Arthur Arnould, Histoire de la Commune, t. III, p
l'épreuve il fonctionnait, comme un simple organe directeur, tel qu'ils l'avaient accepté sous le nom de Comité exécutif, ils cesseraient leur opposition et qu'aussi bien, par esprit de concorde, ils participeraient au prochain scrutin.
A l'heure du vote, le 9 mai, ils découvrirent que leurs collègues de la majorité délibéraient séparément hors de la salle des séances ^ Ils les rappelèrent, en leur adressant d'amers reproches, et le vole eut lieu. Les cinq élus furent de la majorité, qui avait eu soin d'arrêter sa liste^; cependant l'un d'eux, DelescUize, venait d'être délégué à la guerre et il fallait le remplacer. Les membres de la minorité, espérant qu'après leurs avances on mettrait au moins un des leurs au Comité de salut public, cherchèrent à faire revenir la majorité sur son oubli; ils proposèrent de substituer Varlin à Delescluze, ce qui eût été un excellent choix, mais la majorité le repoussa et, pour comble d'insulte, elle prit dans son sein un homme indigne, Bil^ lioray. Les paroles violentes, les attaques et les reproches échangés au cours de ces incidents, rendirent la séparation plus profonde que jamais entre les deux groupes de la Commune. Ceux de la minorité étaient outrés; ils avaient condescendu à se déjuger, à élire le Comité de salut public; ils avaient ainsi fortifié le pouvoir créé malgré eux, en en faisant le mandataire de la Commune tout entière et, en retour, on les écartait plus que jamais du gouvernement. Ils voulurent néanmoins s'expliquer une dernière fois, dans Tespoir d'une entente, et ils se promirent de le faire à la séance du 15 mai ; mais les membres de la majorité avertis évitèrent de s'y rendre ^ La minorité, convaincue que tout rapprochement était désormais impossible, porta ses griefs à la connaissance du public. Le 16 mai, dans une déclaration solennelle, elle blâmait les