John Furley, Épreuves et luttes d'un volontaire, p
LA REPRISE DE PARIS. Ul
Versailles, qui déclara que l'opposilion décidée des ministres et de la Commission de l'Assemblée ne lui permettait pas d'accorder l'échange. En dernier lieu, Flotte, muni de lettres pressantes de l'archevêque et du curé de la Madeleine, M. Deguerry*, se rendit de sa personne à Versailles et insista, toujours inutilement, auprès de M. Thiers, pour obtenir l'échange.
Le Conseil des ministres et la Commission de l'Assemblée avaient donné comme motifs de leur refus qu'ils ne pouvaient entrer en rapports, même indirects, avec la Commune, qu'ils n'avaient pas le droit de relâcher un coupable frappé par les lois. Et aux craintes exprimées sur le sort des otages, ils avaient répondu qu'ils ne pensaient point que leur vie fût réellement en jeu. Leur langage eût été tout autre si les prisonniers de la Commune eussent été de véritables otages, tels que les gouvernements, dans l'antiquité, avaient soin de s'en assurer, c'est-à-dire des personnes attachées par le sang à ceux dont on veut se garantir la fidélité ou la soumission. Si les ministres, si les membres de la Commission de l'Assemblée eussent vu dans les prisons de la Commune leurs femmes et leurs enfants, il est évident que, sans arguties, ils se fussent hâtés d'accepter l'échange. Mais un archevêque et un président de cour, il est si facile, lorsqu'ils sont morts, de les remplacer! Quant aux catholiques de l'Assemblée nationale, d'ordinaire si zélés, le cas les laissait indifférents. Ils soutenaient contre la Commune une lutte sans merci : l'archevêque était leur général au combat, il devait, au besoin, sacrifier sa vie. D'ailleurs, il était mal vu des ultramonlains pour avoir montré des tendances libérales au Concile et combattu l'infaillibilité du pape; s'il périssait, on lui donnerait un successeur mieux pensante
Le "24, dans l'après-midi, les derniers membres de la