‹ Histoire de FranceChapitre 16 sur 53 · CHAPITRE XVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVL

Commencement de Tannée 1790.

Dans les premiers jours de l'année 1790, l'assemblée vou-

lut', à l'occasion du nouvel an , adresser ses félicitations au roi; le président et une députation de soixante membres se rendirent en conséquence auprès de Sa Majesté.

< Sire, dit le président, rassemblée nationale vient offrir à Votre Majesté le tribut d'amour et de respect qu'elle lui offrira dans tous les temps. Le restaurateur de la liberté publique, le roi qui, dans des circonstances difficiles, n'a écouté que son amour pour la fidèle nation dont il est le chef, mérite tous nos hommages, et nous les présentons avec un dévouement parfait. :»

Le roi répondit qu'il était fort sensible aux nouveaux témoignages d'affection de l'assemblée nationale.

Lo président et la députation se rendirent ensuite auprès de la reine qui répondit au discours que'lui adressa le président par des paroles pleines de bienveillance.

Le 5 janvier une nouvelle députation fut admise auprès du roi pour lui présenter un décret de l'assemblée , qui laissait à Sa Majesté le droit de fixer elle-même le montant de sa liste civile. Le roi répondit qu'il était profondément touché de la confiance que lui montrait rassemblée, mais qu'il fallait avant tout songer à payer les intérêts dus aux créanciers de l'état, ainsi qu'à assurer les dépenses nécessaires h l'ordre public et à la défense du royaume, et que ce qui le regardait personnellement était , dans la circonstance présente , la moindre de ses inquiétudes.

Cette réponse de Louis XVI , transmise à l'assemblée , fut reçue avec le plus grand enthousiasme; quatre fois les cri3 de VIVE LE ROI retentirent dans la salle, et, cette fois encore, les députés et le peuple rendirent hommage aux nobles sentiments du roi.

158 mSTOIRE DE FRANGE.

Voici quelques passages du journal les Révolutions, de. Camille Desmoulins , relatifs à cet incident ; on peut juger par eux quelles tendances avait déjà la presse révolutionnaire en

€ Le roi méritait aussi des ménagements ; la haine que je professe pour les rois ne m'aveugle pas

« La députation , précédée par M. de Brézé, Grand-Maître des révérences j M. Nantouillet, maître des révérences, et Vatrouvelle, sous-maître des révérences , a été ensuite chez la femme du roi.

(a Pour mettre le comble à la joie du prince, M. de Montesquieu a proposé de lui accorder pour lui , sa femme » ses hoirs et leurs maisons un revenu de vingt millions; ce qu'il a appelé la liste civile.

« On trouvera que cette pension , accordée au premier bourgeois du royaume, est assez forte, qu^on ne pouvait rien faire de plus civil que cette liste ei qu'on a mauvaise grâce de nous appeler des ^nrajf^s. »

^'assemblée consacra les dernières séances du mois de janvier à discuter une loi sur la jurisprudence criminelle, à décréter qu'aucun de ses membres ne pourrait accepter, pendant la durée de cette session , aucune place , don , pension , traitement ou emploi, même en donnant sa démission.

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