M. de Sismondi
(ire du parti pris contre lui par le duc d'Anjou dans la grande révolution qui venait de s’accomplir aux Pays-Bas; Catherine de Médicis, toujours si soigneuse jusqu’alors de le ménager, venait d’entrer en guerre ouverte avec lui. L’âge semblait affaiblir le sens de la reine mère, sans la guérir de ce goût de domination* signalé en elle par un des ambassadeurs vénitiens, et de plus en plus elle tombait sous l empire de ses astrologues, dont la fausse science obtenait d’elle lu créance qu’elle refusait aux vérités religieuses, il y avait quatre ans que le roi don Sébastien était allé chercher la mort au Maroc, sur le champ de bataille d’Alcazar (17 juin 1578). Le court règne de son grand-oncle et de son successeur, le cardinal Henri, n’avait fait que donner le temps d’entrer en lice aux prétendants qui allaient se disputer le trône vacant de Portugal. A côté des droits des deux candidats nationaux, le duc de Braganceet le grand prieur Antonio de Crato; à côté de ceux que Philippe II tenait de sa mère Isabelle, sœur du cardinal-roi, Catherine eut 1 étrange idée de faire valoir un titre héréditaire transmis à sa mère par 1 un des princes de la maison royale de Portugal au treizième siècle. Les armes de Philippe II décidèrent promptement la question, et au mois d'avril 1581, les cortès, rassemblées à Thomar, sanctionnèrent sa conquête en le proclamant roi. Catherine, après ce vote décisif, refusa encore de se désister de ses prétentions, et, les confondant avec celles du grand prieur, elle envoya ce prince fugitif