‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 3 sur 91 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

seins d*Henri III , annulait son édit de pacification; il ne se borna pas à ce résultat : il fut décidé dans son conseil que des ambassadeurs seraient envoyés, au nom de l'assemblée , près du roi de Navarre ( Henri de Béarn ), pour lui détailler les raisons qui rendaient nul Pédit de pacification; ces raisons, exprimées dans les instructions rédigées par le conseil et délibérées par les états, étaient puisées dans les lois du royaume, qui ne permettaient pas, disait-on , que le roi pût décider seul des questions relatives à rétablissement d'un nouveau culte. Cette proposition , accompagnée de maximes fort étranges, qui appartenaient plutôt à Tesprit de la Ligue qu'à l'esprit de la constitution, ne conduisait pas , comme on pourrait le croire , à dire seulement que Tédit avait besoin, pour être valable, d'être approuvé par les Etats-Généraux, mais encore qu'il devait ôtre contrôlé par les parlements , « lesft quels, ajoutait-on, combien qu'ils ne soient qu'une forme ce des trois Etats raccourcis au petit pied , ont pouvoir de <( suspendre , modifier et refuser les édits. »

Ainsi une assemblée nationale favorisait l'usurpation du pouvoir législatif par les cours de justice: c'est sur cette expression des Etats de Blois que les parlements ont fondé leur prétention de remplacer et de supplanter les Etats-Généraux, et d'exercer, sans élection et sans mandat , les droits des représentants de la nation.

Henri III , ayant atteint le but -qu'il se proposait, ne larda pas à s'apercevoir que l'assemblée était disposée à le conduire plus loin qu'il ne voulait aller \ car elle lui demanda de déclarer que tout ce qui serait résolu par elle d^une conunune voix serait regardé comme loi du royaume, et que, pour les matières où les opinions seraient partagées, il ne pût en décider que de l'avis de la reine sa mère , des princes du sang , des pairs du royaume, et de douze députés des états; c^était le droit de sanction qu^on lui demandait d'abandonner : toutes les maximes fondamentales étaient méconnues , l'assemblée se faisait constituante.

Le roi se trouvait dégagé du côté des protestants 5 il lui res-

Page 1