CHAPITRE VIH
RÈGNE UE HENRI lit ICSQU’A LA MORT DU DUC D'ANJOU (1574-1684).
Henri ill : son caractère : avilissement profond de la royauté sous son règne. — Son empressement de fuir la Pologne pour revenir en France : il s'oublie à Venise au milieu des fêtes. — Son séjour et ses occupations puériles à Lyon; ses dévotions A Avignon; mort du cardinal de I.orraine. — Sacre et mariage du roi ; son entrée à Paris. 11 commence A y faire raépriserson gouvernement et sa personne. — Guerre civile sur divers points du royaume : affaiblissement matériel et moral du parti protestant : exaltation religieuse des catholiques : l’esprit de la Ligue en devance la formation. — Evasion du duc d'Alençon, suivie de celle du roi de Navarre. — Efforts de Catherine de Médtcis pour rétablir la paix ; courte trêve de Champignv, à laquelle succède le traité de Chastenoy,
TABLE DES MATIÈRES
autrement dit paix de Monsieur. — Les avantages assurés par ce traité aui huguenots exaspèrent les catholiques : naissance île la l.igue en Picardie. Peu» actes d'association différents : l'un se bornant à cette province, l’autre s'étendant à tout le royaume. — Etats généraux de 1576 : Henri 111 se met il la tête de la Ligue, et fait voter par les Etats l’unité de religion : mais cette assemblée lui refuse les moyens de faire la guerre aux huguenots. — Sommation adressée au roi de Navarre et au prince de Condé de se soumettre au vœu des trois Etats de France en faveur de l'unité religieuse : refus des deux princes. — Le roi congédie les Etats : courte campagne, suivie du traité de Bergerac; impuissante prohibition de toutes ligues et associations. — Henri profite de la paix pour donner cours à sa frivolité et à ses penchants dépravés. — Elévation scandaleuse de ses mignons : leurs duels. — Grande valeur historique du Journal de Pierre de l'Esloile. — Institution de l’ordre du Saint-Esprit. — Nouvelle évasion du duc d'Alençon , devenu duc ■l’Anjou : ses prétentions à la main de la reine Elisabeth et à la souveraineté des Pays-Bas. — Etal de ces provinces : première et infructueuse tentative du duc d’Anjou pour y faire reconnaître son autorité. — Intrigue de la petite cour protestante de Nérac : gucrredes Amoureux. — Le roi de Navarre commence à faire connaître ses talents guerriers âïi siège de Cahors. — Traité de Fleix , ménagé par le duc d’Anjou : cinq ans de paii pour le royaume. — Le duc d'Anjou A Londres : Elisabeth , plus politique quamoureuse, rompt la négociation matrimoniale entamée avec ce jeune prince : le prince d’Orange le fait reconnaître comme souverain des Pays-Bas. — Henri 111 laisse faire son frère , sans lui prêter aucun secours. — Fortune prodigieuse de ses deux favoris les ducs île Joyeuse et d'Kpernon. — Mécontentement profond causé par les exactions royales. — Catherine de Médicis prétend disputer à Philippe 11 la couronne de Portugal : expédition sans succès contre les Açores. — Projets de vengeance du roi catholique : une partie de ses plans est dévoilée par le procès de Nicolas de Nalcède. — Coup de main tenté par le duc d Anjou contre la ville d’Anvers; il est forcé de quitter en fugitif les Pays-Bas. — Sa mort devient le signal d'une violente crise politique 334