‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 22 sur 102 · Lefraiiçais, Etude sur le mouvement communaliste, p · texte numérisé non relu

Lefraiiçais, Etude sur le mouvement communaliste, p

vertes, en rase campagne. On jugerait enfin de quoi était capable la garde nationale laissée à elle-même. L'épreuve devait être en eiïet décisive. Les hommes appelés à commander ne tinrent compte d'aucune règle. Divisant leurs forces à droite et à gauche du Mont-Yalérien, ils les exposaient à être battues isolément; ils partaient sans artillerie et sans état-major pour transmettre et unifier les ordres. La colonne de droite, avec Bergeret, le 3 avril au matin, gravissait le plateau des Bergères, sur la route de Bueil, lorsque soudain des obus, lancés du Mont-Yalérien, tombent dans les rangs. Bergeret faisait passer ses hommes sous un fort, tenu par l'adversaire qu'il allait combattre, et ils le suivaient de confiance ; un grand nombre ignorait que le Mont-Yalérien lut occupé par l'armée de Yersailles ; d'autres croyaient que son commandant s'était engagé à ne pas tirer; certains se flattaient môme que les soldats à leur vue mettraient la crosse en l'air. Les obus du Mont-Yalérien jettent la panique dans la colonne en marche. Les hommes se débandent immédiatement, rebroussent chemin et rentrent à Paris, dispersés. La tête de la colonne, qui avait franchi le point où les obus balayaient la route, atteignit seule Rueil avec Bergeret. et y reçut un renfort amené d'Asnières par Flourens.

Le général Yinoy se porta à la rencontre des gardes nationaux de Bergeret, avec trois brigades d'infanterie, de la cavalerie et du canon. Pendant qu'une partie des troupes, dirigée sur Bougival, les attaquerait de front, une autre, vers la Jonchère, chercherait à les tourner. Mais, dès que les fédérés engagés à Bougival virent se dessiner le mouvement de flanc à la Jonchère, ils battirent en retraite par Nanterre et Asnières pour éviter le Mont-Yalérien et rentrèrent dans Paris. L'infanterie ne put les joindre ; la cavalerie à la poursuite atteignit seule les retardataires dans RueiL Flourens, abandonné de ses hommes et découvert dans une maison, voulut se défendre; un capitaine de gendarmerie. le tua d'un coup de sabre.

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