Pellaton, Les sapeurs-pompiers de VEure, p
2. Bautirillard, Rapport sur les pertes éprouvées par les bibliothèques.
Sur la rive gauche de la Seine, Eudes, commandant une brigade de réserve, occupait le palais de la Légion d'honneur avec son état-major. Le palais avait subi un véritable pillage, l'argenterie envoyée à la Monnaie, la maîtresse d'Eudes emportant une partie du linge et du mobilier*, des médailles et des croix soustraites par des officiers de l'état-major^Le 22 mai, le 135^ bataillon et la légion des Enfants perdus se postèrent dans le voisinage pour défendre le faubourg Saint-Germain; le lendemain, il virent les Versaillais avancer d'une manière irrésistible. Vaincus, ils se vengeront. Eudes était membre du Comité de salut public, de qui venaient les ordres d'incendie, et sur les lieux où il commandait en personne, il semble avoir voulu se signaler. Les fédérés sous ses ordres, placés dans un quartier ennemi de palais et d'hôtels, se montrent de leur côté animés d'une fureur toute particulière. Dès le 22 ils avaient saccagé plusieurs maisons et fusillé un concierge qui leur était hostile^. Le 23, dans l'après-midi, ils répandent le pétrole dans le palais de la Légion d'honneur, la caserne d'Orsay, la Caisse des dépôts et consignations et l'immense palais occupé par le Conseil d'État et la Cour des comptes. Dans ce dernier, les bibliothèques, les archives alimenteront à souhait l'incendie. Sortant des édifices situés le long de la Seine, ils se jettent, de l'autre côté de la rue de Lille, sur les maisons et les hôtels particuliers, qui s'étendent jusqu'à la rue du Bae. A cinq heures l'incendie se déchaîne, le premier dans Paris et, outre les monuments publics, dévore vingt-deux maisons de la rue de Lille et sept de la rue du Bac*. Au carrefour de la Croix-Rouge deux maisons sont livrées aux flammes et, dans les rues Vavin et Notre-Dame-des-Champs, Lisbonne, le chef de la
1. Georges d'Heylli, La Légion d'honneur et la Commune, p. 36.