‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 59 sur 102 · Guénin, ibid., p · texte numérisé non relu

Guénin, ibid., p

voyaient des Vengeurs de Flourens, quelques-uns de tout jeunes gens.

On est allé prendre les victimes dans les cellules. Les plus marquants des otages avaient été d'abord tenus à Myzas; le 22 mai, Raoul Rigault les avait transférés à la Roquette, au nombre de quarante. La Roquette sert de dépôt aux condamnés à mort, aussi, en y entrant, s'étaientils sentis sous le coup de l'exécution. Lorsque les six otages parurent devant les fédérés, ils s'attendaient donc au sort qu'on leur réservait. Cependant ces hommes n'avaient dans leur passé aucun acte, qui eût pu les rendre odieuK à leurs conciloyens. Tout au contraire, larchevêque Darboy, le président Bonjean étaient des esprits distingués et libéraux, ayant eu le courage de combattre les prétentions à l'autorité absolue, l'un de son Église, au Concile, l'autre du gouvernement impérial, au Sénat. M. Deguerry, vieillard de soixante-quatorze ans, respirait la bienveillance et la cordialité. Les trois autres étaient obscurs, inconnus du public. Sans crime à leur charge, ils avaient subi l'emprisonnement avec sérénité; le plus éprouvé se trouvait être l'archevêque, dont la santé s'était visiblement altérée.

Devant le peloton d'exécution, le président Bonjean demande, en légiste: «Qui nous condamne? — La justice du peuple, lui répond-on. — Oh! ce n'est pas là la bonne M » L'archevêque, accusé d'avoir trahi le peuple et desservi la Commune, répond qu'il a toujours aimé la liberté, qu'il s'est, au contraire, entremis pour recommander l'apaisement, qu'il a écrit dans ce but à Versailles. Mais ces paroles n'ont d'autre résultat que de déchaîner de basses injures, si bien qu'un lieutenant, dans le peloton, réclame le silence, disant qu'il était honteux d'insulter au malheur et que peut-être eux-mêmes se trouveraient bientôt dans une passe analogue ^ Le peloton emmène les otages dans

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