CHAPITRE X
RÈGNE DE HENRI IV JOSq’OA LA PAU DE VERVINS ET A I.’ÉDIT DE NANTES .
Interrègne de quatre ans pendant lequel Henri IV n’est point reconnu par la majorité des Français : il n’en reste pas moins convenu de Taire commencer son règne au jour de la mort de son prédécesseur. — Les seigneurs catholiques s’accordent d’abord à lui refuser leur obéissance : l’honneur et surtout l'intérêt lui en ramènent une partie; engagements qu’U prend avec eux. — L'armée royale, diminuée de moitié, ne peut plus assiéger Paris; marche du roi sur la Normandie. — Qualités de ce monarque. — Ellel prodigieux opéré dans Pans par le crime de Jacques Clément : le moine régicide salué comme un libérateur. — Le duc de Mayenne nommé lieutenant général de l'Etal et couronne de France. — 11 se met à la poursuite de Henri IV. — La lenteur de sa marche donne au roi le temps de se fortitier dans la position d’ Arques ; combat d'Arques : Mayenne repoussé. Ses efforts également sans succès contre Dieppe. — Ascendant moral que donne à Henri IV celte campagne de quelques jours. — 11 va se montrer A Tours, momentanément sa capitale, puis reporte la guerre en Normandie. Soumission de la plupart des villes de cette province. — Tentative manquée sur Rouen. — Mayenne va délivrer Dreux que le roi assiège et engage , malgré lui , la bataille d’ivry. Victoire signalée de Henri IV. — Alarme dans Paris : Henri ne se croit pas en état d'emporter la capitale de vive force ; il se décide à la bloquer et 1 l'affamer. — Siège de Paris : constance des habitants ré duits aux plus horribles extrémit:s : condescendance miséricordieuse du roi qui laisse entrer des vivres dans la place. — L’arrivée du prince de Parme fait lever le siège. — La mort du cardinal de Bourbon, le roi de la Ligue, ouvre la porte aux prétentions ambitieuses de Philippe 11; garnison espagnole dans Paris. — L'avénement du pajie Grégoire XIV remet le saint-siège dans la dépendance du roi catholique. Bulles pontificales lancées coutre le roi et ses adhérents, plus violentes que celles de Sixte V. Résistance du Parlement et des évêques royalistes. — L'édit de 1571 est renouvelé en faveur des huguenots. Secours considérables demandés par le roi à l'Allemagne et A l’Angleterre pour dé cider en sa faveur la fortuno incertaine de la guerre. — Désunion et trouble au sein de la Ligue à Paris : mécontentement des ligueurs français : résolution s furieuses des Seize : ils veulent renouveler la Saint-BarthélemY- — Arrestation et supplice du premier président Brisson et de deux conseillers au Parlement. Immobilité et stupeurdu peuple que les meneurs prétendaient entraîner : le règne des Seize est fini. — Arrivée de Mayenne et mesures promptes et décisives qu’il prend contre les auteurs du dernier attentat; ses efforts infructueux pour faire tourner 6 son profit, la réac-
bkk
TABLE DES MATIÈRES
tion amenée par la lenlative avortée îles Seize. — Philippe II ordonne à Karnèse de transporter en France toute son armée des Pays-Bas, pour soutenir les droits de sa fille Isabelle-Claire-Eugénie. — Henri IV assiège Rouen : défense aussi habile qu'énergique du gouverneur Villars. — Le duc de Parme et Mayenne s’avancent avec leurs forces réunies pour faire lever le siège. — Henri, en se retirant, enferme les forces ennemies dans la presqu'île de Caux, où il se flatte de les détruire. Farnèse lui échappe, en transportant son armée sur l’autre rive de la Seine. 11 rentre aux Pays Ras pour y mourir. — Après l’immense effort que viennent faire l’F.urope catholique et l’Europe protestante l’une contre l’autre, la lutte est encore indécise; nécessité pour le roi, pour faire triompher sa cause, de se jeter au sein de la majorité nationale. 11 annonce son intention de se faire instruire. — La faction espagnole à Paris en devient plus pressée de faire résoudre dans son intérêt la question dynastique.
— Etais généraux de la Ligue : la majorité de la noblesse et celle du Tiers Etat ne s’y prêtent point aux intrigues étrangères. — Fameux arrêt du parlement de la Ligue en faveur de la loi salique. — Conférences de Surcsne entre les députés des catholiques royaux et ceux des ligueurs français : elles sont sans résultat. — Assemblée ecclésiastique convoquée par le roi d'abord â Mantes, ensuite à Saint-Denys : Henri reçoit les instructions des docteurs, et se déclare suffisamment éclairé. Son abjuration solennelle dans le basilique de Saint-Denys : appréciation de cet acte. — Le pape Clément VIII, quoique avec des dispositions plus conciliantes que Grégoire XIV, refuse de recevoir les envoyés de Henri IV. — Le roi annonce le renouvellement des hostilités qu'une trêve a suspendues : villes et provinces empressées de reconnaître son autorité. — Il est sacré à Chartres. — Négociations secrètes et promptement achevées pour la reddition de Paris. Entrée de Henri IV dans la capitale. — Enthousiasme populaire : clémence du roi. — Fin véritable de la Ligue : efforts de Henri pour effacer les dernières traces de son existence. — L'exemple de Paris entraîne un grand nombre d’autres villes. Soumission à prix d'argent de plusieurs des principaux seigneurs.
— Le roi se décide à déclarer la guerre à Philippe II ; motif de cette
détermination. — Colère de Philippe II :e Ile s'augmente par la résolution que vient de prendre le pape d’absoudre Henri IV. — Clément VIII donne une grande solennité à cette réconciliation du roi de France avec l’Eglise. — Commencement de la guerre avec l’Espagne : brillant combat de Fontaine-Française. — La soumission de Mayenne en est la suite : traité de Folembray : le duc de Mercoeur reste seul en armes contre le roi. — Succès des Espagnols & la frontière des Pays-Bas : pertes successives de Doullens , de Cambrai et de Calais. — Henri veut les compenser par la prise d’Arras : il est arrêté par la pénurie du trésor. Débuts financiers de Rosni. — Assemblée des notables à Rouen : habile discours du roi. — Henri IV reçoit à Paris la nouvelle soudaine de la surprise d’Amiens par les Espagnols. Son activité pour réparer ce grave échec. L’Europe tout entière a les yeux fixés sur le siège d’Amiens. La reprise de cette ville fait tomber les armes des mains de Philippe II. — Ouverture du congrès de Vervins : le traité de Cateau-Cambrésis est adopté pour base de la pacification do la France et de l'Espagne. — L’Edit de Nantes, qui accorde aux Huguenots la tolérance religieuse, est promulgué quelques jours avant la signature de la paix de Vervins. — Fin des guerres de religion 420
TABLE DES MATIÈRES