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134 HISTOIRE Dli FRANCE DE 1870 A 1873.
les ruines *. Du reste l'incendie devait être inutile à ses auteurs. Les balaillons fédérés, sur la place Vendôme, menacés par les Versaillais parvenus au nouvel Opéra et à la rue de la Paix, se sont débandés et la rue Royale définitivement tournée est devenue intenable. Brunel avait alors son quartier au ministère de la marine, sur la place de la Concorde. Vers onze heures du soir, il reçoit du Comité de salut public l'ordre écrit de détruire l'édifice avant de l'abandonner; des barils de poudre et de pétrole sont prêts dans les cours. Cependant le ministère sert d'ambulance. Le docteur Mahé, qui soigne les blessés fédérés, déclare qu'il ne peut les évacuer faute de transports. Brunel envoie un de ses officiers informer le Comité de salut public de cette entrave. L'officier revient, avec l'ordre de destruction plus péremptoire. Sous divers prétextes, le docteur Mahé, qui a déjà gagné du temps, secondé par d'anciens serviteurs du ministère restés à leur poste, retarde encore l'enlèvement des blessés. Brunel n'ose attendre, crainte d'être cerné, et il se retire sans exécuter l'ordre.
Au Palais-Royal, le chef de la 1'^ légion, Boursier, met le feu, sur les instructions du Comité de salut public. L'incendie menaça un instant le Théâtre-Français et les galeries autour du jardin. Cependant, les fédérés ayant rapidement vidé les lieux, les habitants du quartier, aidés par les soldats, purent se rendre maîtres des flammes. Dans la rue de Rivoli, le ministère des finances devait brûler pendant plusieurs jours et être entièrement détruit. Enfin des gardes nationaux fédérés, entrés dans le pavillon Richelieu du nouveau Louvre, qui a vue sur la place du Palais-Royal, incendiaient, avec du pétrole, la bibliothèque dite de l'Empereur. Les quatre-vingt mille volumes qu'elle renfermait, comprenant plusieurs suites de livres rares et des collections uniques, furent perdus ^.