Déposition Reculet. Enquête parlementaire, p
les hommes ayant fait obstacle à ses desseins, surtout ces républicains politiques qui, chaque fois que la République était survenue, avaient obtenu le pouvoir, pendant que lui, acharné à continuer l'œuvre révolutionnaire, était honni et persécuté. Il éprouvait en particulier un ressentiment sans bornes, pour les hommes parvenus au gouvernement le 4 septembre, qui, à la fin du siège de Paris, l'avaient emprisonné. A soixante-deux ans, sa santé était ruinée ; plutôt que de retomber aux mains de ses ennemis vainqueurs, il préféra en finir. Vers sept heures du soir, on apprend à la mairie du XP arrondissement que la barricade fermant le boulevard Voltaire était presque abandonnée et qu'il y fallait des renforts. Delescluze part avec une centaine de fédérés. Le feu des Versailhiis est tellement violent que bientôt les hommes s'arrêtent ou cherchent un abri le long- des maisons. Il continue seul à s'avancer, la canne à la main, touche la barricade et tombe mort *. Le danger élait tel que les fédérés ne purent relever son corps. Il fut retrouvé le surlendemain, marqué de brûlures que lui avaient faites les charbons détachés des maisons incendiées à l'angle du boulevard ^. Les Versaillais continuèrent à cribler la barricade de projectiles qui la rendaient intenable. La mairie du XP arrondissement allait ainsi se trouver découverte. Dans la nuit, les derniers membres de la Commune l'abandonnèrent, pour se transporter à celle de Belleville.
Les Versaillais, le 26 au matin, occupèrent les places de la Bastille et du Cliâteau-d'Eau. Les fédérés étaient maintenant acculés dans les qnartiers excentriques de Belleville et de Charonne. Malgré cela, ils résistaient toujours. Ceux qui s'acharnaient à combattre étaient les courageux, refoulés de position en position; ils appartenaient à toutes les parties de la ville, et, enveloppés dans un étroit espace, ne pouvaient plus revenir chez eux et se
1. Jourde, Souvenirs, p. 82. — Lissagaray, Histoire de la Commune, p. 402.