CHAPITRE IV
S DITE ED RÈGNE EE FRANÇOIS I", DEPUIS LE TRAIT B DE MADRID jüsqü'a la mort de ce prince (1526-1547).
Intérêt universel excité en Europe par la captivité de François I”; attente des peuples à laquelle il ne doit pas répondre. — Assemblée des notables à Cognac; le roi s’appuie du voeu national pour refuser à l’empereur la cession du duché de Bourgogne, qu’il a Consentie à Madrid. — Il adhère à la sainte ligue formée par Clément VII pour l'affranchissement de l'Italie. — Faiblesse avec laquelle il soutient cette politique : faveur de la duchesse d’Elampes. — Le connétable de Bourbon marche sur Rome à la tête d'une bande d’aventuriers; sa mort. Sac de Rome et captivité du pape. Indignation universelle de la chrétienté contre l’empereur : démonstration hypocrite de Charles-Quint. — Nouvelle expédition française sous Lautrec en Italie; nouvelle armée perdue. — Prompt découragement de François l*r : au lieu de profiter des embarras de l’empereur qui lui promettent une facile revanche, il ne songe qu’i la paix. Traité de Cambrai, autrement dit paix des Dames, ignominieux pour la France. — L'Italie est abandonnée tout entière à la domination espagnole par le traité de Barcelone entre le pape et l’empereur : dernier et infructueux effort de Florence pour sa liberté. — Six années de repos pour la France, employées par le roi à quelques bons essais de gouvernement et à ses encouragements aux lettres et aux arts. — Introduction de la réforme en France : Calvin et son livre de l'Institution de la religion ehrétienne. — Confédération des princes protestants d'Allemagne à Smalltalde : l’empereur traite avec eux pour s’assurer leurs secours contre le sultan Soliman. — Le schisme de Henri VIII est un autre avantage bien plus signalé encore pour la réforme. — Commencement de l’institut des Jésuites. — Mariage de Henri, duc d’Orléans, avec la nièce du pape, Catherine de Médicis : la mort de Clément VII enlève au roi les résultats politiques qu’il attendait de cette alliance. — François réclame le Milanais qu’il prétend lui revenir par la mort du dernier des Sforza. Refus hautain de l’empereur. — Les Etats du duc de Savoie envahis par tes Français. - Charles-Quint, dans sa confiance orgueilleuse d’arriver vainqueur à Paris, entre en Provence, où il ne trouve qu’un pays dévasté : il y perd la moitié de son armée. — Séance du Parlement dans laquelle François fait prononcer la confiscation des terres tenues par l’empereur en fief de la couronne de France : cet arrêt n’est point validé par les armes. — Efforts du pape Paul 111 pour rétablir la paix entre les deux monarques : trêve de Nice, suivie de l’entrevue d’Aigues-Mortcs; démonstrations amicales de François 1" et de Châties Quint l’un pour l’autre : la politique française a été changée par l’ascendant que le connétable de Montmorency a pris dans les conseils du roi. — Charles- Quint, pour aller réduire les Gantois révoltés, traverse la France : accueil cordial et magnifique qu’il y reçoit. — Son refus d’accomplir k Bruxelles les promesses qu’il a faites en France : rupture de l'alliance impériale et disgrâce du connétable de Montmorency. — Son administration a été de quelque profit pour le royaume. Ordonnance de Villers- Cotterets; le chancelier Poyet. qui en est l’auteur, condamné comme
TABLE DES MATIÈRES
concussionnaire. — Préparatifs de François pour une nouvelle fruerre; le motif lui en est fourni par l'assassinat de deux agents français en Lombardie. — Armées françaises dans le Luxembourg et en Roussillon; deux tentatives de conquête également infructueuses. — Généreux pardon accordé par le roi à la Rochelle révoltée. — Le pavillon français uni au pavillon ottoman dans la Méditerranée; Charles-Quint dénonce ce scandale à la chrétienté, en même temps qu’il s’allie lui-même au schismatique Henri VIII. — Victoire glorieuse remportée en Piémont par le comte d’Enghien à Cérisoles. Les dangers du royaume à sa frontière septentrionale empêchent d’en poursuivre les avantages. — Siège de Boulogne par Henri VIII : l’empereur s'avance jusqu'à Cliàteau-Thierry ; alarme dans Paris. — Paix soudainement conclue à Crépi en Laonnais ; Charles-Quint, effrayé des progrès des protestants en Allemagne, a compris qu’il ne peut les réduire sans le secours de la France; François est peu pressé de l’aider à sortir de ses embarras. — Lui-même a ceux que lui donne la réforme; les Vaudois dans les hautes vallées de la Provence. Sanglantes exécutions île MériDdol, de la Coste et de Cabrière. — Paix avec Henri VIII, suivie de la mort de ce prince. — Charles-Quint met au ban de l’Empire les confédérés de Smalkalde; il est abandonné par le pape Paul III, qui rappelle les Français au delà des Alpes. — Les efforts du roi pour répondre à l'appel du pontife sont arrêtés par la maladie et par la mort ' 144