Lissagaray, /^isfoire de /a Commune, p
envoyés partent, accompagnés du soi-disant Américain, qui n'était en aucune façon secrétaire de iM. Washburne, et dont le nom est resté inconnu. Mais, à la porte de Vincennes, ils sont arrêtés par les hommes de garde, qui refusent de les laisser sortir. Ceux-ci s'imaginent qu'ils trahissent et, pour se soustraire au danger, veulent passer dans les lignes prussiennes. Les explications que Delescluze donne sur leur mission, d'où, dit-il, peut dépendre le salut commun, sont fort mal reçues. Accusé de vouloir fuir, il est lui-même insulté et menacé *. Un ordre de sortie, envoyé par Ferré, est méconnu. Toute insistance est vaine, et Delescluze et ses collègues doivent revenir.
Au cours de la journée, les Versa-iliais enserraient la place du Châleau-d'Eau. Le soir, ils purent diriger sur la barricade fermant le boulevard Voltaire un feu terrible d'artillerie et de mousqueterie. La mairie du XI® arrondissement commençait à être très menacée. Tout y annonçait la débandade. Vermorel y avait été apporté, blessé à mort. Jourde avait remis à chacun des membres de la Commune venus ce jour-là, une somme de 1000 francs, pour les aider à se tirer d'affaire et comme supplément à l'indemnité de 15 francs par jour, qu'ils touchaient depuis leur élection. Wrobleski arrive de la rive gauche. Il avait montré du talent dans la défense de la Butte-aux-Cailles, aussi Delescluze lui offre-t-il le commandement en chef. Il refuse; tout espoir est perdu, un général en chef est inutile dans la lutte désordonnée qui se poursuit.
Delescluze dut penser qu'il n'y avait non plus besoin d'un délégué à la guerre, et que son propre rôle était terminé. Sa vie avait été celle d'un de ces sectaires qui attendent, d'un événement heureux, l'occasion d'imposer leurs principes et leurs dogmes. Esprit étroit, mais ferme caractère, il avait de tout temps sacrifié sa liberté pour défendre ses idées. De longues années de prison l'avaient profondément ulcéré. Il poursuivait d'une haine violente