‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 27 sur 51 · Voltaire · texte numérisé non relu

Voltaire

pour son fils le duc d’Enghien la charge de grandmaître de France. Le duc de Lorraine était reçu par le roi très-chrétien en sa lionne grâce, mais moyennant la cession du duché de Bar, du comté de Clermont en Argonne et des villes de Stenay, Jametz, Dun et Moyenvic. Il devait en outre s’engager à démolir les fortifications de Nancy, et accorder passage à perpétuité sur les terres aux troupes françaises se rendant en Alsace. Trois mois étaient accordés au roi trèschrétien pour ajuster l’affaire du Portugal à la satisfaction de Sa Majesté Catholique, passé lequel terme la France n’interviendrait plus directement, ni indirectement dans cette affaire. La convention matrimoniale entre Louis XIV et l inlante Marie-Thérèse formait enfin un acte séparé, par lequel Philippe IV assignait pour dot à sa fdle cinq cent mille écus d’or payables par tiers, dans le délai de dix-huit mois, moyennant lequel payement l’infante devait renoncer en bonne forme pour elle et pour ses hoirs a toutes les parties sans exception de l’héritage paternel. Les précautions de langage les plus minutieuses étaient accumulées pour donner le caractère le plus solennel, le plus irrévocable à cet acte de renonciation, qui dea ait être signé par l’infante avant le mariage, et après la célébration ratifié par Louis XIV et enregistré par le Parlement.

Tel fut le traité des Pyrénées, le plus avantageux que la France eut signé depuis plusieurs siècles. La gloire en appartenait au cardinal Mazarin, et après celte grande transaction, il lui était permis de dire « que si son langage n'était pas français, son cœur

l’était. » Ses ennemis n’en répétèrent pas moins qu'une année de guerre de plus eût assuré la conquête des Pays-Bas, et que les intérêts du royaume avaient été trahis par une paix trop peu profitable. 11 était étrange d’entendre cette calomnie débitée par quelques-uns des grands coupables de la Fronde, par ceux-là même qui avaient arrêté la France dans le premier élan de ses victoires , et amoindri les résultats qu’elle était en droit d’espérer de sa longue lutte contre la maison d’Autriche. Mais le jugement de ces détracteurs n’a été ni celui des contemporains ni celui de la postérité, et au nom de Mazarin reste attaché l’impérissable honneur d’avoir achevé l’œuvre de Henri IV et de Richelieu.

Philippe IV avait annoncé l’intention de conduire lui-même sa fille à la frontière de ses États, et sa santé languissante ne lui permettait pas d’entreprendre le voyage dans une saison aussi avancée. La célébration du mariage fut donc remise au printemps de l’année suivante. La cour de France en prit l’occasion de passer l’hiver dans les provinces méridionales du royaume. Louis XIV se montra successivement aux grandes cités de Toulouse, d’Aix et de Marseille. Ce fut par la brèche qu’il entra dans cette dernière ville, coupable d’avoir voulu maintenir ses vieilles franchises républicaines contre le duc de Mercceur, gouverneur de Provence, et contre le premier président d’Oppède. La ville d'Orange, enclave appartenant au chef de la maison de Nassau, fut peu après investie par le maréchal du Plessis Praslin, et les fortifications en furent rasées. Tout annonçait chez le jeune

roi, quoique encore tenu en tutelle par Mazarin, la ferme volonté de faire partout respecter son pouvoir. 11 était à Aix, lorsque l’arrivée de M. le Prince lui fut annoncée? « Quand je vous aurai entretenu une « heure, avait écrit celui-ci à Mazarin, vous serez bien m persuadé que je veux être votre serviteur, et je pense a que vous voudrez bien aussi m'aimer. » Le changement des circonstances avait bien changé le langage de l’altier transfuge. Il descendit chez le cardinal, qui le conduisit auprès du roi (27 janvier 1660). Louis XIV avait consenti à recevoir seul, avec sa mère, les soumissions de son cousin repentant. L’entrevue fut courte, et Condé en sortit instruit par ses propres yeux que la France n’avait plus un enfant pour maître. « Le lendemain, raconte Mademoiselle, M. le Prince était à la cour, comme s’il n’en fut jamais sorti. » Il lui fut permis cependant de ne pas assister au mariage du roi. On apprit, au même temps, qu’un autre témoin du sang royal manquerait à cette cérémonie : le duc d’Orléans venait de mourir à Blois (5 février). Ni Louis XIV, ni Mazarin n’oublièrent, dans cette ère nouvelle de prospérités, celui dont la glorieuse épée avait tant contribué à les procurera la France. Turenne reçut le titre de maréchal général des camps et armées du roi, qui lui conférait toutes les attributions militaires de la dignité de connétable (5avril). Cette dignité même, lui fut, dit-on, offerte, moyennant qu’il abjurât le calvinisme. Mais Turenne avait l’âme trop droite pour se convertir autrement que sous l'empire d’une conviction sincère, et il n’avait pas encore entendu la grande voix qui devait le ramener à la vérité

Au commencement de mai, les deux cours arrivèrent l’une à Saint-Jean de Luz, l'autre à Saint-Sébastien ; mais quelques arrangements relatifs à la lixation des limites de la Catalogne et du Roussillon retardèrent encore de près d’un mois les entrevues royales. Elles eurent lieu dans l’ile des Faisans, qui avait échangé son nom contre celui de File de la Conférence. Après <jue D. Louis de Haro eut épousé l’infante, au nom du roi de France, dans l’église de Fontarabie (3 juin), le roi d’Espagne, avec sa li lie, se rendit dans le pavillon, agrandi et magnifiquement décoré, qui avait été le théâtre des négociations; ils y trouvèrent Anne d’Autriche. Le frère et la sœur ne s’étaient point vus depuis quarante-cinq ans; Anne ne put résister à son émotion : Philippe crut de sa dignité de roi et de Castillan de n’en laisser voir aucune (4 juin). Le surlendemain, après toutes les précautions prises pour que tout se passât entre eux sur le pied de la plus stricte égalité, les deux monarques se rencontrèrent dans l’île, et jurèrent solennellement la paix. Après quoi, la reine Marie-Thérèse fut remise par son père aux mains de son époux. On lui trouva sans beauté beaucoup d’agrément. Les noces royales furent célébrées le 9 juin dans l’église de Saint-Jean de Luz. D. Louis de Haro n’avait pas oublié de faire signer à la jeune reine, malgré le peu d’importance que semblait y attacher Philippe IV, l’acte de renonciation à l’héritage paternel; mais il oublia de payer à l’époque convenue le tiers de la dot, et le gouvernement de Louis XIV ne manqua pas de se prévaloir plus tard de cette négligence. La cour cependant ne tarda pas à

quitter Saint-Jean île Luz; mais le voyage du toupie royal, des Pyrénées à Paris, eut toute la lenteur d’une marche triomphale. Louis XIV vit à Am boise le prince de Condé, à Chambord le duc de Longueville, à Fontainebleau les ducs de Lorraine et de Guise, lui apporter leurs félicitations et leurs hommages. 11 s’arrêta à Vincennes. et y attendit plus d’un mois que Paris eût achevé les préparatifs de la réception splendide qui lui devait être faite. Le plus notable incident de ce séjour de Louis XIV aux portes de sa capitale fut la députation que lui envoya le Parlement, pour obtenir qu’il fut permis à lun des présidents, accompagné de conseillers pris dans toutes les chambres, de venir complimenter le cardinal Mazarin. Le roi n’eut garde de s’y opposer. Le lils de Broussel fut un de ces députés. La compagnie ne pouvait démentir avec plus d’éclat l’injuste violence des arrêts qu elle avait portés contre le ministre. Tout fut prêt enfin le 2G août pour 1 entrée royale, dont la magnificence fut incomparable; les particuliers de la ville de Paris se vantaient d’avoir dépensé 10 millions. On ignore si ce fut par un effet du hasard que ce triomphe delà royauté eut lieu à la date précise, où douze ans auparavant , ses humiliations avaient commencé par la journée des barricades. Le cardinal Mazarin, dont la santé déclinait rapidement, trouva assez de forces pour s’associer à la pompe de cette fête.

Nos historiens s’accordent tous à remarquer que le calme rendu à la France par le traité des Pyrénées fut accompagné d'un retour semblable à l’ordre et à la

paix dans le reste de l'Europe. « Toutes les querelles s'apaisaient, dit très-bien M. de Sismondi, — le monde semblait revêtir une face nouvelle, et de nouveaux acteurs s'avancaient sur le théâtre. » L'Angleterre, qui n'avait échangé les déchirements de la guerre civile que contre la dictature républicaine de Cromwell, retourne en cette année même à la monarchie, et Charles II, rappelé sur le trône de ses ancêtres, entre à Londres la veille du mariage de Louis XIV (8 juin 16G0). A la même époque cessaient les agitations violentes du nord de l’Europe. Il y avait cinq ans que le roi Charles-Gustave, devenu roi de Suède par l'abdication de Christine, s’était élancé dans la voie des conquêtes, et que, selon l'éloquent langage de Bossuet, « il avait apparu à la Pologne surprise et trahie, comme un lion qui tient sa proie dans ses ongles, tout prêt à la mettre en pièces. » Ramené en arrière par l’attaque combinée de l’empereur et du roi de Danemark, il s’était jeté sur cette dernière contrée, et après lui avoir imposé en vainqueur le traité de Roschild, il lui avait de nouveau déclaré la guerre, et prétend ai t conq uérir, avec Copenli ague q u ’ i 1 assi égeai t , l’empire du nord. Mais, pour emprunter encore le langage de l’orateur chrétien, a le redouté capitaine tomba au plus beau temps de sa vie ; » la maladie l’enleva subitement (février IGGO). LaFrance intervint alors, comme médiatrice, avec l'Angleterre et la Hollande , pour rétablir la paix entre les deux couronnes Scandinaves, et seule elle eut l'honneur de négocier, dans l’abbaye d'Oliva, près de Dantzig, le traité qui mit fin à la longue querelle de la Suède et de la Po-

logne (mai 1660). Le bruit des armes qui, pendant près de quarante ans avait rempli l'Europe presque entière, ne se faisait plus entendre alors que sur deux points reculés, à la frontière de Portugal et devant Candie assiégée par les Turcs. C'est encore à cette époque que nous voyons luire à l’horizon les premiers rayons de la gloire littéraire du règne de Louis XIV. Bossuet, dont nous prononcions le grand nom tout à 1 heure, commença à paraître dans les chaires de la capitale pendant le carême de 1 659 ; en 1 659 aussi la comédie des Précieuses Ridicules fut pour la France la première révélation du génie de Molière ; la muse bien jeune encore de Racine débute enfin, en 1660, par Y Ode aux nymphes de la Seine , destinée à célébrer le mariage du roi. N'oublions pas une apparition bien autrement éclatante, qui s’était faite, trois ans auparavant, celle de Pascal, dans l’ardente controverse du jansénisme. Ici quelques détails sont nécessaires : nous touchons à l'un des faits les plus considérables de l’histoire de ce grand règne.

L’ouvrage auquel Jansénius avait consacré les méditations de toute sa vie, son fameux Augustinus , avait été publié en 1640, deux ans après sa mort, et presque aussitôt il avait été censuré par le pape Urbain VIII, comme renouvelant les erreurs d’un docteur de Louvain, Michel Baïus, condamnées par le Saint-Siège soixante ans auparavant. Ni l’apparition, ni la censure du livre ne firent alors de bruit que parmi les théologiens. Il en fut autrement lorsque parut, en 1643, le traité d’Antoine Arnauld sur la fréquente communion. L’effet en fut très-grand : c’était

une attaque redoutable dirigée contre la compagnie de Jésus. L’auteur, jaloux de restaurer dans toute son autorité le principe évangélique de la voie étroite, s'élevait, avec une grande vigueur de raisonnement, contre les directeurs à la morale relâchée, qui prodiguaient aux pécheurs, avec une indulgence sacrilège, l’auguste sacrement de l’eucharistie. Son zèle était légitime et sa démonstration d’une claire évidence; seulement l'excès de sa logique et le rigorisme outré de sa doctrine allaient, dans la pratique, à ne supprimer guère moins l’usage que l’abus du sacrement; il en détournait la plupart des âmes pieuses par l’effroi de leur indignité, et ouvrait au libertinage une large porte pour s'en éloigner entièrement. La guerre était ainsi déclarée, guerre héréditaire, entre les Jésuites et le fils de cet Arnauld, qui avait été contre eux, sous Henri IV, l’avocat de l’Université. Anne d’Autriche, émue du bruit que commençait à faire cette querelle, donna l’ordre à Arnauld d’aller à Rome rendre compte au pape de son ouvrage; mais Arnauld aima mieux se cacher que de s’incliner devant l'autorité pontificale, et il laissa le Parlement invoquer en sa faveur les libertés de l’église gallicane qui ne lui donnaient pour juge que l’épiscopat français. La reine céda au Parlement, et quelques années se passèrent durant lesquelles Port -Royal tranquille vit fleurir ses « petites écoles, » qui commençaient à disputer aux Jésuites l'enseignement de la jeunesse. On sait quels livres admirables (la Grammaire, la Loyique , la Rhétorique) furent le fruit de cet honorable antagonisme.

Cependant la controverse théologique, laissant de côté le traité de la fréquente communion , s 'était retournée vers YAugustinus et en 1649 le syndic de la faculté de théologie, Nicolas Cornet, dénonça à la Sorbonne cinq propositions qu’il en avait extraites, et qui formaient la substance de la doctrine de l’évêque d Y près. La Sorbonne n’eut pas à rendre d’arrêt; quatre vingt huit évêques s’approprièrent la rédaction de Nicolas Cornet, et dans une lettre qu ils adressèrent à Innocent X, appelèrent sur les cinq propositions le jugement du siège apostolique. L’examen fut long et consciencieux, et trois ans se passèrent avant que fût prononcée la sentence (mai 1653). Elle était conçue dans les termes les plus clairs, les plus absolus. Les propositions étaient proclamées toutes hérétiques, et en partie impies et blasphématoires. Restait à savoir si la bulle pontiticale, envoyée en France, y serait déclarée exécutoire. La reine-mère et Mazarin n hésitèrent pas à publier la déclaration royale qui lui donnait ce caractère; ils avaient vu, depuis le commencement des troubles, le jansénisme allié de la Fronde, et savaient avec quelle ardeur cette secte si austère embrassait les intérêts du prélat si peu édifiant alors renfermé à Yincennes. Un mandement du vieil archevêque, oncle du prisonnier, fut publié à 1 appui de la déclaration, et la Sorbonne enregistra la sentence rendue à Rome comme règle de foi sur la matière pour l’avenir (août 1653;. On ne manque pas au respect dû à Port-Royal en disant que cette illustre association de vertus et de talents donna un affligeant spectacle en cette circonstance. On vit ces grands es-

prits motiver leur refus de soumission sur la plus misérable des arguties, et soutenir que les cinq propositions n’étaient pas dans Jansénius, parce qu’elles ne se trouvaient textuellement dans aucune partie de V Aur/ustinus et que la citation n’en était pas rigoureusement littérale. Bossuet a tranché le débat en assurant qu'elles sont lame même du livre. Il fallut une nouvelle déclaration de l'épiscopat français maintenant que les propositions étaient bien réellement dans Jansénius, et qu elles a\aient été condamnées dans le sens adopté par l'auteur; il fallut une nouvelle décision du pape, confirmant celle des évêques français (‘20 septembre IG54). Arnauld n'en continua pas moins à nier l'existence réelle des cinq propositions dans YAugiistinus, et il s’en appropria même la première qui établissait que « les commandements de Dieu ne sont pas toujours possibles aux justes. » 11 fut cité devant la Sorbonne, et après de longs et orageux, débats, il fut frappé d'un arrêt de censure pour irrévérence envers le pape et les évêques, et pour reproduction d’une doctrine proclamée hérétique. Tous les docteurs de la faculté, y compris le condamné luimême, étaient tenus d’adhérer à cet arrêt par leur signature, sous peine de dépradalion. 11 se trouva soixante docteurs avec Arnauld pour encourir cette peine (18 février 1G56,.

Port-Royal était aux abois; l'ordre allait être donné de fermer les petites écoles et d’enlever à la mère Angélique les jeunes filles élevées sous sa direction ; Arnauld , quelque infatigable qu’il fût dans la lutte, sentait le terrain lui manquer pour la renouveler avec

avantage. Ce fut alors qu’il appela à son aide un laïque, disciple, comme lui, de Saint-Cyran, connu seulement jusqu’alors par la puissance merveilleuse de son esprit dans les sciences mathématiques. Nous n’avons pas à parler ici de la précocité de Y effrayant génie de Pascal, des cruelles souffrances de l ame et du corps qui remplirent toute sa vie, de l'épouvante qui lui prit au bord de l’abîme du doute où il se sentait près de tomber, et de la grande pensée qu’il eut, pour préserver les âmes do ce péril, de rehausser et fortifier les barrières de la foi par une nouvelle apologie du christianisme. Il a\ait trente-trois ans lorsqu’Arnauld lui mit la plume à la main pour la défense de la cause janséniste. Pascal reconnut au premier coup d'œil que, pour rester maître du champ de bataille, il fallait non point se défendre, mais attaquer, non point parler à l’école, mais au publie, et ses Lettres à un provincial, dirigées contre (es Jésuites, répandirent à pleines mains l’odieux et le ridicule sur la célèbre compagnie. Le succès en fut immense; comment ne l’eût-il pas été? Jamais la langue française n’avait été écrite avec une telle perfection : c’ctaient tour à tour la plus mordante ironie, les scènes de comédie les plus artistement arrangées , et les mouvements de ! éloquence la plus véhémente, la plus passionnée. Pascal a mérité dans les Provinciales d’être appelé par Voltaire « le premier des satiriques français; » mais il a mérité aussi que l'on dît que son sarcasme a été le précurseur de pelui de Voltaire dans la discussion des matières religieuses. Rien de plus légitime sans doute que de dénoncer les aberrations du probabilisme et de flétrir

les immorales décisions de quelques casuistes; mais il y avait injustice à imputer aux seuls Jésuites des maximes a qu'on aurait aussi bien déterrées chez des docteurs dominicains ou franciscains ; » il y avait surtout une mauvaise foi criante à rendre toute la société responsable des erreurs de quelques-uns de ses membres flamands et espagnols, et le grave Bourdaloue a été fondé à protester du liaut de la chaire contre le scandale de cette éloquente diffamation1. Quoi qu’il en soit, les petites lettres se succédant l une à l’autre pendant le cours des années 165G et 1657, tombèrent, comme autant de coups de foudre, sur les Jésuites : les rieurs, toujours en si grand nombre dans le public français, étaient contre eux, et le jansénisme, appuyé sur la faveur de l’opinion, put se croire un moment victorieux.

Ce fut alors cependant que l'archevêque de Toulouse, Pierre de Marna, fit adopter par l’assemblée du clergé, séant à Paris, la rédaction d'un formulaire que tous les ecclésiastiques, les religieux et même les religieuses devaient souscrire, et qui imposait aux signataires l’obligation de reconnaître que les cinq propositions condamnées étaient réellement de Jansénius, tirées de son livre, et différentes de la doctrine de Saint- Augustin, dont elles avaient perverti le sens (2 seje tembre 1656). Peu après une nouvelle bulle, émanée du pape Alexandre Vil, successeur d’innocent X, renouvela et aggrava les censures portées par la précédente contre VÀugustinus, en prohiba la lecture, et

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