‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 23 sur 91 · CHAPITRE Vffl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vffl

Ëenri III se décide }k la guerre contre les protestants.

Tout espoir étant perdu de ce côté , Henri lU prit la résolution de faire la guerre aux protestants. Le premier janvier 1687,' il déclara , pendant la cérémonie des chevaliers du Saint-Esprit , qu'il était décidé à rie souffrir dans le royaume d'autre religion que la catholique. Pour exécuter ce nouvel engâgettcnt, il leva des troupes , et fit venir un corps considérable de Suisses; mais il conserva toujours le dessan de garder personnellement une sorte de neutralité , et il essaya d'exécuter la folle idée qu'il avait eue , trois ans auparavant ; de mettre à la tête de la ligue le duc de Joyeuse , son favori. L'armée la plus nombreuse fut donc confiée à ce jeune seighetir, qui était destiné à faire tète au roi de Navarre, tandis que les dues de Guise et de Mayenne devaient empêcher )«s troupes allemandes, qui venaient au secours des protestants, de pénétrer dans le royaume par la Champagne ou par la . Bourgogne. Henri HI s'était réservé une armée d'observation, composée de Suisses et de quelques régiments fidèles; il voulait surveiller les deux partis , et profiter des chances qui se présenteraient pour accabler, s'il était possible, l'un et Tau-* tre.

Letf év^emefits ne répondirent pas k cette subtile combi- . nâisoti.^ Le duc d6 Joyeuse, après plusieiirs tâtonnements^

as HISTOIRE DE FRANCE.

livra bataille au roi de Navarre, près de Coutras (20 octo-» bre ) ; Henri de Bourbon , aguerri depuis longtemps, et devenu l'idole de ses soldats , remporta facilement sur un rival inexpérimenté qui n'avait su inspirer à ses troupes ni dévouement ni confiance. Joyeuse , entièrement défait , trouva la mort sur le champ de bataille ; et le vainqueur ne songea plus qu'à se réunir à l'armée allemande , qui venait à son secours.

Le cardinal de Bourbon , en apprenant l'échec reçu par le parti qui l'avait déclaré l'héritier présomptif de la couronne, ne témoigna aucun changement, et soutint le rôle équivoque qu'il avait adopté. « Loué soit Dieu ! dit-il , le roi de Navarre « est demeuré victorieux; nostre ennemi est mort; ainsi en « prendra-t-il à tous ceux qui s'attaquent à nostre maison, « Vive Bourbon ! Dieu donne bonne vie au roy ! Mais j'espère « s'il meurt sans hoir, que je verrai mon neveu roi, toute- « fois je me garderay bien d'en parler, en Testât où sont les a affaires. »

Cependant les ducs de Guise et de Mayenne ne purent empêcher l'armée allemande d'entrer dans le royaume. Elle se dirigeait vers la Charité sur Loire; Henri HI, se mettant en mouvement , lui ferma le passage ; alors elle vint ravager la Beauce, et menacer les environs de Paris. Le roi, au grand mécontentement des catholiques , rentra dans son inactivité. Les seize tremblaient déjà , quand ils apprirent que le duc de Guise volait à leur secours. Ce prince, quoiqu'inférieur en nombre , surprit les [étrangers près de Chartres , et les dispersa entièrement; exploit qui fit oublier à la ligue la défaite de Coutras , et qui valut , de sa part , au duc de Guise , le titre de libérateur delà France. Le roi de Navarre, n'ayant pu profiter de sa victoire, mit ses troupes en quartier d'hiver;

les hostilités furent suspendues sur presque tous les points; el Henri III revint à Paris, oii il voulut faire une entrée solennelle ( 23 décembre ). Il s'attendait aux applaudissements de la multitude; mais son espoir fut trompé, et tous les regards se fixèrent sur le duc de Guise , qui pouvait déjà se considérer comme le maître de la capitale.

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