‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 21 sur 102 · Général Vinoy, Varmistire et la Commune, p · texte numérisé non relu

Général Vinoy, Varmistire et la Commune, p

Le canon versaillais entendu, surprit Paris et y causa une grande indignation. La retraite précipitée du gouvernement et de l'armée, le 18 mars, avait tellement ressemblé à une fuite dictée par la peur, que les partisans de la Commune ne s'attendaient point à leur retour. Depuis les défaites et les capitulations, le peuple parisien s'était si bien habitué à mépriser les généraux, que la pensée qu'ils pussent le vaincre lui demeurait étrangère. Car on avait fini par prendre au pied de la lettre, dans la garde nationale, ces louanges surfaites et ces descriptions exagérées de ses mérites auxquelles on s'était abandonné pendant le siège. Depuis le 18 mars on vivait donc en pleine confiance, dans la pensée que la Commune se maintiendrait contre M. Thiers et l'Assemblée. Aussi lorsque, le 2 avril au soir, on apprend que les fédérés, à Courbevoie, ont subi un échec, ridée de répondre par une sortie naît-elle immédiatement, et le cri : « A Versailles! » s'élève de tous côtés.

La Commission executive de la Commune délibéra si l'on marcherait sur Versailles. Les généraux Duval, Bergeret et Eudes le voulaient; les membres civils hésitaient ^ La Commission se sépara sans interdire la marche sur Versailles d'une manière formelle; aussi les généraux, dans la nuit, résolurent-ils de Tentreprendre. D'ailleurs, ils ne faisaient que suivre l'impulsion venue de leurs hommes; partout la garde nationale s'assemblait, décidée à partir.

Les bataillons de la rive droite se groupèrent place Wagram; ceux de la rive gauche à la barrière d'Italie et au Champ de Mars. Ils marcheraient sur Versailles en trois colonnes. A droite, Bergeret et Flourens passeraient parNanterre etRueil ; à gauche, Duval etEudes prendraient, séparément, par le plateau de Châlillon et Meudon. Cette grande sortie, que les partisans de la Commune n'avaient, pendant le siège, cessé de réclamer, ils allaient donc l'exécuter, et non plus contre des soldats invisibles derrière des retranchements, mais contre des troupes décou-

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