Arthur Arnoald, Histoire de la Commune, t. III, p
Convention et du Comité de salut public, qu'ils pensaient et agissaieni naturellement à l'unisson en toute circonstance.
Les partisans de Blanqui formaient à côté des jacobins un groupe distinct. Pour eux, ils observaient cette discipline rigide, habituelle aux sectaires qui ont subi ensemble la direction d'un chef, révéré comme un apôtre ou un esprit supérieur. Blanqui, il est vrai, leur manquait; sorti de Paris quelques jours avant le 18 mars, il avait été découvert et arrêté à Cahors par le gouvernement de Versailles. Mais son ombre demeurait au milieu d'eux, et le souvenir des conspirations et des coups de force ayant rempli la vie du vieux révolutionnaire, et auxquels ils avaient eux-mêmes participé, leur indiquait les voies à suivre. L'emploi des mesures sommaires, la volonté de s'imposer par le fer et le sang, faisaient partie du programme dès longtemps mûri par les blanquistes. Dans leurs tentatives antérieures pour s'emparer du pouvoir, ils s'étaient donné comme une répétition de la conduite à tenir le jour du succès. Aussi, sous la Commune, s'assurent-ils tout de suite les moyens de terreur; ils s'emparent de la police, commandent dans les prisons et veillent à les remplir. Parmi eux, deux jeunes gens, de francs scélérats, Raoul Rigault, Ferré, prendront absolument plaisir à torturer leurs ennemis et se satisferont à verser le sang. Les blanquistes, de même que les jacobins, avaient leur idéal dans le passé. La Commune de 1793 s'offrait à eux comme le modèle à suivre. Et cela naturellement, car, avec leur système de violences et de recours à la force, ils tenaient en 1871 cette même position extrême que les hommes de l'ancienne Commune avaient jadis occupée. Ils voyaient donc dans les Hébertisles des précurseurs, et l'un des leurs, Tridon, à la fin de l'Empire, avait composé un panégyrique, où Hébert, Chaumette, Anacharsis Clools étaient béatifiés*.