UIS XIH
refiisé qu'on raccompagnât et qu'on le défrayât sur la route, suivant l'usage pratiqué en pareil cas.
L'assemblée eut lieu , et après avoir entendu différentes opinions , elle décida à l'unanimité qu'il fallait soutenir l'hon-neur de la France.
L'assemblée durait encore , quand arriva la nouvelle que le duc de Montmorency avait complètement défait sur mer le duc de Soubise , qui avait perdu onze vaisseaux dans rengagement , et avait été contraint de se réfugier sur les côtes d'Angleterre; Tile d'Oleron fit aussitôt sa soumission au roi. On chanta le Te Deum dans toutes les églises. '
Le cardinal de Richelieu avait deux grands objets en vue ; l'abaissement de ia puissance autrichienne et la ruine du parti protestant en France; mais il avait en même temps un autre objet en vue, c'était de réduire les grands h l'obéissance; il le prouva par la manière dont il traita le duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne , le plus illustre seigneur du royaume après les princes du sang.
Tout son crime était d'être dévoué à la personne du duc d'Anjou , frère du roi ; mais le cardinal de Richelieu fit entendre à ce prince que le duc de Vendôme cherchait à se fortifier en Bretagne, pour se rendre indépendant, et qu'il s'était même vanté « de ne plus vouloir désormais voir le roi qu'eux peinture. »
Le roi se mit en route pour Blois , oii le duc de Vendôme et son frère, grand-prieur de France, vinrent ù sa rencontre. Le roi fit aux deux frères le meilleur accueil, les invita même à une partie de chasse pour le lendemain; puis il les fît arrêter tous deux dans leur lit et conduire au château d'Amboise.
Le roi quitta Blois pour se rendre à Nantes, où le cardinal
ne tarda pat à le rejoindre ; il trouva le conseil oecnpé du procès du comte de Chalais , maître de la garde robe» connu par ses galanteries et par ses duels; il était prévenu de conspiration eontre TEtat; il fut arrêté, mis en prison, et uoe commission fut nommée pour instruire son procès.