Maxime Du Camp, Les convulsions de Paris, t. II, p
3. Procès des pétroleuses. Déposition femme Tliomé. A. Jolin Mottu, Les désastres de Paris, p. 8.
10*^ légion, fait sauter et brûler tout un bloc de constructions.
Le Comité de salut public a encoie envoyé l'ordre de mettre le feu à Notre-Dame et à l'Hôtel-Dieu^ L'hôpital contenait six cents malades. Les médecins protestent avec véhémence contre un pareil ordre. L'officier qui en est porteur consent à retourner à l'Hôtel de Ville demander de nouvelles instructions. Sur son rapport le Comité de salut public accorde un sursis de vingt-quatre heures, qui permettra d'emmener les malades. Le lendemain, le quartier tomba au pouvoir de l'armée de Versailles et toute destruction devint impossible. Cependant des gardes nationaux fédérés, entassant sans attendre livres, chaises, balustrades à l'intérieur de Notre-Dame, avaient enflammé par-dessus du pétrole, lorsque le D' Brouardel accourt de i'Hôtel-Dieu et, secondé par les internes et des habitants du quartier, réussit à éteindre le feu^
Pendant que les incendies s'allumaient, le procureur de la Commune Raoul Rigault se rendait à la prison de Sainte-Pélagie. Entré au grefl"e, à dix heures du soir, il se fit amener Gustave Chaudey.
Chaudey, républicain proscrit au 2 Décembre, était un homme courageux et désintéressé qui, en défendant ses opinions, ne s'était jamais inquiété des risques. Après le 4 septembre, il avait soutenu les hommes ariivés au gouvernement, d'abord comme maire du IX** arrondissement, puis comme adjoint à l'Hôtel de Ville. Cela seul eût suffi à le désigner au parti de la Commune. En outre il s'était occupé déludes économiques. Membre de l'Internationale à son origine, il s'était mêlé aux congrès tenus par les fondateurs de l'Association et, dans les scissions survenues, était resté l'adversaire de ceux qui devaient plus tard s'allier aux purs révolutionnaires. Puis, comme les