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RÉGENCE DU DUC D ORLÉANS ET MINISTÈRE DE MONSIEUR LE DUC

Le mauvais renom, trop mérité, de la Régence ne doit pas s’étendre à sa politique, dans laquelle l’éloge doit avoir sa part, aussi bien que le blâme. — Le secret du testament de Louis XIV a été livré au duc d’Orléans, et les moyens de l’annuler ont été préparés avant la mort même du roi. — Séance du Parlement dans laquelle celte annulation est prononcée, et la plénitude du pouvoir royal conférée au régent. — Composition du conseil de régence. — Suppression des sccrélaiios d Etat et établissement des six conseils de gouvernement, dits pnlysynodie. — Le duc d’Orléans fait consacrer toutes ces mesures par un lit de justice. — Caractère de ce prince : juste popularité des premiers actes de son gouvernement. — Réaction d'un tout autre genre contre l’esprit du règne précédent : le régent donue l exemple d'un libertinage effronté . dont la mode devient universelle. — Le duc de Noailles chet du conseil des finances : ses talents, quoique réels, sont au-dessous de sa tâche. — Les finances sont la grande difficulté du gouvernement intérieur de la

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régence; les prétentions de Philippe V sa grande difficulté au dehors. — Plans audacieux d’Albcroni pour servir la politique de Philippe cl d'Elisabeth Farnèse. — Ces plans trouvent une opposition immédiate dans l'abbé Dubois, négociateur de l’acconl politique entre George 1” et le régent. — Caractère de Dubois : son voyage A la Haye, suivi de la conclusion de la triple alliance entre la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies. — Comment ce traité, mal. ré quelques stipulations peu honorables, sauve la France de l’embrasement de la guerre générale préparée par Allieroni. — Renaissance des troubles dans l’Église : protestation de la Sorlionue contre la bulle Unigenitus. — Efforts infructueux du régent pour amener une transaction entre les jansénistes et les molinistes. — injonction du silence aux uns et aux autres. — La querelle dit bonnet, soulevée par Saint-Simon, ajoute aux embarras du régent en le mettant aux prises avec le Parlement. — Les intrigues de la duchesse du Maine le poussent à déclarer les deux princes légitimés déchus de leur titre de princes du sang et du droit de succession à la couronne. — Aggravation des difficultés financières ; d’Argenson chef de la justice et du conseil des finances; entrée de Law, sans titre officiel, dans cette dernière partie de l'administration publique. — Succès de sa banque; lormation de la grande Compagnie d’Occident. — Opposition violente qui s'élève contre Law dans le Parlement. — Déchaînement contre le régent ; Philippiques de La Grange Chancel. — Dubois, arrivé do Londres, indique au duc d’Orléans les moyens de dissiper l’orage formé contre lui. — Lit de luslice du 26 août 1718 : le même coup atteint les princes légitimés et le Parlement replacé sous l’empire de l’ordonnance de 1667; suppression des conseils de gouvernement: Dubois secrétaire d Étal des affaires étrangères. — I» fond de sa politique est le maintien du traité d'Ctrechl et de la paix européenne contre les entreprises d’Alberum. — Philippe V ne peut attendre que le temps ait mûri les projets de s. ri ministre, et fait chasser par ses troupes les Autrichiens de la Sardaigne. — Appel de l’empereur à la triple alliance : effort des trois puissances po ur terminer A l’amiable le grand litige pendant entre Charles VI ei Philippe V. Refus obstiné de ce dernier. Faux calcul d’Alberoni : destruction de la (lotte espagnole devant Syracuse par l’amiral Byng. — Répugnance du duc d’Orléans à déclarer la guerre à Philippe V ; habileté de Dubois à faire accepter cette guerre du régent et de la France. — 11 lient entre ses mains les fiis de la conspiration de Cellamare, fait arrêter cet ambassadeur, comme violateur du droit des gens, et donne ce complot pour motif légitime A la déclaration de guerre. — Clémence du régent envers les conjurés : il chAtie plus rigoureusement Ponlcallet et les autres chefs de l'insurrection tentée en Bretagne. — Aliteront est incapable de repousser l’attaque des Français : faciles avantages remportés par Bcrwick. Déplorable sacrifice de la marine espagnole fait aux exigences impérieuses de George I". Les intrigues de Dubois à Madrid obtiennent l'éloignement d'Albcroni : le rétablissement de la paix suit immédiatement la chute du celui-ci : Philippe V adhère aux arrangements de la triple alliance. — Cette guerre n’a nullement occupé la France, dont toute l’attention est tournée vers le développement du système de Law. — Le régent s’est déterminé à s’en remettre à ce dernier de la gestion des finances. La banque de Law ost déclarée Banque royale. — Le système : action simultanée de la Banque et de la

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Compagnie universelle, qui a succédé au titre de Compagnie des Indes.

— Illusion générale sur les richesses fabuleuses attendues de la Louisiane. — Progrès démesuré de l'agiotage : saturnales de la rue Quincampoix. — Law est le premier à s'inquiéter de cette exagération du crédit public. Ses efforts vont jusqu’à l'injustice et à la wolence pour maintenir le cours des actions de la Compagnie et des billets de la Banque. — Il abjure le protestantisme pour recevoir le titre de contrôleur général. — Exemple de réaliser donné publiquement par le prince de Conti; les réaliseurs deviennent aussi empressés et aussi nombreux qu’avaient été les acheteurs : efforts désespérés de Law pour lutter contre la baisse. — Law, arrêté et sommé de rendre ses comptes, y trouve l'occasion d’un triomphe momentané. — La suspension des paiements de la Banque rend sa chute inévitable. Le régent l'aide à quitter la France, où il était arrivé riche et d'où il sort pauvre. — Kùa des frères Paris : l'aggravation de la banqueroute eût été promptement compensée par le doublement du revenu public et le grand accroissement du commerce, si l’administration financière eût été remise, après celle crise, en des mains fermes et capables. — Fâcheuse influence du système sur les mmurs publiques. — ''este de Marseille : héroïsme de l’cvèque Belzunce et du chevalier Rose. — Persévérante ambition de Dubois : il aspire aux dignités ecclésiastiques pour assurer sa fortune. Il obtient du régpnt l’archevêché de Cambrai, et met en mouvement tous les ressorts de l’intrigue pour emporter le chapeau de cardinal. — 11 parv.ent à faire accepter la bulle Unigenitus comme loi de l’Etat par le Parlement, aussi bien que par le corps de l'épiscopat. Au moment où il attend le chapeau pour prix de ce service rendu à l'Eglise, Clément XI se joue de lui et meurt. — L’activité redoublée ries intrigues de Dubois et l’argent du royaume prodigué à Rome obtiennent enfin pour lui le chapeau de la faiblesse d’innocent XIII, - la» diplomatiefrançaise est relevée en Europe. la réconciliation avec l’Espagne est scellée par une triple convention matrimoniale entre les deux filles du régent et les deux fils de Philippe V. entre la fille de ce monarque et Louis XV.

— Dispositions naturelles du jeune roi : travail de Dubois pour s'imposer à lui ; il détermine le régent à l’arrestation et à l'éloignement du maréchal de Villeroy, et obtient les patentes de principal ministre, telles qu elles avaient été conférées au cardinal de Richelieu. — Retour de la cour à Versailles : sacre du roi et sa majorité déclarée, — Leçons de politique solennellement données à Louis XV. — Le cardinal Dubois présideut de l’assemblée du clergé : ses plans de politique ultramontaine; sa mort. — Elle est peu après suivie de celle du duc d’Orléans.

— Fleury, évêque de Fréjus, précepteur du roi, le décide à choisir le duc de Bourbon pour principal ministre. — Empire absolu exercé sur ce prince sans intelligence et sans moeurs par Mme de Pryc, qui gouverne elle-même par les mains de Pàris Duveniey. — Administration brouillonne qui a bientôt tout mis en confusion dans le royaume. — Jalousie violente de M. le Duc contre le duc d’Orléans, qu’il veut à tout prix écarter de la succession au trônt : ses efforts auprès de Philippe V pour obtenir qu'il fasse revivre ses droits. — 11 s’occupe en même temps de marier le roi. parvenu à lâge de quinze ans. — Il élude les propositions de la czarine Catherine, veuve de Pierre le Grand, qui lui offre pour Louis XV sa fille Élisabeth, et par un calcul égoïste que lui suggère Mme de Prve. fait épouser au roi Mario Lcczinska. fille du roi

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dépossédé de Pologne. — Colère de Philippe V i qui sa fille, fiancée & Louis XV, a été renvoyée. — Le roi catholique n’en poursuit que plus activement une négociation qu’il a entamée avec l'empereur : traité de Vienne, ouvrage du baron de Ripperda. — George P* s'empresse d’y opposer l’alliance de Hanovre entre l’Angleterre, la Krance et la Prusse. — Préparatifs île guerre : nouveaux impôts qui mettent le comble à l’impopularité du gouvernement de M. le Duc. — il. le Duc commet la faute de vouloir écarter Fleury du conseil, auquel il assislait jusqu’alors : Fleury cède au cri de toute la cour, qui le presse d’épargner au royaume une crise violente devenue inévitable ; il consent , à soixante-treize ans , à se charger du fardeau du gouvernement. — Louis XV signifie son renvoi à M. le Duc. — Période intellectuelle intermédiaire entre le dix-septième et le dix-huitième siècle proprement dit. — La poésie a fini avec Racine et La Fontaine : Jean Baptiste Rousseau plus versificateur que poète. — Crébillon : son seul véritable titre d’honneur est la tragédie de Rhadamisle et Zénobie. — Destouches : mérite éminent de sa comédie du Glorieux. — Le Turcarct de Le Sage, peinture de mœurs fidèle et hardie, est oublié à côté du roman de GU Bios, qui a immortalisé le même auteur : profondeur d'observation et perfection de langage qui font le charme de Gil Bios. — Manon Lescaut, chef-d’œuvre de l'abbé Prévost. — Rollin : la tradition de la belle langue du dix-seplième siècle se conserve dans son Traite des Études et ses Histoires. Indignes persécutions subies par ce vertueux instituteur de la jeunesse. — Massillon : caractère de son élo quence; en quoi elle appartient à cette époque intermédiaire. — F’onlenelle tient alors le sceptre du bel esprit : il s'applique de préférence aux sciences dans cette dernière période de sa lougue vie. Les éloges de ses confrères morts de l’Académie des sciences sont le premier de - ses titres à la renommée. — La régence a vu les débuts de Montesquieu et de Voltaire : extrême audace de pensée dans les Lettres rersa nés, prélude de l'impiété philosophique du dix-huitième siècle. — OEdipe, la Henriade, et les autres premières œuvres de Voltaire, ne donnent point encore la mesure de son génie, non plus que des excès auxquels il s’emportera 247

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