CHAPITRE XI
Mort da maréchal d*Àncre.
Le conseil du roi se décida à la mort du maréchal, et tout de suite Luynes s'en ouvrit à Nicolas de l'Hôpital , baron de Vitry, capitaine des gardes-du -corps, homme intrépide, profondément haineux , et qui voyait avec mépris le bâton de maréchal de France dans les mains de Titalien Concini. Ce n'était pas petite chose que d'attaquer le maréchal d'Ancre, toujours suivi de quelques-uns de ces gentilshommes soldés qui gardaient sa personne. Luynes s'adressa donc à Vitry au nom du roi : <K La reconnaissance du prince seroit infinie; c'étoit un service immense qu'on exigeoit de lui ; » et pour que rien ne transpirât, on exigea du baron de Vitry le serment sur sa foi
et son épée qu*il ne révélerait ce qu'il voyait et entendait à qui que ce soit au monde. On lui indiqua rendez-vous la nuit aux Tuileries, afin de lui communiquer en détail le plan formé pour se débarrasser de la tyrannie du maréchal d'Ancre.
n était onze heures et demie environ du soir lorsque les portes des Tuileries s'ouvrirent pour y recevoir Vitry, un peu étonné de ne trouver là que des hommes d'un rang inférieur, tels que Tronçon, Marsillac, Deagent, simple commis aux finances. Il y avait même un jardinier du château qui paraissait avoir de l'influence et parlait hautement sur la nécessité d'attaquer le Florentin. Le but des conjurés était complexe : secouer le pouvoir du maréchal d'Ancre et frapper l'administration de la reine. < Baron de Vitry, lui dit Luynes , je vous promets le bâton de maréchal de France si vous arrêtez Concini vif ou mort : si celui-ci se met en défense , le roi vous autorise à le tuer sur-le-champ; des précautions, et Tafliaire réussira. » Le baron de Vitry hésita quelques instants quand 11 vit les ordres du roi émanés d'une pareille source; mais il savait que ces hommes avaient toute la confiance du jeune prince. Il n'ignorait pas non plus la haine que le roi avait conçue pour le favori de sa mère ; l'en délivrer, c'était donc un service, et Vitry s'y détermina. Il ne s'ouvrit qu'à de simples parents; car c'était une afiaire très-périlleuse au moment où le maréchal d'Ancre venait d'atteindre le but que se proposait la reine; il avait vaincu les hauts vassaux de la couronne. Les conjurés furent Du Hallier, frère de Vitry, Persan , son beaufrère, Bournonyille, Guychaumont et Rigaud , tous trois ses parents et braves gentilshommes. Ils durent se rendre au Louvre avec des pistolets cachés sous leur manteau et attaquer de
vive force le maréchal et ses gardes. Les conciliabules se te* daieni chaque jour aux Tuileries ou au Louvre; le roi s'enfermait avec les conjurés dans la petite galerie qui longe la rivière. C'est là que se trouva d'Ornano, colonel des gardes corses; tous étaient péle-méle avec le roi, sans distinction. De Luynes, s'adressant au colonel , lui dit } a M. d'Omano» vous devriez seconder le roi en cette circonstafice. » Mais celui*ci, tout en promettant le secret, s'indigna de ce qu'on voulait ainsi souiller la maison royale d'un si effroyable attentat. On tremblait devant la résolution ; si bien que , le 33 avril, le maréchal étant venu au Louvre, on le laissa sortir paisible ment sans oser attenter à sa vie : < La difficulté de l'exécution était premièrement pour la grande suite de seigneurs qui ae- Gompagnaient toujours ledit maréchal, outre ses domestiques, avec douze de ses gardes, qui étaient soldats de main avec l'épée, âgés de trente-cinq à quarante ans, vêtus de ses couleurs, le manteau boutonné et la cbausse orangée, garnie de passements de noir et jaune doré, et les boutons de même eouleur; lesqu^ soldats, soit qu'il fvt en carrosse ou à pied, se tenaient près de lai ; sacoadement , du fieu où se ferait l'arrêt; et troisièmement, de savoir l'heure et le temps qui viendrait au Louvre. On^ avisa que l'arrêt ne se pouvait mieux fme qu'entre la grande porte de devant le Louvre et k eonr eè le passage est long et assez étroit quand on a passé le po»ttevis. Or le maréchal d'Ancre était logé en son petit logis près les murailles de l'enclos du Louvre, hors le chètaau eu côté de la Seine. Quelques jours se passèrent entre la résolutkm prise de l'arrêter et l'exécution de l'arrêt. Un jour, il prenait purgation; l'autre, il ne sortait de son cabinet; s'il y avait de b crainte que l'entreprise fftt déconverte , il est aisé à ju-
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ger. La dispute que sa femme et lui eurent durant ce tempslà , avec la demande qu'on lui fit de la réception que lui avait faite le roi, ont fait croire à plusieurs qu'il avoit eu avis de rentrepriseï mais qu'il avait eu la créance qu'on ne la pourrait e&écuter. Le lundi 24 avril , sur les dix heures du matin, le maréchal d'Ancre étant sorti de son logis, il vint à pied le long des murailles du petit jeu de Paume du «Louvre» suivi à son accoutumée; la grande porte du Louvre lui fyi ouverte et refermée sitôt qu'il fut entré. M. de Vitry, qui était à Ventrée d^ la cour du Louvre avec les siens et ses archers qui le devaient s^ister, voyant ouvrir la grande porte, de* manda qui entrait ; on lui vint dire que c'était le maréchal d'Ancre; aussitôt il s'avance assisté des siens et de ses archers armés de leurs pistolets pour aUer à sa rencontre, et» l'abordant à l'entrée du pont-dormant, il lui dit en lui présentant son bâton : « Je vous arrête au nom du roi. ». A cette parole le maréchal , se retirant comme pour vouloir résister, dit : c Moi !» ce que voyant, ceux qui accompagnaient M. de Vitry, ils l'entreprennent de trois coups de pistolet; un lui donne au cœur, l'autre dans la cervelle, et le troisième dans le veur tre; ce qui le fit tomber sur son côté gauche raide mort sans dire une pai^ : tombé, un autre archer lui donna un coup de hallebarde dans le côté, mais il était déjà Okort. Un seigneur, qui était près de lui et qui lui parlait, chut aussi de l'autre côté sans être blessé ; tous ceux qui l'accompagnaient s'éva4èrent, le voyant mort; le bouquet qu'il tenait et une de tes galoches churent dans le fossé : ce fait , moitié porté, moitié traîné , on le mit dans la petite salle des Portiers; sa belle écharpe, son beau diamant, et ce qu'il avait de bon sur lui ne demeura guère sans être enlevé. Le bruit de ces trois coups
de pistolet mit Fahrine dans le Louvre; les portes furent à Tinstant fermées , et ceux qui commandaient aux compagnies du régiment des gardes-françaises les firent ranger sur toutes les avenues du Louvre. Suivant ce qui avait été délibéré, un cri universel de vive le roi! se répandit par toute la cour du Louvre. Cependant M. de Yitry, montant vers le roi , lui dit qu'il n'avoit pu arrêter vif le maréchal d'Ancre ; et Sa Majesté, le recevant de bon œil et l'embrassant , lui dit : < Allez donner ordre que le mal ne soit tombé que sur lui. » Cependant le roi est prié de se montrer par la fenêtre à la noblesse et à ceux qui étaient dans la cour, lesquels désiraient le voir. Il s'y montra le chapeau au poing, ce qui fit recommencer les cris de vive le roi ! tellement que les seigneurs qui étaient près de Sa Majesté furent contraints de crier par les fenêtres : c Le roi vous remercie. >
Le roi , qui en apprit aussitôt la nouvelle , manifesta la plus grande joie; il fit apporter sa grosse carabine, et prit son épée ; puis entendant des cris de vive le roi ! qui partaient du dehors, il fit ouvrir les fenêtres, s'y montra en criant : grand merci h vous, mes amis; maintenant je suis roi.
Puis, il donna l'ordre de lui amener sur-le-champ les anciens ministres de son père; on monta , en conséquence, à cheval pour les aller chercher et pour répandre en même temps la nouvelle que le roi était roi.
La reine-mère était couchée quand elle entendit les coups i de pistolet; et c'est le baron de Vitry qui prit le soin d'apprendre lui-même à l'une de ses femmes le coup qu'il venait de faire; la reine-mère comprit tout de suite que sa puissance était finie ; elle resta donc dans ses appartements à se plaindre et à pleurer; cependant elle envoya vers âén fils pour lui de-
mander un entretien ; mais Louis XIII répondit à sa mère qu'il la respecterait toujours , mais qu'il voulait régner ; il lui conseillait , en outre , de rester dans ses appartements ; et ^ comme pour prouver à la reine régente que sa résolution était inébranlable, le roi ordonna au baron de Yitry de faire sortir la garde particulière de la reine pour y mettre des gardes du roi.
Il y eut ce jour-là affluence de visiteurs au Louvre; les anciens ministres du feu roi ne furent pas les derniers à s'y rendre.
Après le service vint la récompense ; le baron de Yitry fut élevé à la dignité de maréchal de France , et le sieur de Luynes obtint la charge de premier gentilhomme de la chambre et la lieutenance de la Normandie.
Quant au maréchal d'Ancre son corps avait été inhumé sans aucun appareil dans Téglise de Saint-Germain TAuxerrois; le lendemain, au matin, la populace envahit l'église; elle déterra le cadavre, le traîna dans les rues, et le pendit par les pieds à une potence dressée sur le Pont-Neuf; puis le corps fut déchiré par morceaux , brûlés ou jetés dans la Seine.
Le peuple de Paris, toujours extrême dans ses espérances comme dans ses craintes, vit dans la mort du maréchal d'Ancre, dans la reine-mère mise en charte-privée, dans Texclusion du conseil de ses trois ministres , le plus sûr pronostic de son bonheur futur; la satisfaction fut si grande que^le sort du prince de Condé, détenu à la Bastille, ne vint à la pensée de personne.
Le premier soin du nouveau cabinet fut d'expédier des lettres aux parlements et gouverneurs des provinces pour les informer de l'état des choses.
Cette nouvelle fut reçue avec transport dans toutes les provinces , surtout dans celles qui étaient le théâtre de la guerre ; les assiégés de Soissons Tapprirenf avarit ceux qui les assiégeaient; voilà ce qui faisait le sujet de leur joie, quand ils parurent avec des violons sur les remparts; presqu'aussitdt l'ordre étant arrivé de suspendre les hostilités, Soisscfos ouvrit ses portes ; assiégeants et assiégés s*embrassèrent er se fêtèrent ; le même mouvement eut lieu k Nevers et à Mézières, et les princes envoyèrent au roi les clefs de ces deux places.
La reine , prisonnière depuis quinze jours dans son appartement, se décida à quitter le Louvre ; elle demanda en conséquence à son fils qu'il lui fût loisible de se retirer dans une ville de son apanage, et qu'elle put l'embrasser areant de s'éloigner de lui.
Le roi ayant consenti à cette demande , l'entrevue eut Heu le 3 mai ; elle fut des plus froides , et dut prouver i Marie de Médîcis qu'elle ne reprendrait jamais sur son fils cet empire de mère que l'ambition de régner lui avait fait perdre. Elle monta ensuite en carrosse pour se rendre à Blois , ville de son apanage, qu'elle avait choisie pour sa résidence; elle sortit de la capitale avec une pompe vraiment royale; le roi se mit à un balcon pour voir défiler le cortège aussi longtemps qu'B le put; et , après l'avoir perdu de vue, il partit pour te bois de Vincennes.
« Marie deMédicis, dit M. Capefigue, était toujours comme captive dans son appartement du Louvre; plusieurs fois elle avait demandé à voir le roi son fils, mais inutilement. Pour la réduire tout-à-fait à se tenir en ses appartements, on coupa le pont qui la séparait de son jardin des Tuileries; les portes fn-
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rent murées ; une seule resta ouverte, celle des gardes, et deux huissiers furent préposés pour ne laisser entrer dans son appartement que les personnes officiellement désignées par le roi. A chaque moment on interrompait son repos ; sous le moindre prétexte on faisait des visites jusque dans sa chambre à coucher. Un jour Vitry entra subitement dans Tapparlement de la reine et lui dit : « Madame, vous avez de la poudre cachée sous le Ht; car on sait vos mauvais desseins sur le roi, et vous roulez le faire périr. » Marie de Médicis pleurait, enrageait, priant qu'on lui laissât voir le roi son seigneur.
Ce que désiraient de Luynes et les féodaux, c'était de contraindre Marie à quitter la cour, à demander elle-même son exil en quelque ville éloignée : tant que la reine-mère resterait au Louvre, on craignait ces retours d'autorité et de fortune, qui auraient encore agenouillé Louis XIII devant sa mère. La révolution eût tout-à-fait manqué ; on redoubla d'efforts, et Marie de Médicis, désespérée, sollicita la permission de se retirer à Monceaux, t A Monceaux! répondit le négociateur, c'est trop près. — Eh bien , si vous voulez , j'irai à Moulins, ville isolée, qui fait partie de mon douaire ! » Alors s'engagea une correspondance entre elle et son fils : « Moulins a un bien mauvais château, dit la reine dans une de ses lettres; 11 a besoin d'être réparé : veut-on me permettre d'aller k Mois? » Et la chose fut ainsi arrêtée : on accorda à la princesse toun les revenus de ses domaines ; elle put se faire accompagner de toutes les personnes qu'elle affectionnait, pourvu qu'elles fussent agréées par le roi : « Me donnera-t-onBarbini? s'écria*telle en demi-italien. — Nous verrons , fut-il r^ndu |^r les conseillers ; le point est délicat. — Je veux voir mon fils avasf mon partement, ajouta Marie dans utf autre mémoore. — Om,
sans doute, fut-il répondu, pourvu que ce soit quelques heures seulement avant votre départ, et que les demandes et les réponses soient soumises et discutées d'avance dans le conseil. » Tout cela fut ainsi réglé comme pour une véritable négociation diplomatique.
C'était le 4 mai; les mulets et équipages de route étaient réunis dans la cour du Louvre, la litière de la reine tout ouverte : le soleil brillait d*un grand éclat, et rien ne pouvait s'opposer au départ. Alors on permit à tous les gentilshommes, aux différentes corporations, de venir présenter leurs adieux a la reine; elle les reçut le visage un peu rouge, les yeux altérés, et cherchant à déguiser sous la modération de ses paroles les vives douleurs qu'elle éprouvait : « J'ignore, dit-elle, si mes actions ont déplu au roi mon fils, et si elles lui déplaisent, elles me sont odieuses aussi. J'espère qu'il connaîtra un jour qu'elles lui ont été utiles. Quant au pauvre Concini, je plains son âme et la forme qu'on a fait prendre au roi pour l'en délivrer. Pour les affaires, il y a longtemps, ajouta la reine avec colère, que j'avais prié le roi mon fils de m'en débarrasser. » Marie fit signe à M. de Brienne de s'approcher ; « Brienne, j'espère que vous me ferez avoir réponse des lettres que j'écrirai au roi; car je pense que vous me considérerez toujours comme la mère de votre roi et la veuve de celui qui l'a été. » Et la reine s'assit, car on annonçait alors, en ouvrant les portes à deux battants, le jeune Louis XIII. Il était vêtu avec beaucoup de soin, d'un pourpoint blanc, sa chausse d'écarlate et la botte à la jambe; et il tenait parla main Albert de Luynes, qui paraissait son guide et son conseil. Sitôt que la reine le vit venir, elle fondit en larmes, porta son mouchoir aux yeux qu'elle cachait déjà sous son éventail violemment
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agité; elle prit son fils, et le conduisit dans une embrasure des laides croisée^ du Louvre : là, Louis XIII, qui avait sa leçon toute faite, lui dit : « Madame, je viens ici pour vous dire adieu, et vous assurer que j'aurai soin de vous comme de ma mère; j'ai désiré de vous soulager de la peine que vous preniez en mes affaires. C'est ma résolution de ne souffrir plus qu'autre que moi commande en mon royaume. J'ai donné ordre à ce qui est nécessaire pour votre voyage, et commandé à La Curée de vous accompagner : vous aurez de mes nouvelles étant arrivée à Blois. Adieu, Madame. » Et la reine l'arrêtant par une grande révérence, lui dit : « Monsieur, je suis fâchée de n'avoir pas gouverné votre état, pendant ma régence et mon administration, plus à votre gré; j'y ai néanmoins apporté toute la peine et le soin qui m'a été possible; et vous supplie me tenir toujours pour votre très-humble et très obéissante mère et servante. » Le roi ne répliqua rien ; et sa mère, continuant toujours : «Monsieur, trouvez-vous bon que j'aille à Blois ou à Moulins? — Madame, vous pouvez aller partout où vous voudrez. — ^Monsieur, je lîi'en vais : je vous demande une grâèe en partant; me la refuserez- vous? Rendez-moi Barbini, mon intendant; je crois que vous n'avez pas dessein de vous en servir. — ^Barbini ! » dit le roi en la regardant fixement sans lui répondre, car il ne s'attendait pas à une conversation entière avec sa mère, et son conseil n'avait rien délibéré làdessus. < Monsieur, continua la reine, ne me refusez pas cette seule demande que je vous fais; peut-être c'est la dernière. » Et le jeune roi continuait à la regarder sans lui répondre. Désespérée de ne pouvoir obtenir ce qu'elle demandait, la reine dit, d'une voix faible : « Or sus », comme pour prendre congé; puis elle salua et baisa son fils sur les deux joues : le roi T xni. 27
4f §A HISTOinB DK FRiNGE.
sj^oq y pr^dre garde, lui tûuraa le dos et sortit de Tj^j^sirt^ ment. Alors de (.uynes, ^'inclinant resji^tu^semeot, port^ ses lèvres au {ii^ de te rpbe de l;i^ reiqe-ipèrô; et quapd il eut accQippU ce devoir, Marie lui dit : oi de t^ujoea, i'ai «uppUé mon fils de me rendre Barbini^ je vous prie de me f^ire le siûpUer plaisir de rengager à m'accorder cette grâce^ qui n*o^ pas si imporUvite qu'on puis^ me la refuser. » De Luype^ allait répondre, lorsqu'on entendit dans I9 pièce voisine Iji voix du roi qui s'écriait : % Albert, Albert 1 Luynes» Lujnes,! ». et le fayori quittai brusquement Ifi reiue-i(^o pour s^ rendre aux ordres du jeune roi. Marie de Médiçis toi^ha presque évanouie sur son fauteuil, pleurant amèrewe^it, tandv^. qu'autour d'elle il n'y avait que sanglots et larmes de désie^ pOiir. Marie se releva ; elle descendit à pas précipités le$ grands escaliers du Couvre jusque dans la cour où se trouvaient tous^ les bagages du départ; elle monta en sa litière, suivie de queVques dames, d'une escorte nombreuse, sous les or4res du sâeur de La Curée. Le cortège s'achemina tout le long de la rivière jusqu'au Pont-Neuf, que la reine traversa, s^uwt det yeuit la statue de Henri lY , qu'on venait d'ébfS^uclier sur lesBftarhres envoyés par les Médicis. AA même uioment il y 9ivait ^ un ^ balcons du Louvxe quatre personnes tjrès-attenfives à siûyre la marche du cortège et à le voir défiler sur le Pont-If eul • Id*. prenûère, c'était le jeune roi lui-même qui plajjsant^t sur lea^ diverses armoiries et plumes des dames de la reiue» sans exprimer la moindre douleur ni les moindres regrets ; les trois patres étaient les frères de Luynes, plus graves, et qui rencontraient au roi la nécessité de briser la pes^te autorité de sa. mère; et le roi, interrompant Albert, lui dit ; < De Luynes, allons, mes pies-grièchesl mes faucons.l je veux aller d^asser
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âQ bois de YiDcennes. » Ainsi, quand h reine ÉffrUit par la barrière d'Enfer, son jeune fils, dans un briUant équipage^ prenait la route du vieux donjon, antique demeure de saint Louis! »