‹ Histoire de FranceChapitre 28 sur 53 · CHAPITRE XXYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYII

Troubles dans les proviices. >

Les désordres dans les provinces continuèrent à être nombreux et considérables; il y eut des châteaux incendiés» des propriétés pillées ; des émeutes avaient lieu aussi à raison de la cherté des grains; des arrestations illégales de sttq>ectft troublèrent également la tranquillité publique.

Le 4 2 mai , rassemblée s'occupa de l'insurrection de Mar* seille; on pensait que dès cette époque, cette ville, l'une des plus considérables de France , était sur le, point de tomber entre les mains de la faction anarchique ; les forts furent pris , en effet, par les volontaires les plus exaltés de la milice nationale ; ils commencèrent par le fort de Notre-Dame-de-la- Garde, dont ils s'emparèrent par surprise , et voici comment : cinquante-deux volontaires s'embusquèrent auprès du fort; au point du jour, deux se présentèrent comme pour, entendre la messe, mais ils s'élancèrent au même instant sur la sentinelle , menaçant de la tuer si elle proférait un seul cri. Toute la troupe se porta.aussitôt dans le fort, elle s'empara de toutes les portes, fit la garnison prisonnière, et arbora sur le donjon le drapeau de leur district, sur lequel était écrit : La Uberté au la mort! Tous les autres forts furent également pris, les soldats ayant refusé de les défendre. M. de Beausset, commandant du fort Saint-Jean , fut tué d'un coup de bayonnette, et sa tête portée au bout d'une pique.

Cette affaire de Marseille occupa plusieurs séances , l'assemblée remercia le roi des mesures prises , soit pour recher* cher les coupables, soit pour réprimer les excès commis;

mais les auteurs du mouvement insurrectionnel de Marseflle ne respectèrent pas plus Tautorité de l'assemblée que celle du roi. Le fort Saint-Jean fut démoli malgré ses défenses , et an dernier ordre que l'assemblée lui intima de cesser ses démolitions, la municipalité factieuse répondit insolemment qu'il n'y avait plus à délibérer.

Des mouvements analogues éclatèrent à Montpellier et à Montauban ; à Valence, M. de Voisins, commandant d'artillerie, fut tué d'un coup de feu , plusieurs officiers arrêtés, et la garnison fit cause commune avec la municipalité. A Toulon , des attroupements eurent lieu , M. de Glandèves , commandant delà plaide, fut arrêté par le peuple, et quelques officiers blessés ; mais la tranquillité fut bientôt rétablie, grâce à l'intervention de la municipalité et de la garde nationale , auxquelles l'assemblée constituante témoigna sa satisfaction.

. A la même époque, la paix publique fut également troublée à Tours , à Perpignan , à Montbrison , et dans d'autres localités, à l'occasion des grains; les gens de la campagne marchèrent sur les villes ; mais les gardes nationales suffirent pour les dissiper.

Montauban et Nîmes eurent aussi leurs émeutes ; celle&-ci, qui avaient le double caractère politique et religieux , furent plus graves ; il y eut , en effet , un assez grand nombre de victimes.

Dans le mois de juin , l'assemblée consacra une grande partie de ses séances à discuter la constitution civile du clergé et les finances ; elle s'occupa aussi incidemment de l'inviolabilité des représentants, de la suppression des titres de noblesse ^ de la fête de la Fédération du 44 juillet, enfin de dénoncia*

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lions contre la presse anarehique ; on s'occupa aussi des événements qui se passaient dans les provinces.

Dans les premiers jours de ce même mois de juin , le dé* couragement s'empara d'uoe foule de députés , plusieurs se retirèrent dans leurs maisons de campagne; rassemblée crut trouver le meilleur remède, en privant de leur traitement ceux de ses membres qui abandonnaient leur poste.

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