CHAPITRE XV
La roi nrdie «Mtre las i#Dniiés.
La question de guerre contre les réformés fut discutée de
nouveau dans le conseil. Le prince de Condé était pour l'affirmative et son opinion était partagée par le cardinal de Rets, par le surintendant Schomberg et par le nouveau garde-dessceaux de Vie. Ceux qui penchaient pour la négative étaient précisément les généraux ; à ce point que le roi chargea secrètement le duc de Lesdiguières de négocier un accommodement. C'était également l'opinion de la reine-mère.
Mais quand la question fut portée devant le conseil, l'opinion du prince de Condé prévalut, et le roi décida, si la négociation qu'il avait confiée au duc de Lesdiguières venait à manquer, qu'il se mettrait de nouveau à la tête de son armée pour nïarcher contre les réformés.
Le roi, contre l'attente générale, quitta précipitamment Paris avec le prince de Condé le 24 mars 4622. Ce départ était nécessité par les progrès que venait de faire en bas Poitou le duc de Soubise, qui était débarqué, venant de La Rochelle avec trois mille fantassins et quatre cents cavaliers, aux sables d'Olonnes, dont il s'était emparé ainsi que de plusieurs autres places voisines du comté nantais.
L'armée royale descendit la Loire jusqu'à Nantes, d'où le roi partit deux jours après pour se mettre à la poursuite du duc de Soubise, qui à l'approche des troupes royales battit en
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retraite vers l'ile de Ré avec l^intention de se rembarquer ; mais ce projet ne put être exécuté, attendu que le duc de Soubise fut attaqué à Timproviste et si complètement défait, qu'il eut peine à se sauver avec trente cavaliers.
Après cette victoire , le roi se dirigea sur le Languedoc. L'ennemi qu'il allait avoir le premier en tête était le marquis de La Force; ce n'était pas un ennemi à mépriser, que l'homme qui avait défendu et sauvé Montauban ; aussi le roi voulut-il essayer de le gagner avant de recourir aux armes. Il dépécha, en conséquence, vers le marquis de La Force le comte de Brienne, qui avait ordre de lui proposer deux cent mille écus et )e bâton de maréchal de France, s'il voulait faire sa soumission ; le marquis de La Force accéda à ces propositions, et Louis XIII, en conséquence, entra sans obstacle dans la ville de Sainte-Foy. Des rebelles qu'on récompense ne sont jamais satisfaits. Les uns n'ont pas obtenu tout ce qu'ils demandaient ; ceux à qui Ton n'a rien refusé veulent demander encore , et tous s'accordent à causer de nouveaux troubles.
L'armée se remit en marche; elle passa devant Montauban ; mm le roi ne fut pas tenté de vouloir en recommencer le siège.
A trois lieues de cette place, une petite ville, nommée Négr^pelisse, mal fortifiée et défendue par une faible garnison , ferma ses portes au roi ; mais elle fut prise de vive force ; tous les habitants furent pa83és au fil de Tépée; les femmes, exposées à la brutalité des soldats, et Tincendie acheva le« reste; de pareils excès sont autant de taches dans l'histoire d'un règne.
La place de Saint-Antonin ne fut point intimidé par le sort de Negrepelisse ; la résistance fut hcro'ique; les femmes mé-
mes s'armèrent pour combattre à côté de leurs pères , de leurs frères et de leurs époux ; Tarmée royale perdit un grand nombre d'ofBciers et de soldats ; mais une attaque sur tous les points à la fois contraignit Saint-Antonin à se rendre; dix de ses habitants furent pendus , et la ville paya cinquante mille écus pour se racheter du pillage.
Après la prise de Saint-Autonin , le roi se rendit à Toulouse ; il adressa , de cette ville , un ordre au parlement de Paris d'enregistrer une ancienne déclaration qui portait en substance que « le duc de Rohan était criminel de lèse-ma- < jesté, et, comme tel, déchu de tous honneurs, dignités, c offices et gouvernements , avec injonction à tous chefs de € guerre de lui courir sus. »
Un pareil acte semblait indiquer, dans le roi, la résolution de poursuivre le duc de Rohan à outrance ; mais il en arriva tout autrement, car tout finit encore par un traité de paix.
Avant de marcher sur Montpellier, le roi voulut s'assurer du vieux duc de Lesdiguières , déjà octogénaire, mais tout puissant dans le Dauphiné; il lui fit, en conséquence, offrir la place de connétable , à condition qu'il se ferait catholique. Le vieux duc céda , et il abjura publiquement dans Téglise de Grenoble, le jour anniversaire de celui où Henri IV avait fait son abjuration. Devenu connétable , le duc de Lesdiguières entra en négociation avec le duc de Rohan , tandis que le roi s'approchait de la ville de Montpellier, avec toute son armée, pour en faire le siège. Les premières opérations furent funestes à Tannée royale, et firent sentir bien vivement le besoin de la paix. Le connétable arriva bientôt au camp , tandis que le duc de Rohan s'approchait de la ville; mais on s'aperçut bientôt que ce n'était pas pour combattre; le duc de Rohan
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entra, en effet, dans Montpellier, et parvint à faire entendre raison aux habitants ; Montpellier ouvrit donc ses portes ; le roi» après avoir fait occuper la ville par ses troupes, y fit son entrée le lendemain ; et le traité de paix reçut son exécution (1).
(1) Voici comment V Essai swr les mteurs s'explique sur les mêmes événements :
Louis XIII réunissait alors le Béarn à la couronne par un édit solennel ; cet édit restituait aux catholiques les églises dont les réformés s'étaient emparés avant le règne de Henri IV, et que ce monarque leur avait conservées. Le parti s*assemble à la Rochelle , au mépris de la défense du roi : l'amour de la liberté , si naturel aux hommes, flattait alors les réformés d'idées républicaines; ils avaient devant les yeux l'exemple des protestants d'Allemagne qui les échauffait. Les provinces où ils étaient répandus en France étaient divisées par eux en huit cercles : chaque cercle avait un général , comme en iUlemagne , et ces généraux étaient un maréchal de Bouillon , un duc de Soubise , un duc de la Trimouiile , un Chàtillon , petit-fils de l'amiral Coligni, enfin le maréchal de Lesdiguières. Le commandant général , qu'ils devaient choisir en cas de guerre , devait avoir un sceau où étaient gravés ces mots : « Pour Christ et poor le roi , » c'est-à-dire contre le roi. La Rochelle était regardée comme la capitale de cette république qui pouvait former un état dans l'état.
Les réformés dès-lors se préparèrent à la guerre. On voit qu'ils étaient assez puissants , puisqu'ils offrirent la place de généralissime au maréchal de Lesdiguières avec cent mille écus par mois, liesdiguières , qui voulait être connétable de France , aima mieux les combattre que les commander, et quitta même bientôt après leur religion ; mais il fut trompé d'abord dans ses espérances à la cour. Le duc de Luynes , qui ne s'était jamais servi d'aucune épée , prit pour lui celle de connétable; et Lesdiguières, trop engagé , fut obligé de servir sous Luynes contre les réformés , dont il avait été l'appui jusqu'alors.
II fallut que la cour négociât avec tous les chefs du parti pour les contenir, et avec tons les gouverneurs de province pour fournir des troupes. Louis XIII marche vers la Loire , en Poitou , en Béarn , dans les provinces méridionales : le prince de Gondé est à la tête d'un corps de troupes; le connétable de Luynes commande l'armée royale.
On renouvela une ancienne formalité , aujourd'hui entièrement abolie. Lorsqu'on avançait vers une ville où commandait un homme suspect , un héraut d'armes se présentait aux portes ; le commandant l'écoutait chapeau bas , et le héraut criait : « A toi , Isaac ou Jacob tel ; le roi , ton souverain seigneur et le mien , te commande de lui ouvrir, et de le recevoir comme tu le dois , lui et son armée ; à faute de quoi je te déclare criminel de lèse-majeste au premier chef, et roturier, toi et ta postérité; tes biens seront confisqués , ta maison rasée , et celle de tes assistants. »
Presque toutes les villes ouvrirent leurs portes au roi , excepté Saint-Jean-d*An-
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Pendant que Varmée royale occupait Montpellier, le duc de Guise remportait sur mer un avantage considérable sur
gély, dont H dénoltt \e$ remparts , et la petite ville 4e CSérae , (pA at tendit I discrétlon. La cour, enflée de ce succès , fit pendre le consul de Glérae et <|aatre pasteurs.
Cette exécution irrita les protestants au lieu de les intimider. Pressés de tons edtés , abandonnés par le maréchal de Lesdiguiëres et par le maréchal de Bouillon , lis élnrent pour leur général le célèbre duc Benjamin de Rohan , qu'on regardait comme un des plus grands capitaines de son siècle , comparable aux princes d'Orange , capable comme eux de fonder une république , plus zélé qu'eux encore pour sa religion, ou du moins paraissant Têtre ; homme vigilant , infatigable , ne se permettant aucun des plaisirs qui détournent des affaires , et fait pour être chef de parti , poste toujours glissant, où Ton a également a craindre ses ennemis et ses amis. Ce titre, ce rang, ces qualités de chef de parti , étaient depuis longtemps dans presque toute TEurope l'objet et l'étude des ambitieux. Les Guelfes et les Gibelins avaient commencé en Italie ; les Guise et les Coligny établirent depuis en France une espèce d'école de eette politique , qui se perpétua jusqu'il la majorité de Louis XIY.
Louis XIII était réduit a assiéger ses propres villes. On crut résssir devant Montauban comme devant Glérae ; mais le coiinétable de Luynes y perdit presque toute Tannée du roi sous les yeux de son maître.
Montauban était une de ces villes qui ne soutiendraient pas aujourd'hui un siège de quatre Jours; elle fut si inal investie, que le duc dellohan jeta deux fols du secours dans la place à travers les lignes des assiégeants. Le marquis de la Force , qui commandait dans la place , se défendit mieux qu'il ne fut attaqué : c'était ce même Jacques Nompar de la Force , si singulièrement sauvé de la mort dans son enfance aux massacres de la Saint-Barthélémy, et que Louis XIII fit depuis maréclial de France. Les citoyens de Montauban , à qui l'exemple de Glérae inspirait un courage désespéré , voulaient s'ensevelir sous les ruines de la ville plutôt que de se rendre.
Le connétable , ne pouvant réussir par les armes temporelles , employa les spirituelles : il fit venir un carme espagnol qui avait , dit-on , aidé par ses miracles l'armée catholique des impériaux a gagner la bataille de Prague contre les protestants. Le carme, nommé Dominique, vint an camp; il bénit l'armée, distribua àe&agnus^ et dit au roi : « Vous ferez tirer quatre cents coups de canon, et au quatre centième Montauban capitulera. » Il pouvait se faire que quatre cents coups de canon bien dirigés produisissent cet effet: Louis les fit tirer; Montauban ne capitula point, et il fut obligé de lever le siège.
Cet affront rendit le roi moins respectable aux catholiques , et moins terrible aux huguenots : le connétable fut odieux k tout le monde. Il mena le roi se venger de la disgrâce de Montauban sur une petite ville de Guienne nommée Monheur ; une fièvre y termina sa vie. Toute espèce de brigandage était alors si ordinaire , qu'il vit en monrant piller tons ses meubles, son équipage, son argent, par ses domestiques et
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les Rochellois , qui prirent là fuite laissant plusieurs de leui's Vaisseaux en son pouvoir. Sur ces entrefaites arriva la nou-
parsëâ soldats , et qu'il resta à peine an drap pour ensevelir Thomme le plus puissant du royaume y qui d'une main avait tenu Tépée de connétable , et de Taqtre les sceaux de France : il mourut haï du peuple et de son maître.
Louis XIII était malheureusement engagé dans la guerre contré une partie de ses sujets. Le duc de Luynes avait voulu cette guerre pour tenir son maître dans quelque embarras , et pour être connétable. Louis XIII s'était accoutumé à croire cette guerre indispensable : on doit transmettre à la postérité les remontrances que Duplessis-Moi*nai lui fit i l'âge de près de quatre-vingts ans. Il lui écrivait ainsi après avoir épuisé les raisons les plus spécieuses : « Faire la guerre à ses sujets , c'est témoigner de la fiitblesse : l'autorité consiste dans l'obéissance paisible du peuple ; elle s'établit par la prudence et par la justice de celui qui gouverne. La force des armes ne se doit employer que contre un ennemi étranger. Le feu roi aurait bien renvoyé à l'école des premiers éléments de la politique ces nouveaux ministres d'état qui , semblables aux bhirurgiens ignorants , n'auraient point eu d'autres remèdes à proposer que le fer et le feu , et qui seraient venus lui conseiller de se couper un bras malade avec celui qui est en bon état. »
Ces raisons ne persuadèrent point ta cour : le bras malade donnait trop de convulsions au corps; et Louis XIII , n'ayant pas cette force d'esprit de son père qui retenait les protestants dans le devoir, crut pouvoir ne les réduire que par la force dies armes, n marcha donc encore contre eux dans les provinces au-delà de la Loire k la tête d'une petite armée d'environ treize à quatorze mille hommes. Quelques autres corps de troupes étaient répandus dans ces provinces. Le dérangement des finances ne permettait pas des armées plus considérables , et les huguenots ne pouvaient eb opposer de plus fortes.
Soubise , frère du duc de Kohan , se retranche avec huit mille hommes dans l'île de Ries , séparée du bas Poitou par un petit bras de mer. Le roi y pdsse à la tête de son armée, H la faveur du reflux, défait entièrenient les ennemis, et force Soubise k se retirer en Angleterre. On ne pouvait montrer plus d'intrépidité , ni remporter une victoire plus complète. Ce prince n'avait guère d'autre faiblesse que celle d'être gouverné dans sa maison , dans son état , dans ses affilires , dan& ses moindres occupations : cette faiblesse le rendit malheureux toute sa vie. À l'égard de sa victoire, elle ne servit qu'à faire trouver aux chef^ calvinistes de nouvelles ressources.
On négociait encore plus qu'on ne se battait, ainsi que du temps de la ligue et dans toutes }fis guerres civiles. Plus d'un seigneur rebelle , condamné par un parlemeiit au dernier supplice, obtenait des récompenses et des honneurs, tandis qu'on l'exécutait en efBgie. C'est ce qui arriva au marquis de la Force, qui avait chassé l'armée royale devant Montauban, et qui tenait encore la campagne contre le roi. Il eut deux cent mille écus et le bâton de maréchal de France. Les plus grands services n'eussent pas été mieni payés que sa soumission fat achetée. Ghfttillon, ce petit fib de Tamiral Gollgny,
velle du traité de paix de Montpellier ; les autorités de La Ro*chelle députèrent vers le comte de Soissons pour l'assurer de
vendit aa roi ]a Tille d*Âignes-Mortes , et fat wmï maréchal. Plusieurs firent «cbeter ainsi lear obéissance.
On proposa, dans le conseil, de tuer Lesdignières on de le faire connétable : le roi prit ce dernier parti ; et alors Lesdignières se fit catholique ; il fallait Tètre pour être connétable, et non pas pour être maréchal de France : tel était l'usage. L'épée de connétable aurait pu être dans les mains d'un huguenot, comme la surintendance des finances y avait été longtemps ; mais il ne fallait pas que le chef des armées et des conseils professât la religion des calvinistes en les combattant.
Louis XIII était donc obligé d'acheter sans cesse des serviteurs, et de négocier avec des rebelles. Il met le siège devant Montpellier ; et craignant la même disgrâce qne devant Montauban, il consente n'être reçu dans la ville qu*ii condition qu'il confirmera l'édit de Nantes et tous les privilèges. Il semble qu'en laissant d'abord aux autres villes calvinistes leurs privilèges, et en suivant les conseils de Duplessis-Momai, il se serait épargné la guerre ; on voit que, malgré sa victoire de Ries, il gagnait peu de chose â la continuer.
Le duc de Rohan , voyant qne tout le monde négociait , traita aussi : ce fut Iniméme qui obtint des habitants de Montpellier qu'ils recevraient le roi dans leur ville, n entama et il conclut à Privas la paix générale avec le connétable de Lesdignières (1622). Le roi le paya comme les autres , et lui donna le duché de Valois en engagement.
Tout resta dans les mêmes termes où l'on était avant la prise d'armes : ainsi , il en coûta beaucoup au roi et au royaume pour ne rien gagner. Il y eut, dans le cours de la guerre, quelques malheureux citoyens de pendus , et les chefs rebelles eurent des récompenses.
Le conseil de Lonis XIII, pendant cette guerre civile, avait été aussi agité que la France. Le prince de Gondé accompagnait le roi, et voulait conduire l'armée et l'État : les ministres étaient partagés ; ils n'avaient pressé le roi de donner l'épée de connétable k Lesdignières que pour diminuer l'autorité du prince de Gondé. Ge prince, lassé de combattre dans le cabinet, alla à Kome, dès que la paix fut faite, pour obtenir que les bénéfices qu'il possédait fussent héréditaires dans sa maison. U pouvait les faire passer à ses enfants sans le bref qu il demanda et qu'il n'eut poiut. A peine putil obtenir qu'on lui donnât à Rome le titre d'altesse; et tous les cardinaux prêtres prirent sans difiiculté la main sur lui : ce fut là tout le fruit de son voyage à Rome.
La cour, délivrée du fardeau d'une guerre civile , ruineuse et infructueuse , fut en proie à de nouvelles iutrjgues. Les ministres étaient tous ennemis déclarés les uns des autres , et le roi se déGait d'eux tous.
Il parut bien, après la mort du connétable de Luynes, que c'était lui plutôt que le roi qui avait persécuté la reine-mère ; elle fut à la tête du conseil dès que le favori eut expiré. Gette.pnncesse , pour mieux affermir sou autorité renaissante, voulait faire
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leur obéissance; les troupes royales furent alors licenciées, à TexceptioD d*un régiment, que le comte de Soissons laissa dans le fort qu'il avait fait construire pour tenir en bride les bourgeois si remuants de La Rochelle.
Le roi séjourna six jours dans la ville de Montpellier, d*où il se ilirigea , par Arles et Âix , sur Marseille.
Il quitta bientôt cette importante cité pour se rendre à Lyon, où l'attendait la reine-mère, qui envoya à sa rencontre, jusqu'à Tarascon , Armand de Richelieu , évêque de Luçon , tout récemment promli au cardinalat.
De Tarascon , Louis XIII se rendit à Avignon , oii il fut reçu avec la plus grande magnificence par le vice-légat ; enfin il fit son entrée à Lyon avec sa mère et sa femme, qui étaient allées au-devant de lui.
Son séjour à Lyon se passa dans les fêtes; il avait pourtant un but politique important; il s'agissait d'assurer la possession d'une belle et fertile vallée, appelée la Valteline, qui s'étend depuis le lac de Côme jusqu'au Tyrol; elle était sous la domination de l'Espagne, et pouvait allumer une guerre entre les deux royaumes , attendu qu'elle appartenait , depuis l'année 4513 , à la ligue des Grisons. Cependant tout s'arrangea à l'amiable; un traité fut signé le 25 avril 1622, portant que les troupes espagnoles se retireraient, et que tout serait remis sur l'ancien pied.
n se passa , au mois de mars de la même année, un événement qui piqua beaucoup la curiosité.
entrer dans le conseil le cardinal de Kicheliea , son favori , son surintendant, et qui loi devait la pourpre. Elle comptait gouverner par lui , et ne cessait de presser le roi de Tadmettrc dans le nilnistërc. Presque tous les mémoires de ce temps-lii fout connaître la répugnance du roi : Il traitait de fourbe celui en qui il mit depuis toute sa confiance; il lui reprochait jusqu'à ses mœurs.
Le prince de Galles , flls du* roi d'Angleterre et héritier présomptif de la couronne, arriva à Paris dans le plus strict incognito pour assister à une fête de la cour, et 11 partit bientôt pour l'Espagne , sans avoir été reconnu. Il était déjà sur les terres de ce royaume quand Louis XIIÎ apprit quel étranger il avait reçu à sa cour. Le but de ce voyage ftat bientôt connu ; il se rendait à Madrid pour demander lul-méuie la main de l'infante, sœur du roi d'Espagne; il y resta six mois , et il repartit pour l'Angleterre , en attendant les dispenses du pape pour sou mariage avec la princesse d^Espagne; mais, de retour à Londres, il changea bientôt de dessein, et le prince de Galles fut le premier à vouloir une rupture.