Voltaire. Éd. de Kehl, t. XXV, p
gonisme et nous pourrions dire dans l’état d’hostilité permanent entre les intérêts anglais et français aux Indes et dans l’Amérique septentrionale. La guerre était restée au fond des arrangements pacifiques d’Aix-la-Chapelle; elle ne pouvait tarder à en sortir. Il est vrai que le commerce, comme il arrive toujours après qu'il a subi une longue et violente interruption, reprit alors en France un rapide essor, qui put faire aux salons de la capitale, où commençaient à régner les philosophes, F illusion du retour de la prospérité publique : mais ceux qui de Paris allaient parfois, comme d’Argensou, visiter les campagnes, attestent t< qu’ils n’y voient qu’une misère effroyable : ce n’est « plus le sentiment triste de la misère, c’est le déses- « poir qui possède les pauvres habitants : ils ne sou- « haitent que la mort et évitent de peupler. » « La « misère augmente dans Paris, dit ailleurs le même
« témoin ; on y fourmille de mendiants On dit
« que ce sont tous les habitants de la campagne qui, « n’y pouvant plus tenir par les vexations qu on y « essuie, viennent se réfugier dans la ville, préférant « la mendicité au labeur1. » Voilà un bien triste revers à la brillante médaille que Voltaire offre à nos regards, et nous pourrions y ajouter, ce qui n’est pas moins triste et ce que certifient tous les témoignages contemporains, que les huit années de paix, qui séparent la guerre de la succession d’Autriche de la guerre de sept ans, furent celles mêmes pendant lesquelles monta à son comble le mépris du peuple pour