‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 39 sur 102 · Louis Fiaux, ibid., p · texte numérisé non relu

Louis Fiaux, ibid., p

Paris a capitulé, ils ne doutent point que ce ne soit par une conjuration du général Trochu et du gouvernement de la Défense nationale, qui ont refusé d'utiliser les immenses ressources entre leurs mains, pour ne pas être contraints, après la victoire, d'établir la République telle que le peuple la réclame. Ils jugent feintes les déclarations républicaines de M. Thiers et s'imaginent qu'au fond il conspire avec les « chouans » de l'Assemblée, en faveur de la Monarchie. Quand il s'agit des hommes qui les servent, leurs soupçons ne font que croître. Ils accusent tous leurs généraux de trahison. Après Gluseret et Rossel, Dombrowski. Aussitôt qu'une minorité s'est formée parmi eux, son modérantisme devient une cause de défiance. Le soupçon descend des chefs aux soldats ; il n'est pas un homme dans la garde nationale, qui n'ait l'esprit tendu et l'œil ouvert pour découvrir les traîtres; les dénonciations et les recherches sont continuelles, tous s'y emploient. Les discours des clubs, les articles des journaux sont consacrés à ce thème éternel de la trahison dont la Commune est victime; jusqu'au Journal officiel qui annonce gravement que les bouches d'égout ont vomi des gendarmes envoyés par M. Thiers, déguisés en gardes nationaux. Avis est en conséquence donné aux fédérés de se garder des « faux frères » qui pourraient tirer sur eux par derrière.

Un certain nombre d'hommes, il est vrai, conspiraient bien réellement à Paris, d'accord avec le gouvernement de Versailles. M. Thiers se servait d'émissaires et il accueillait toutes les propositions qui lui venaient, de l'aider à reprendre la ville. Le colonel Corbin, à Versailles, était chargé d'unifier les efforts des hommes s'offrant à des titres divers. Un ancien officier, Charpentier, s'était proposé le premier, pour recruter des gardes nationaux dévoués, qui donneraient la main aux troupes à leur entrée. Un officier de mnrine, Domalain, prétendait de son côté s'être affilié plusieurs milliers d'hommes *.

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