‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 24 sur 102 · Colonel Lambert, Enquête parlementaire, p · texte numérisé non relu

Colonel Lambert, Enquête parlementaire, p

trois des gardes nationaux de Bergeret, qui venaient de traverser la Seine en bateau, et, quoiqu'ils ne se fussent point défendus, les avait tout de suite fait fusiller*. Les prisonniers désarmés, conduits à Versailles par les rues, eurent à subir les insultes et les coups de ces fuyards, que la peur tenait éloignés de Paris ^.

Les déroutes terminant la marche sur Versailles condamnaient désormais la garde nationale à la défensive, et comme, en même temps, les soulèvements avortaient en province, la domination de a Commune demeurait circonscrite à la seule ville de Paris. Mais cette situation, qui eût semblé en tout aulre temps si précaire, ne parut point telle alors. Paris venait de supporter quatre mois de siège, sans que ses défenses fussent entamées. Il passait, de ce fiiit, pour imprenable; aussi les fédérés, derrière ses murs, se flaltaient-ils de repousser toutes les allaques.

A partir du jour où la Commune entre en lutte armée avec Versailles, elle dédaigne les réticences et s'abstient de tous ménagements. Il n'est plus question de sa part d'atlributions municipales, restreintes aux seules afTaires de la ville de Paris, elle s'arroge toutes les prérogatives; ses actes, ses décrets lui donnent le caractère définitif d'un gouvernement exerçant la pleine souveraineté.

La colère de la Commune contre Versailles était devenue sans bornes, après la défaite et les exécutions sommaires de piisonniers fédérés. A la séance du 5 avril, les membres les plus violents demandaient que l'on fusillât, par représailles, un certain nombre de « réactionnaires », surtout des ecclésiasliques^. La Commune, tout en se refusant à pareil acte, prit des mesures d'intimidation. Elle décréta que toute personne prévenue de complicité avec le gouvernement de Versailles serait incarcérée pour passer

Page 1