‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 58 sur 102 · Guénin, ibid., p · texte numérisé non relu

Guénin, ibid., p

étaient vides et, sans l'acte de la mairie du XI% il n'y aurait point eu de sang versé. Genton, entré au greffe, remet au directeur de la prison, nommé par la Commune, François, le papier dont il est porteur. Six otages doivent mourir; mais l'archevêque Darboy et le président Bon- Jean sont seuls nominativement désignés. Le directeur et le greffier déclarent que, pour mettre leur responsabilité à couvert, ils ne livreront que des otages dont le nom leur sera fourni. Genton, sur ce refus, retourne à la mairie du XP arrondissement. On n'y avait point les listes d'otages, aussi revient-il à la Roquette avec son même papier, disant qu'il a reçu l'ordre de choisir lui-même sur le registre d'écrou. Le directeur, sans plus de résistance, remet les listes nominatives à Genton*, qui, à la suite des noms de l'archevêque et de M. Bonjean, inscrit ceux de Jecker, du missionnaire AUard, des pères jésuites Clerc et Ducoudray. Puis, se ravisant, il remplace Jecker par M. Deguerry, curé de la Madeleine 2.

Le peloton d'exécution se met en marche dans la cour; en tête, Genton, Sicard, chef de bataillon d*état-major, qui commande, le sabre en main ; Vérig, capitaine de garde à la prison; Mégy, du Comité central, qui, pour s'assurer sa part de sang, s'est muni d'un chassepot^. Depuis la première venue de Genton, près de deux heures s'étaient écoulées. La cour de la prison avait été envahie par des gardes nationaux et des habitants du quartier; mais, au moment de l'exécution, l'horreur et la crainte de se compromettre les tint sur la réserve. Un certain nombre de gardes du 66® bataillon, qui s'étaient d'abord laissé entraîner, s'en retournèrent même sur les remontrances de leur cantinière. Le peloton se trouva donc exclusivement formé de ces fédérés amenés par Genton. Ils appartenaient à divers bataillons, plusieurs étaient ivres ^. Parmi eux se

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