‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 27 sur 102 · P. Vésinier, History of the Commune, p · texte numérisé non relu

P. Vésinier, History of the Commune, p

appelés à composer le Comité de salut public. Mais ils ne répondirent point aux espérances. Ils ne communiquèrent nulle part l'énergie et l'activité attendues, et lorsque, le 9 mai, le fort d'Issy tomba définitivement aux mains des Versaillais, la Commune se hâta de les destituer. Le Comité de salut public fut aussitôt reformé avec Ranvier, Arnaud, Gambon, Eudes et Billioray, qui durent siéger en permanence à l'Hôtel de Ville. Ce changement — le quatrième — dans la constitution du pouvoir exécutif fut le dernier, mais il demeura aussi inefficace que les précédents. Le choix des personnes ne pouvait remédier aux vices d'un système, qui persistait à diviser les pouvoirs entre des hommes sans préséance et des comités égaux; aussi la Commune péritelle avant d'avoir su créer un véritable mécanisme de gouvernement.

Cependant c'était le bon emploi de ses forces militaires que la Commune devait rechercher par-dessus tout, puisque son sort se décidait sur un champ de bataille. Mais, malgré des efforts répétés, elle réussissait encore moins dans ses services de guerre que partout ailleurs à obtenir l'unité d'action. Au début la Commission executive, la Commission militaire et les généraux nommés par le Comité central s'étaient partagé le soin des affaires militaires. Le 1^'' avril, la Commune, pour centraliser les services, nommait Eudes délégué à la guerre. Dès le 3 avril, elle le remplaçait par le général Cluseret. Lorsque, le 30 avril, celui-ci eut été incarcéré, elle délégua, à sa place, le colonel de génie Rossel, déjà chef de l'étatmajor général. Rossel était un officier expérimenté. Servant à l'armée du Rhin, il s'était évadé après la capitulation de Metz et, promu au grade de colonel auxiliaire par M. Gambelta, était devenu chef du génie, au camp de Nevers. La profonde irritation qu'il ressentait des capitulations de Metz et de Paris et du démembrement du territoire l'avait jeté vers la Commune, supposée capable de relever la France contre TAUemagne. Rossel, nommé

délégué à la guerre, projeta de donner à la garde nationale l'organisation et la discipline qui lui manquaient. Il voulut créer des régiments, dont il aurait choisi les colonels et qui, destinés au service actif, eussent été casernes ^ Il déclara qu'il châtierait énergiquement la désobéissance, qu'il canonnerait au besoin les fuyards. Mais, aussitôt qu'il eut fait montre de volonté, il souleva la jalousie du Comité central qui, à côté de lui, prétendait régir la garde nationale.

De temps à autre le Comité central continuait à lancer des proclamations ou à prendre des arrêtés. Il apparaissait ainsi, dans l'ombre, derrière la Commune, comme une sorte de second pouvoir indépendant. S'il n'avait pu, quelque velléité qu'il en eût, garder la main sur le gouvernement, il avait au moins réussi à se conserver la garde nationale. Il en était l'élu, le mandataire, le représentant, et il estimait que lui seul, à tous ces titres, avait des droits sur elle. C'était lui du reste qui avait réparti les bataillons en légions d'arrondissement, lui qui avait désigné les officiers à élire, et obtenu le choix d'hommes dévoués. L'essai fait par Rossel de transformer la garde nationale rencontra donc son hostilité absolue. Ses membres se concertèrent avec les chefs de légion opposés aux réformes, pour présenter des remontrances à la Commune. Rossel, jugeant cette démarche attentatoire à la discipline, voulut user de rigueur. Il menaça les officiers récalcitrants et fit même arrêter un des membres du Comité central. Les autres, fort peu intimidés, se rendirent au Comité de salut public, pour demander que leur droit de régler l'organisation et le service de la garde nationale fût reconnu et qu'au délégué à la guerre fût seulement laissée la conduite des opérations sur le terrain. Le Comité de salut public, inspiré par Félix Pyat, entra dans les vues du Comité central. Le débat fut porté devant la Commune. Rossel et les membres du Comité central

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