CHAPITRE XIL
Mort d*EIéonore Galigit. — Affaires du dehors.
Une déclaration , qui abrogeait les actes portés contre les princes, fut lue et enregistrée au parlement; mais la sollicitude royale ne s'étendit pas au pr^nnier prince du sang, qui continua de languir sous les ver roux de la Bastitle; toute la grâce qu'il obtint , ce fut de voir élargir ses finiétres, et plu» tard d'être transféré au bois de Vincennes.
Ce sanglant épisode du maréchal d'Ange ^ qui ^ Hialgré se» horreurs , rendit à la royauté le ressort qu'elle avait perdue, et pacifia, pour un temps , le royaume, eut son dénouement dans le procès et la condamnation d'Ëléonore Gaïdar, sou ^ouse , qui fut exécutée en place de Grève ^ le 8 juillet^ on a de cette malheureuse femme une répcmse qui peut doimer «ne idée de son caractère; interrogée par Courtin, Fun des commissaires, quel moyen elle avait mis en usage povr esfter à ce pmnt Fesprit de la reine , nul autre , répondit-elle , que V autorité des âmes it*périewre9 9ur les fkibks (4 ).
(1) La maréchale d*Ancre n'avait pas été la dernière à apprendl'e la mort Tiotente' de son mari ; Vitry, qui avait fait Texéentlon , se hdta de monter a l'appartement de Léonora , qai précédait celui de la reine , et lui dit d'une roix dnre : « J'ai ordre de vous arrêter prisonnière. » La maréchale , par prévoyance de cette brusqne visite , . avait amoncelé tontes ses pierreries en sa paillasse , pour les dérober anx perquisitions des soldats que Vitry avait envoyés; elle s'était couchée dans son Ut, et feignait le sommeil. Les archers la firent lever de force , sans lui permettre de s'habiller. La maréchale d'Ancre, naguère cette puissante favorite, Ait conduite avee violeuee;
L'assemblée des réformés de La Rochelle , entrainée par Vexemple , envoya aussi une députation au roi , qui ne
elle n*avait pas même de bas à ses pieds. Toot fnt pillé ; elle envoya demander quelque argent li son jeune fils , également en captivité , et cet argent servit ii acheter des bas de toile. Quand Léonora traversa le Louvre, des vociférations partirent de toates parts; elle , fermt, courageuse , ne répondit pas un mot; il ne tomba pas de ses yenx une seule larme : Il nUo tMrito e stato moêsaio, disait-elle en italien y ckeU re mi permute ffuseire di Francia; mon mari a été tué; que le roi me permette de sortir de France. » Les choses étaient trop vivement engagées pour que le vœu de la maréchale pût être accompli; de Luynes voulait la confiscation; le peuple la désirait, et une procédure était nécessaire pour justifier l'attentat commis dans le palais du Loavre. Il 7 avait une véritable réaction contre cette famille florentine ; Tenfant de Gondni, filleul de Henri IV, à peine ftgé de quatorze ans , fut traité dans le palais avec la plus extrême barbarie, et si le marquis de Fiesque ne Pavait pas pris en sa protection , le malheureux enfant serait mort sous les coups de hallebarde des archers oommis h sa garde. Le jour où son père fut assassiné , les courtisans firent danser le jeono Concini dans un ballet , parce que , « gracieux enfant avec ses ailes blanches et sa couronne de fleur, il représentait le petit Cupidon dans les riches prairies de Tempe, au sein de l'île Galypso ou des féeries du palais d*Amide. >
Dans sa prison , la maréchale d'Ancre conserva ce même caractère de fermeté ; quand on vint lui dire le triste sort que le peuple faisait b son mari , elle s*écria , pleine de mépris pour lui : « On le traite comme il le mérite ! » voulant indiquer par-lâ qu'il n'avait du pouvoir que la fierté et l'orgueil , sans avoir le courage nécessaire pour assurer la victoire. Le parlement informa contre elle et contre la mémoire du maréchal d'Ancre : « Le roi ayant délibéré de faire faire le procès à la mémoire dn maréchal d'Ancre , k ladite maréchale et à leurs adhérents , et ce par les formes ordinaires de justice , donna commission à trois conseillers d'Etat et maîtres des requêtes de son hôtel pour informer contre ladite maréchale , ouïr et interroger leurs ofiiciers et domestiques , ce qu'ils commencèrent premièrement k faire dans le Louvre , le 26 avril et autres jours suivants. Le 2 mai elle fut conduite et menée à la Bastille , où ils continuèrent lesdites informations et interrogatoires. Depuis , commission ayant été expédiée et envoyée à messieurs du parlement pour faire et parfaire le procès à la mémoire dn maréchal, i la maréchale d'Ancre et adhérents, la maréchale fut, par arrêt du 11 mai, amenée dans un carrosse la nuit suivante, entre le jeudi et vendredi, de la Bastille en la Conciergerie du Palais, et fut mise dans la chambre qui est sur la salie du commun en la petite cour. Elle fut étonnée de ce changement, et sur ce qu'on ne lui laissa que deux archers du corps pour la garder. Les sieurs Gourtin et Deslandes , conseillers do la cour, commissaires députés pour instruire le procès et le mettre en état de juger, travaillèrent aux recollement et confrontation des témoins dans la chambre du greffier de la Conciergerie, où ladite niarécbaie fut souvent amenée, l'un desdits deux ardiers allant devant elle et l'antre derrière. Les princi-
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voulut pas la recevoir officiellement , mais fit à ces membres le meilleur accueil avec promes3e de réparer les abus et de
pales charges qui étaient dans le procès forent recaeillies en quatre chefs ou points capitaox : le premier était le crime de lèse-majesté divine; le second , celui de lèsemajesté divine et humaine mêlé; le troisième , le crime de lèse-majesté royale ; et le quatrième , l'assassinat commis en la personne du sieur de Pronvilft , sergent-major de la ville d'Amiens. » Ces chefs d'accusation étaient yagnes ; il n'y avait alors rien de plus partial que l'esprit parlementaire tant vanté; ces cours de justice étaient comme chargées de légaliser les actes arbitraires de la volonté royale. L'attitude du parlement sons le vieux régime eut toujours quelque chose d'odieux; jamais il ne se refusa ii un acte de violence ; il fut turbulent ou soumis. On ne peut dire avec quelle complaisance les interrogatoires furent faits; le procès fut instruit par les conseillers Gourtin et Deslandes , par la grande chambre , les Toumelles et la chambré de l'édit, toutes réunies. Et que reprocha- t-on à la maréchale? d'avoir fait venir en France des JniCs, des magiciens, des astrologues et des tireurs d'horoscopes : « N'est-il pas vrai, loi dirent les conseillers , que vous avez en vos cachettes des talismans , des images de cire, symboles et écrits mystérieux? On a trouvé chez vous Thoroscope des rois et reines de France. N'estril pas vrai que Montalto, le juif portugais, vous a dit, méchante femme , que vous étiez ensorcelée dans vos couches ? N'est-il pas vrai que vous avez fait venir moines d'Italie pour exorciser la nuit dans les églises? N'y avezvous pas fait toer un coq , des pigeons , dont le sang et le corps , sacrilège exécrable , devaient servir à votre santé? » La maréchale garda le silence ou répondit par des négations. « N'est-il pas vrai, méchante femme, que vous avez jeté un charme snr la reine-mère pour lui persuader tout ce que vous vouliez? — Ce charme, dit Léonora , en son mauvais italien , c'est la supériorité de l'esprit sur une balourde comme la reine; on n'a pas besoin d'être sorcière pour la gouverner. — Et vos richesses, d'oà viennent-elles ? — Des dons que m'a faits la reine , et auxquels elle a expressément consenti , répondit-elle encore ; et puisque Marie avoit l'autorité souveraine , elle a pn me les faire. > Ces réponses fermes ne laissaient pas au parlement des motifs d'une condamnation judiciaire ; la cour fit répandre dans le public une série de griefs qu'on imputait il la maréchale surtout : « En sa maison on n'entendoitque cris et hurlements, lorsque ladite Galigal sacrifiait un coq, oblation judaïque et paganiqne; et quand ladite dame étoit grosse , elle tenoit un coq et une ponle ensemble; ladite dame également avoit snr elle diverses étoffes qu'elle se pendoit au cou , à la façon des préservatifs; et quand on avoit pillé sa maison , n'avoit-on pas trouvé une grande image de cire et une bière de verre? Tous ces faits , ajoutait l'instruction , constituant le crime de lèse-majesté divine , étaient constatés par les dossiers , sous les cotes K, L et G. Le dossier coté F était destiné au crime de lèse-majesté humaine ; il en résuhait la preuve de la trahison h l'égard de l'étranger, car Gonchine avait fait venir deux mille mousquets , deux mille eorcelets , trois cents cuirasses et quinze milliers de poudre, délit irrémissible; et quelles preuves plus décisives poavai^on donner que le
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faire eiécuter rigoureusesieiit l'éditde Nantes. Cependant cela n'empêcha pas le conseil , sw les plaintes de l'assemblée du
tABolgM(« qM If lol M a ntit ftr mi lettres au fMtTemeiin des pronieest • Le parieneat saWait aree la pins grande rigaenr Texamen de ces fatiles aeeosatloBs; ponvaieiil-eUes, es anena eas, entratner une oondamiatioi capitale! Une •ppesItloB aises Mre s'éult montiée , k la tète de laqielle se plaçait le coMciUer nealaiides-Payeii , Tia des deux rapporteors. De Layaes mettait hlle k l'achèTemeot de ce procès ; la confiscatloii des biens de la maréchale devait en être la conséqvence, et cette confiscation profiterait largement an nonveen fiTori. Dix-nenf conseiUeis assistèrent fc Tarrèt. La maréchale , doace et ferme tont k la fois, supplia les magistma q«i ayaient quelqnes griefs contre elle de se déporter, car justice ne s*alliait pas k colère. A tontes les questions , elle répondit stoc une fermeté , une présence d'esprit qui ébranlèrent quelqnes âmes indépendantes. Mais de Luynes était là , soutenu par Topinlon populaire qui proscrivait la maréchale. Le 7 juillet au soir, les opinions lecneiilies ftirent continuées toute la nuit ; enfin , le 8 au matin , l'arrêt fat prêt et lédigé dans la forme suivante : t La cour a déclaré et déclare Goncino-Concini , vivant, man|ttis d'Ancre, maréchal de France , et Leonora Galligal, sa veuve, crimineb de lèse-majesté divine et humaine ; et pour réparation , a condamné et condeome la mémoire dndit Goacini k perpétuité ; et ladite Galligal , k avoir la tète tranchée sur an écbafkut pour cet effet dressé en la place de Grève, son corps et tête briliés et réduits en cendres; leurs biens féodaux et mouvant de la couronne, réunis et incorporés a« domaine ; leurs autres fiefe, biens-meubles et immeubles étant en ce royaume, acquis et oonfisqués au roi. La cour a dédaré de plus tous les antres biens par lesdifs Goncinl et Galligal acquis , tant k Rome, Florence , qu'autres lieux hors le royaume, appartenir aa roi, comme provenus des deniers dndit seigneur roi, et mal pris au fond de ses finances ; k cette fia , le procnren^généraI du roi fera les diligences nécessaires pour la restitution d'iceux : a déclaré et déclare l'enfant né de leur mariage, ignoble et incapable de tenir offices, états et dignités en ce royaume ; ordonne que la maison en laquelle demenroit ledit àétmv, près le Louvre , sera rasée et démolie sous le bon plaisir du roi, et que les biens non mouvant de la couronne seront vendus, et les deniers en provenant avec les autres ci-dessus, déclarés appartenir au roi, mis en ses coffres, pour être employés aux aflfoires dudit seigneur roi. »
Fduc donner un caractère plus politique k cette mesure , le parlement l'étendit k tous les étrangers , « déclarant qu'aucuns d'eux ne pourroient posséder d'offices en Fra nce ; » principe toujours renouvelé , mais qui restait sans effet ; car la cour n'avait cessé d'être remplie d'Italiens , d'Espagnols, de Gorses, lesquels avaient grandi, k la guerre et dans les négociations , leur réputation et leur fortune.
Le jour de l'arrêt solennel, la maréchale d'Ancre s'était si bien défendue, elle avait réfuté avec tint de viguear k» absurdes aoeosations qui pesaient sur elle, que la pauvre femme s'était iaiaginée qu'elle en serait quitte pour l'exil ; Léonora venait de dfner arec beaueoup de gaieté, lorsqu'un haissior de la oour entra ches elle : t Alioas, voas
LOUIS XIII. 4Sf3
dle^é de Frànêci, de fendre ttti âfrét qtii restituait aux i^têtrès catholiques , dans le BéarA ; les bieds qui avalent été saisis en 1 569 et donnés aux pasteurs et aux collèges des iréfdf-
allez sortir aDJonrd*hai d'ici. — lo son' feliee, » répondit la maréchale , eroyant qu'on allift Is mettre en liberté. On la eondalsii dans la cèapdle oft , selon Tasage , elle se mit à denx genoux pour entendre sa sentence. Lorsque le greffier Voisin arriva à ces mots : « Ladite Galligal est condamnée k avoir la tête tranchée sur un échafand , » eUe s'éeiia : • e nd poverettnt je suis grosse ! je Suis grosse ! — Vous ne pottvex Fètre , eontinoa le greflfier Voisin , ear il y a plus de denx ans que voos n*avex hanté votre mari ; et pourquoi n*en avez -vous point parlé dans les débats ? — Qu*on vérifie, qu'on vérifie ! » s'écria la maréchale ; et le rapport lie lui fut point favorable, car les natrones déelarèrent qn'dle n'avait ancnn symptdme de conception : « Je sais , ditelle, à qui je dois ma condamnation ; au conseiller Courtin, l'un de mes rapporteurs ; Ttspondera deUà mia morte aDioI » Et le greffier , sans lui répondre, lui dit : « implorez ja nlsérieorde de ce DIèo pour vos péchés , car voos en avez grand besoin. • Alors la maréchale se confessa dévotement à deux docteurs de Sorbonne, grandement sensés et de bonne vie, qui durent l'aider 'à bien mourir :.« H n'en étoit pas besoin, dil an parlementaire tout imbu des préventions de la cour, car elle se montra fort assurée, et je ne vis jamais personne qui eût un visage plus résolu k h mort. Quand elle sortit de la prison pour monter en la charrette, voyant une si fprande affluence de monde , elle s*écria : « Que de jieuple pour voir une pauvre affligée ! » Et , secouant son poooe sur ses dents de devant : « Je me soncie* dit-elle, aussi peu de la mort que de cela. » Ce n'est pas une petite vertu 2i ceux qui possèdent de grands biens , honnedrs et dignités , de mourir de k sorte , et sans aucun regret ! Hais quant à la manière de bien mourir, les docteurs eurent à y travailler, et longuement ; car eHe ne pouvait dépouiller la haine qu'elle portait au peuple de Paris, qu'elle disait avoir toujours voulu du mal à feu son mari et à elle , par l'envie qu'il portait k leur fortune. Kiis enSn , ets bdns docteurs hi ayant vivement représenté les actions généreuses du Fils de Dieu en sa passion , et qu'ores que ce peuple qu'il avait tant chéri , et auquel il avait tant fait de grâces , exerçât sur lui des félonies enragées , néanmoins il n'eut jamais d'amertume contre lui ; au contraire , pria son Père de leur pardonner, et réputer leurs acttens comme de personnes insensées. Enfin, dis-je, ladite Galligat, résolue à cette imitatiou, mourut et constamment et chrétiennement , jusque-là qu'étant prête de monter sur l'échafaud , apercevant un gentilhomme qu'elle avait grandement désobligé , la conr étant k Bordeaux , elle lui demanda pardon , puis il tout le peuple eu général. Et davantage , elle donna charge à l'un de ces docteurs de se jeter aux pieds de la reine et lui demander pardon pour elle , et en faire autant à l'endroit de M. de Loynes ; ce qoi montre le remords qu'elle avait d'avoir entrepris sur l'autorité de ladite dame reine , et conspiré contre la (personne dudit seigneur de Lnynes , comme on disuit qu*elie avoit fait. >
424 HISTOIRE DE PHANGE.
mes. Les Etats de Béarn eurent beau protester ; l'arrêt da conseil fut exécuté, à la grande douleur de tous les nouveaux religionnaires.
Passons maintenant des affaires du dedans à celltô du dehors.
Le traité d'Asti , signé le 21 juin 4 64 5 , sous la médiation de la France, n'eut qu'une courte durée. Les hostilités recommencèrent, en 4616, entre TEspagne et la Savoie; et cette dernière , comme on devait s'y attendre , réclama l'appui de la France, qui s'était portée garante du traité. Mais le conseil de la reine-mère, embarrassée dans mille intrigues, agit avec mollesse; les Espagnols gagnèrent chaque jour du terrain , et vinrent mettre le siège devant Verceil , place qui passait pour la clef du Piémont.
Heureusement pour le duc de Savoie que la chute du maréchal d'Ancre vint changer la politique ; on comprit qu'il fallait secourir activement ce prince ; les forces françaises arrivèrent trop tard pour sauver Verceil; mais ils firent leVer le siège d'Asti, et mirent en déroute une partie des troupes
Pendant ce temps, le conseil négociait pour la paix à Madrid , à Milan et à Rome, où il avait envoyé rarchcvéque de Lyon , fort estimé du pape et du Sacré-Collége. Toutes ces mesures, appuyées par les forces françaises, décidèrent le roi d'Espagne à la paix , et le traité en fut signé à Paris.
Après avoir glorieusement contribué , par ses bons oflSces , au rétablissement de la paix entre des Etats du voisinage , Louis XIII , pour parler son langage , tourna tous ses soitis à la restauratimi de son Etat. Ce fut l'objet de lettres patentes qui convoquaient, pour le 24 novembre, une assemblée de
notables dans la ville de Rouen, « pour, par leurs avis, pour- € voir au contenu des cahiers présentés par les trois ordres, c sur Tordre et la distribution des finances , réformation des « abus , etc. , etc. »
L'ouverture de rassemblée eut lieu au jour indiqué par le roi en personne, qui désigna ensuite son frère, le duc d'Anjou, pour la présider.
Après avoir réglé la forme de ses délibérations, l'assemblée commença ses travaux; ils durèrent dix-huit jours , et elle eut à s'occuper de vingt propositions d*édits sur différentes matières, dont les plus importantes éuûent la composition des conseils , la diminution des dépenses , le retranchement des pensions et la vénalité des charges.
Après la clôture de l'assemblée des notables , le roi quitta Rouen pour revenir â Paris.
Aussitôt son arrivée , le conseil s'occupa de mettre à exécution les mesures qui avaient été arrêtées dans l'assemblée des notables; il commença par le droit annuel dont les trois ^ ordres et l'assemblée de Rouen avaient demandé avec tant de force la suppression. Un arrêt du conseil du 2 janvier 4618 révoqua pour toujours le droit annuel, sans qu'il pût être rétabli et remis en quelque temps et pour quelque cause que ce fût.
Vers la même époque, les pères de la compagnie de Jésus furent autorisés à l'enseignement , malgré tous les efforts contraires de l'Université ; la première leçon qu'ils donnèrent eut lieu le 20 février, et deux conseillers d'Etat , Amelot et Fouquet , y assistèrent par ordre de la cour.
Le traité de paix entre l'Espagne et la Savoie, sous la médiation de la France , portait expressément la remise de Ver-
4^6 HISTOIRE DE PRANCE.
(ieil; comme le^ Espagnols ne se pressaient pds d'exécuter Cette condition, le duc eut encore recours k rinterrentim) de la France. Le roi envoya sur les lieux le comte de Modëne , et dit lui-même à l'ambassadeur d'Espagne qu'il passerait les monts , au besoin , pour faire exécutet le traité ; grâce à cette intervention , le duc de Savoie ne tarda pas à rentrer dans la possession de la place de Verceil.
Cette heureuse issue remit en question le projet formé par le feu roi de donner Tune de ses filles en mariage au fils atné du duc de Savoie ; et le cardinal Maurice fut envoyé vers Louis Xni pour lui demander la main de sa sœur, la prihcesse Christine.