pô, depuis Casai jusqu'à Crémone, et garder l'Oglio, rivière qui tombe des Alpes du Tyrol , ou bien avoir au moins Lodi , Crème et Pizzigitone pour fermer le chemin aux Allemands, qui peuvent arriver du Trentin par ce côté ; il faut enfin surtout avoir la communication libre par les derrières avec la rivière de Gènes , c'est-à-dire avec ce chemin étroit qui conduit le long de la mer depuis Antibes par Monaco, Yintimille, afin d'avoir une retraite en cas de malheur. Tous les postes de ce pays sont connus et marqués par autant de combats que le territoire de Flandre.

Cette campagne d'Italie, qui eut des suites si malheureuses, commença par une des plus belles manœuvres qu'on ait jamais exécutées , et qui suffirait pour donner une gloire durable , si les grandes actions n'étaient pas aujourd'hui ensevelies dans la multitude innombrable des combats , et surtout si cet événement heureux n'avait pas été suivi de désastres.

Le roi de Sardaigne , à la tête de vingt-cinq mille soldats , et le comte de Schulembourg avec un nombre presque égal d'Autrichiens , étaient retranchés dans une anse que forme le Tanaro vers son embouchure dans le Pô, entre Valence et Alexandrie.

Le maréchal de Maillebois , qui commandait l'armée fran-

çaise , et le comte de Gages, général des Espagnols , ne pouvaient forcer le roi de Sardaigne et le chasser de son poste, tant qu'il serait soutenu par les troupes impériales. Un fils du maréchal, jeune encore» imagine de les séparer; et pour y parvenir il fallait tromper les Autrichiens. Il fait son plan , il combine tous les hasards calculés sur la distance des lieux : si on envoie un gros détachement sur le chemin de Milan , Schulembourg ne voudra pas laisser prendre cette ville; fl marchera à son secours, il dégarnira le roi de Sardaigne; sur-le-champ le gros détachement reviendra rejoindre l'armée avant que les Autrichiens soient revenus , on n'aura à combattre que la moitié des troupes ennemies; cette brusque attaque les déconcertera. Tout arriva comme le jeune comte de Maillebois l'avait prévu et arrangé. Les armées française et espagnole traversent le Tanaro ayant de l'eau jusqu'à la ceinture : le maréchal de Maillebois surprend l'infanterie du roi de Sardaigne dans son camp, et la met en fuite; le général Gages , à la tête de la cavalerie espagnole, attaque la cavalerie piémontaise, la disperse, et la poursuit jusque sous le canon de Valence. Le roi de Sardaigne est obligé de reculer jusqu'à Casai dans le Piémont : on se rendit maître alors de tout le cours du Pô : c'était dans le temps môme que le roi de France conquérait la Flandre, que le roi de Prusse t son allié, fortifiait sa cause par de nouveaux succès ; tout était favorable alors dans toutes ces différentes scènes du théâtre de la guerre. Les Français avec les Espagnols se trouvaient en Italie, sur la fin de l'an 1745, maîtres du Montferrat, de l'Alexandrin, du Tortonais, du pays derrière Gênes , qu'on nomme les fiefs impériaux de la Loméline , du Pavesan , du Lodesan , de Milan, de presque tout le Milanais, de Parme et de Plaisance.

Tous ces snceès s'étaient suivis rapidement , comme ceux du roi de France dans les Pays-Bas , et du prince Edouard dans l'Ecosse, tandis que le roi de Prosse, de son côté , battait an fond de l'Allemagne les troupes autrichiennes. Mais il arriva es Italie précisément la même chose qu'on avait vue en Bohase as commencement de cette guerre; les apparences les plos fcesrcases couvraient les plus grandes calamités.

Le sort ds roi de Prisse était, es faisant b guerre, de nuire beaacotp à b maêss d'Autriche, et es faisant la paix , de laire fosft aatast à b maison de France. Sa paix dé frestas avait fait perdre b Bohême; sa poix de Dresde fit perdre VU

A pose rnapératrice-rane fat-efie dëL?rée pour la vt/M* iis de cet «umt „ ifa'dle fit passer de ncuveua w,n/* en bâtie par leTjriîeileTrencâi, pendant rar*»r <fe ITIJ, Linâne 'las Kuiippe posseiiaix Itïan , mais 1 n'avait pas .e 'Jumeau 5a aiêre. !a r^ine dEioaçpe. lui irliinnaiCi&w.iimeni Ut L'aaaqner. Le marsdiai <ie Maulefluis scr/\t, ut *mis te xeosiore 17*5 : « Je pratis ue destneuiia :nuie, « \a « iiôfise i rester iaos je Milanais. > le éflsseû l'Eipagai» i ; iflsana . * ont îu perviu-

La Jnspes ie / jnuerar^-e-r^nfc i* in-!;!i**.. es irwpes p»éminages ht . min . pgperxit lu xttwï parmiu >* p»*;* ji^nars. ies^rarts r^uuuiies. linuniicreni /inu* Vfm>i«j»

*; . «rrir *v*r jr:iie le y±mùe uns m zjl ik,;. ra. ^

J\ï?-»«&e i -i-ii ^fliV-m i -* i*-ar le «c ^e >n «■ *tf *»s

uia œ x.^i çs/hnc .esx^sbe. < i ; ï**tf «t.tujs '^oe

générale. U la mérita encore davantage le jour de la bataille de Plaisance, par sa conduite et par son courage ; car se trouvant dans le même état de maladie et de langueur où Ton avait vu le maréchal de Saxe à la bataille de Fontenoi , il surmonta comme lui l'excès de son mal pour accourir à cette bataille, et il la gagna d'une manière aussi complète. Ce fut la plus longue et une des plus sanglantes de toute la guerre. Le maréchal de Maillebois n'était point d'avis d'attaquer l'armée impériale ; mais le comte de Gages lui montra des ordres précis de la cour de Madrid. Le général français attaqua trois heures avant le jour , et fut longtemps vainqueur à son aile droite qu'il commandait ; mais l'aile gauche de cette armée ayant été enveloppée par un nombre supérieur d'Autrichiens, le général d'Haremburre blessé et pris, et le maréchal de Maillebois n'ayant pu le secourir assez tôt , cette aile gauche fut entièrement défaite ; et on fut obligé, après neuf heures de combat, de se retirer sous Plaisance.

Si l'on combattait de près comme autrefois , une mêlée de neuf heures de bataillon contre bataillon , d'escadron contre escadron, et d'homme contre homme, détruirait des armées entières, et l'Europe serait dépeuplée par le nombre prodigieux de combats qu'on a livrés de nos jours ; mais dans ces batailles, on ne se mêle presque jamais. Le fusil et le canon sont moins meurtriers que ne l'étaient autrefois la pique et l'épée. On est très-longtemps même sans tirer, et dans le terrain coupé d'Italie, on tire entre les haies; on consume du temps à s'emparer d'une redoute , à pointer son canon, à se former et à se reformer ; ainsi neuf heures de combat ne sont pas neuf heures de destruction.

La perte des Espagnols, des Français, et de quelques régi-

ments napolitains, fut cependant de plus de huit mille hommes tués ou blessés, et on leur fit quatre mille prisonniers. Enfin, l'armée du roi de Sardaigne arriva , et alors le danger redoubla ; toute l'armée des trois couronnes (le France, d'Espagne et de Naples, courait risque d'être prisonnière.

Dans ces tristes conjonctures , l'infant don Philippe reçut une nouvelle qui devait, selon toutes les apparences, mettre le comble h tant d'infortunes ; c'était la mort de Philippe V, roi d'Espagne, son père. Ce monarque, après avoir autrefois essuyé beaucoup de revers, et s'être vu deux fois obligé d'abandonner sa capitale , avait régné paisiblement en Espagne; ; et s'il n'avait pu rendre à cette monarchie la splendeur où elle fut sous Philippe II, il l'avait mise du moins dans un état plus florissant qu'elle n'avait été sous Philippe IV et sous Charles II. Il n'y avait que la dure nécessité de voir toujours Gibraltar, Minorque, et le commerce de l'Amérique espagnole , entre les mains des Anglais, qui eût continuellement traversé le bonheur de son administration, ta conquête d'Oran sur les Maures , en \ 732* la couronne de Naples et Sicile enlevée aux Autrichiens, et affermie sur la tête de son fils don Carlos , avaient signalé son règne, et il se flattait avec apparence, quelque temps avant sa mort, de voir le Milanais , Parme et Plaisance, soumis à l'infant don Philippe, son autre fils de son second mariage avec la princesse de Parme.

Précipité, comme les autres princes, dans ces grands mouvements qui agitaient presque toute l'Europe, il avait senti plus que personne le néant de la grandeur, et la douloureuse nécessité de sacrifier tant de milliers d'hommes à des intérêts qui changent tous les jours. Dégoûté du trône , il l'avait abdiqué pour son premier fils, don Louis , et l'avait repris après la

mort de ce prince» toujours prêt à le quitter, et n'ayant

éprouvé, par sa complexion mélancolique, que l'amertume

attachée à la condition humaine, même dans la puissance

absolue.

La nouvelle de sa mort , arrivée à Tannée après sa défaite, augmenta l'embarras où l'on était. On ne savait pas encore si Ferdinand VI, successeur de Philippe V, ferait pour un frère d'un second mariage, ce que Philippe V avait fait pour un fils. Ce qui restait de cette florissante armée des trois couronnes, courait risque plus que jamais d'être enfermé sans ressource ; elle était entre le Pô , le Lambro, le Tidone et la Trébie. Se battre en rase campagne, ou dans un poste contre une année supérieure, est très - ordinaire ; sauver des troupes vaincues et enfermées est très-rare; c'est l'effort de l'art militaire.

Le comte de Maillebois , fils du maréchal, osa proposer de se retirer en combattant ; il se chargea de l'entreprise, la dirigea sous les yeux de son père^ et en vint à bout : l'armée des trois couronnes passa tout entière en un jour et une nuit sur trois ponts, avec quatre mille mulets chargés et mille chariots de vivres , et se forma le long du Tidone. Les mesures étaient .ai bien prises, que le roi de Sardaigne et les Autrichiens ne purent l'attaquer que quand elle put se défendre. Les Français et les Espagnols soutinrent une bataille longue et opiniâtre, pendant laquelle ils ne furent point entamés.

Cette journée , plus estimée des juges de l'art qu'éclatante aux yeux du vulgaire, fut comptée pour une journée heureuse, parce que Ton remplit l'objet proposé : cet objet était triste, c'était de se retirer par Tortone , et de laisser au pouvoir de l'ennemi Plaisance et tout le pays. En effet , le lendemain de

cette étrange bataille» Plaisance se rendit, et plus de trois mille malades y furent faits prisonniers de guerre.

De toute cette grande armée qui devait subjuguer l'Italie, il ne resta enfin que seize mille hommes effectifs à Tortone. La même chose était arrivée du temps de Louis XIV, après la journée de Turin; François Ier , Louis XII, Charles VIII, avaient essuyé les mêmes disgrâces. Grandes leçons toujours inutiles.

On se retira bientôt à Gavi , vers les confins des Génois. L'infant et le duc de Modène allèrent dans Gènes ; mais au lieu de la rassurer, ils en augmentèrent les alarmes. Gènes était bloquée par les escadres anglaises ; il n'y avait pas de quoi nourrir le peu de cavalerie qui restait encore ; quarante mille Autrichiens et vingt mille Piémontais approchaient ; si l'on restait dans Gènes, on pouvait la défendre ; mais on abandonnait le comté de Nice, la Savoie, la Provence. Un nouveau général espagnol, le marquis de la Mina, était envoyé pour sauver les débris de l'armée ; les Génois le suppliaient, mais ils ne purent rien obtenir.

Gènes n'est pas une ville qui doive, comme Milan, porter ses clés à quiconque approche d'elle avec une armée ; outre son enceinte , elle en a une seconde de plus de deux lieues d'étendue, formée sur une chaîne de rochers ; par-delà cette double enceinte, l'Apennin lui sert de fortification. Le poste de la Bocchetta , par où les ennemis s'avançaient , avait toujours été réputé imprenable : cependant les troupes qui gardaient ce poste ne firent aucune résistance , et allèrent se rejoindre aux débris de l'armée française et espagnole, qui se retiraient par Vintimille. La consternation des Génois ne leur permit pas de tenter seulement de se défendre. Ils avaient une grosse artillerie, l'ennemi n'avait point de canon de siège ; /nais ils n'atten-

dirent pas que ce canon arrivât, et la terreur les précipita dans toutes les «extrémités qu'ils craignaient. Le sénat envoya précipitamment quatre sénateurs dans les défilés des montagnes où campaient les autrichiens, pour recevoir du général Brown et du marquis de Botta d'Adorno, Milanais, lieutenant-général de l'impératrice-reine , les lois qu'ils voudraient bien donner. Ils se soumirent à remettre leur ville dans vingt-quatre heures, à rendre prisonniers leurs soldats , les Français et les Espagnols , à livrer tous les effets qui pourraient appartenir à des sujets de France, d'Espagne et de Naples. On stipula que quatre sénateurs se rendraient en otage à Milan ; qu'on paierait surle-champ cinquante mille génovines , qui font environ quatre cent mille livres de France , en attendant les taxes qu'il plairait au vainqueur d'imposer.

On se souvenait que Louis XIV avait exigé autrefois que le doge de Gènes vint lui faire des excuses à Versailles avec quatre sénateurs : on en ajouta deux pour l'impéralrice-reine ; mais elle mit sa gloire à refuser ce que Louis XIV avait exigé; elle crut qu'il y avait peu d'honneur h humilier les faibles ; et ne songea qu'à tirer de Gènes de fortes contributions, dont elle avait plus de besoin que du vain honneur de voir le doge de la petite république de Gènes avec six Génois au pied du trône impérial.

Gènes fut taxée à vingt-quatre millions de livres : c'était la ruiner entièrement. Cette république ne s'était pas attendue , quand la guerre commença pour la succession de la maison d'Autriche, qu'elle en serait la victime ; mais dès qu'on arme dans l'Europe , il n'y a point de petit Etat qui ne doive trembler..

La puissance autrichienne , accablée en Flandre, mais vie-

torieuse dans les Alpes , n'était plus embarrassée que du choix des conquêtes qu'elle pouvait faire vers l'Italie. Il paraissait également aisé d'entrer dansNaples ou dans la Provence. 11 lui eût été plus facile de garder Naples. Le conseil autrichien crut qu'après avoir pris Toulon et Marseille , il réduirait les Deux- Siciles facilement , et que les Français ne pourraient plus re-

Le 28 octobre le maréchal de Maillebois était sur le Var, qui sépare la France du Piémont. Il n'avait pas onze mille hommes. Le marquis de La Mina n'en ramenait pas neuf mille. Le général espagnol se sépara alors des Français , tourna vers la Savoie par le Dauphiné; car les Espagnols étaient toujours maîtres de ce duché , et voulaient le conserver en abandonnant le reste.

Les vainqueurs passèrent le Var au nombre de près de quarante mille hommes. Les débris de l'armée française se retiraient dans la Provence , manquant de tout , la moitié des officiers à pied ; point d'approvisionnement, point d'outils pour rompre les ponts» peu de vivres. Le clergé , les notables , les peuples couraient au-devant des détachements autrichiens pour leur offrir des contributions , et être préservés du pil*

Tel était l'effet des révolutions d'Italie , pendant que les armées françaises conquéraient les Pays-Bas, et que le prince Charles Edouard avait pris et perdu l'Ecosse.

Page 1