‹ Histoire de FranceChapitre 62 sur 67 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

DEPUIS LE MINISTÈRE nu CARDINAL DE FLEURY JUSQU’A LA PAJX d’aix-la-chapelle (1726 à 1748).

Caractère de l'administration de Fleury : sa prétention que son ministère ne soit pas historique. Il n’a d’autre pensée que de donner le repos à la France. Robert Walpole a apporté la même politique de paix dans les conseils de George I". — La vigilante économie de Fleury ramène l'ordre dans les finances. — L’alliance de Vienne et celle de Hanovre, loujours en présence l’une de l’autre, semblent menacer l'Europe de la guerre. Inutile congrès de Boissons — L’Angleterre et la France finissent par obliger l’empereur et roi d’Espagne à accepter le traité de Séville. — Le Parlement rentre en querelle avec Rome à propos de la bulle Unigenitus et de la canonisation de Grégoire Vil : il se met en lutte

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avec l’autorité royale et reste vainqueur. — Prétendus miracles sur le tomlieau du diacre Péris : les convulsionnaires. — Société dite de l’i'niresol; elle est fermée par l’ordre du cardinal de Fleury. — La mort d’Auguste II rend vacant le trône de Pologne : Fleury ne peut résister au mouvement guerrier qui éclate dans la noblesse en faveur de Stanislas Lcczinski, beau-père de Louis XV , mais il ne prête à ce prince, élu roi, qu’une insuffisante assistance. — Stanislas est contraint à fuir de Dantzig. — Guerre en Italie : le secrétaire d’Etat des affaires étrangères Chauvclin, a conçu la pensée d’affranchir cette contrée du joug autrichien, à l’aide de l’alliance espagnole et piémontaise. — Politique égoïste de f.harles-Emmanuel. — Dernière campagne de Villars : sa mort et celle de Berwick. — Les deux campagnes de 1734 et 1735 n’ont eu de résultat effectif que la conquête du royaume des Deux-Siciles par l’infant don Carlos. — Négociations pour la paix : heureuse pensée de Chauvelin, qui fait accepier à François II, duc do Lorraine, l’heritage des Médicis en échange de son duché, et assure au roi Stanislas la souveraineté viagère de ce duché, réversible apres lui à la couronne de France. — Chauvelin est disgracié avant la conclusion du traité de Vienne. — Commencement des infidélités conjugales de Louis XV : Mme de Maillv et scs sœurs. — Duatrc autres années de paix, pendant lesquelles Fleury remet en équilibre les recettes et les dépenses : il a le tort, par excès dVconomie, en même temps que par complaisance pour Walpole, de négliger entièrement la marine militaire. — La guerre qui éclate entre l'Angleterre et l’Espagne doit amener la rupture necessaire de la France avec la première de ces puissances. — Autre cause de perturhation européenne dans l’avénement du grand Frédéric au trône de Prusse et dans la mort de l’empereur Charles VI. — Frédéric envahit la Silésie, pendant que Belle-lsle, malgré la garantie accordée par la France à la pragmatique de Charles, fait triompher à Versailles des résolutions belliqueuses. — Détresse de Marie-Thérèse, menacée de tout côté de- la guerre : elle se jette aux bras des Hongrois qui répondent nobleblement à son héroïque confiance. — Incapacité de l’electeur de Bavière, élu empereur sous le nom de Charles VII. — Péril de l’armée française en Bohême : prise de Prague par Maurice de Saxe et Chevert. — La chute de Walpole donne à l’impératrice-reine l’alliance de l’Angleterre.

— Désespoir de Fleury : ses humiliantes tentatives pour obtenir la paix. Désastreuse retraite de Prague; héroïsme de Chevert. — le roi de Sardaigne adhère à l’alliance anglo-autrichienne. — Mort du cardinal de Fleury : bienfaits incontestables de son administration. — Plus de ministre ilirigeant • permanente anarchie dans les conseils de Louis XV. — Campagne de 1743. Le maréchal de Noaillcs perd la bataille de Dettingen : les bandes hongroises se répandent en Alsace et en Lorraine. — Les événements changent d’aspect en 1744 : Frédéric, quoique dégoûté de l’alliance française, sent le besoin de s’opposer & la prépondérance écrasante de Marie-Thérèse en Allemagne; il rentre en relations avec le cabinet de Versailles. — Maurice de Saxe nommé maréchal de France.

— La duchesse de Châteauroux détermine Louis XV à se montrer à la tête de ses armées. - U a le maréchal de Saxe pour lieutenant en Flandre : premières et rapides conquêtes. — Nouvelle invasion de la Lorraine par les Hongrois et les Croalrs. : Louis XV se porte au secours de cette province. — Sa maladie à Metz ; transports d’amour qu’elle fait éclater pour lui dans la nation .- joie causée par son rétablissement. —

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Frédéric, laissé seul en Bohème, ne peut s'y maintenir. — La prise de Fribourg par le roi et la bataille de Coni gagnée par le prince de Conti ne donnent point aux événements un tour décisif. — Le marquis d’Argenson secrétaire d'Etat des affaires étrangères : grandeur exagérée donnée de nos jours à ce personnage. — Mort de la duchesse de C.hâteauroux : avènement honteux do Mme de Pompadour. — Mort de l'empereur Charles VII : Louis XV, en voulant commander aux Pays-Bas, laisse Frédéric expose en Allemagne au principal effort des armées autrichiennes. — Campagne de 1745 : elle est inaugurée par la victoire de Fontenoy dont le souvenir est demeuré si populaire : nouvelles conquêtes en Flandre. — Les avantages de Marie-Thérèse en Allemagne sont plus sérieux et plus solides : son mari François de Lorraine est élu empereur ; mais elle est déçue dans son espoir d’écraser Frédéric. Les victoires de Solir et de Nesscl lorf remportées par le prince lui laissent la possession reconnue de la Silésie. — Guerre en Italie : succès des Français et des Espagnols. — Plan de Chauvelin, renouvelé par le marquis d’Argenson, pour chasser de l'Italie les Autrichiens, et constituer le pays en une fédération semblable à celle du corps germanique. Les prétentions exorbitantes d'Élisabeth Farnèse et les défiances de Charles-Emmanuel font échouer ce projet. — Debarquement de Charles- Édouard en Écosse : scs succès momentanés : les troupes do George 11, rappelées des Pays-Bas, rendent l'ascendant à la maison de Hanovre : défaite de Charles-Édouard à Culloden. — Campagne de 1746. Louis XV est seul à continuer la guerre, sans autre objet eu vue que de la faire cesser. — Un audacieux coup de main du maréchal de Saxe sur Bruxelles le rend pendant l’hiver maître de celte capitale. — Prise d’Anvers, suivie d'autres conquêtes, dont la flatterie des courtisans fait honneur à Louis XV. Bataille de Raucoux glorieuse, mais sans profit pour la France. Revers en Italie. Ferdinand VI, qui a succédé à Philippe V, retire ses troupes du théâtre de la lutte : prise de Gênes par les Autrichiens. — Attaque contre Toulon, combinée entre l'armée austro-sanie et la (lotte anglaise de la Méditerranée. Le soulèvement de Gênes, qui chasse les Autrichiens de ses murs, fait échouer cette attaque. — Guerre dans les colonies; perte de Louisbourg; courageuse et habile défense du Canada par La Galissonnière. — Grandes choses accomplies dans l'Inde par la Bourdonnais et Dupleix, quoique délaissés par le gouvernement de la France. — Antagonisme de ces deux hommes, mis A côte l'un de l’autre sans rapports de subordination bien déterminés. Rappel de la Bourdonnais, prélude de ses malheurs. — Dupleix fait lever aux Anglais le siège de Pondichéry. — Campagne de 1747, précédée du renvoi du marquis d’Argenson et du contrôleur général Orry ; Macliault appelé k la gestion des finances. — Les conférences de Bréda ayant échoué. Louis XV déclare la guerre aux Provinces-Umes. — Bataille de Lawfeld encore gagnée par le maréchal de Saxe, mais sans résultat décisif. — Prise etsac de Berg-op-Zoum par Lowendahl. — Des négociations sérieuses s'ouvrent à Aix-la-Chapelle : le maréchal de Saxe, pour les faire aboutir, investit Maastricht de manière à rendre la paix infaillible. — Marie- Thérèse et Joseph H accèdent à la paix : restitutions réciproques; Frédéric garde seul ses conquêtes. — Les conditions de la paix, quelque désirée qu'elle fût, ajoutent au mépris de la France pour son gouvernement 334

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