‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 52 sur 91 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Naissance de Louis XIII.

Toute la France, dans ce saint jubilé, avait instamment demandé au ciel, qu'il lui plût de lui donner un dauphin pour la délivrer des malheurs oii elle eût été plongée , si son roi fût venu à mourir sans enfants mâles. Ses vœux furent exaucés : la reine accoucha heureusement d'un fils à Fontainebleau , le jour de Saint-Cdme , le 27 septembre. On lui donna le nom de Louis, si doux et si cher à la France , pour la mémoire du grand saint Louis et du bon roi Louis XII , père du peuple. Depuis , on lui appropria le surnom ie Juste , et nous croyons aujourd'hui qu'avoir été le père de Loms-le-Sageet le Victorieux , n'est pas le moins beau de ses titres. Sa naissance fut précédée d'un grand tremblement de terre qui arriva quelques jours auparavant. L'enfantement fut difficile, et l'enfant si travaillé, qu'il en était tout violet, ce qui, peut-être, lui ruina au-dedans les principes de la santé et de bonne constitution. Le roi , invoquant sur lui la bénédiction du ciel , lui donna la sienne , et lui mit son épée à la main , priant Dieu qu'il lui ftt la grâce d'en user seulement pour sa gloire et

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poiwr la défense de son peuple. Les princes du sang qui étaient avec lui dans la chambre de la reine, saluèrent tous le dauphin l'un après Tautre.

Cinq jours auparavant, la reine d'Espagne était accouchée de son premier enfant , qui était une fille , qu'on nomma Anne sur les fonts du baptême. Les Espagnols ne s'en réjouirent pas moins que si c'eût été un fils , parce qu'en ce pays*là , les filles succèdent à la couronne. Ceux des Français qui pénétraient le plus dans l'avenir prenaient aussi part à cette joie, mais pour une autre raison : c'est que cette princesse étant du même âge que le dauphin , il semblait que le ciel les eût fait naître l'un pour l'autre , et qu'elle dût, quelque jour, être son épouse : comme en effet Louis XIII a eu ce bonheur et la France le possède encore; admirant en toutes [occasions la rare sagesse , la piété exemplaire et la fermeté héroïque de cette grande princesse.

En reconnaissance de la grâce que Dieu avait faite au roi de lui donner un dauphin , qui était le comble de ses souhaits , il redoubla son travail et ses soins , pour se bien acquitter de ce qu'il devait à son Etat, et pour améliorer, ainsi qu'il disait , la succession de son fils.

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