‹ Histoire de FranceChapitre 22 sur 67 · Essais historiques de Lord Macaulay, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Essais historiques de Lord Macaulay, 1. 1, p

mort de l’empereur Charles VI vint troubler en Europe tous les esprits, hors le sien (20 octobre 1 740). Si la sagesse et l'honnêteté eussent régné dans les divers cabinets, nul obstacle ne se fût élevé contre la succession de Marie-Thérèse à l'héritage paternel ; toutes les grandes puissances s’étaient liées par la garantie qu’elles avaient donnée à la pragmatique sanction. Le cardinal de Fleury, malgré son involontaire mésintelligence avec Walpole, était résolu à suivre l'exemple du ministre anglais, et à faire honneur aux engagements de la France. Mais qu'était-ce que la résolution d’un vieillard affaibli, qui gouvernait le royaume de son lit, où il passait la plus grande partie du jour? Le comte de Belle-Isle, petitfils du surintendant Fouquet, appuyé par une des maîtresses du roi, Mme de Vintimille, saisit cette occasion de faire triompher la politique remuante dont il était le promoteur le plus actif et le plus bruyant à la cour. C’était à qui crierait aux oreilles de Louis XV que l’heure était venue, et qu’il ne fallait pas la laisser échapper « de rompre ce colosse de grandeur autrichienne ’, » et d’achever l’œuvre du cardinal de Richelieu. Quelle que fût la répugnance de Fleury à s'engager dans une aussi grande aventure, il ne put se refuser à envoyer Belle-Isle comme ambassadeur auprès de la diète qui allait élire à Francfort un nouvel empereur. C'était, selon la juste remarque d’Argenson, « remettre les intérêts de la paix à l'homme qui désirait le plus la guerre. » Tout

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