‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 23 sur 102 · II · texte numérisé non relu

II

De l'autre côté du Mont-Vtilérien les fédérés se divisèrent en deux colonnes. Duval, avec l'une d'elles, dépassant Châlillon et le Petit-Bicêtre, s'avançajusqu'à Villacoublay, où la division Pelle l'arrêta, puis le rejeta sur la redoute de Cliàtillon. Eudes, avec la seconde colonne, repoussé par la brigade La Marieuse établie à Meudon, dut se replier.

Le 4 avril au matin, les troupes versaillaises attaquaient la redoute de Châlillon, occupée par les fédérés. Pendant que la division Pelle la menaçait de front, la brigade Deroya la tournait par Fontenay-aux-Roses. Les fédérés, ne sachant point se garder, furent absolument surpris. Le général Deroya, entrç dans la redoute, presque sans combat, y fit prisonniers Duval et 1500 hommes. Le reste des gardes nationaux s'enfuit vers Paris ^ Le feu des forts de Yanves et d'Issy, solidement armés, arrêta seul les Versaillais.

La guerre civile engagée devait être implacable. Le 31 oclobre et le 18 mars, les mauvaises passions existant dans le parti de la Commune s'étaient spontanément révélées, par l'envie de fusiller les membres du gouvernement de la Défense nationale retenus comme otages et par le massacre des généraux Lecomte et Clément .Thomas. A Versailles oij, tenait indistinctement tous les fédérés responsables du meurtre commis, et l'on accusait, à l'aveugle, le Comité central de l'avoir lui-même ordonné. Tous ceux de la Commune étaient ainsi devenus des brigands et des assassins, indignes d'aucune miséricorde. Aussi fusillaiton, non seulement les déserteurs ou les soldais laissés à Paris le 18 mars, pris à Châlillon, parmi les fédérés, mais le général Vinoy rencontrant, le 4 avril au matin, les prisonniers sur la roule, faisait-il sortir des rangs Duval et son chef d'état-major pour les passer sommairement par les armes^La veille, le général de Galliffet avait saisi à Chatou

Page 1