‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 66 sur 102 · Maxime du Camp, Convulsions, t. I, p · texte numérisé non relu

Maxime du Camp, Convulsions, t. I, p

dérober. Autant valait donc se faire tuer que de se rendre, pour être fusillé ou envoyé aux pontons. Le terrain qui leur restait comprend les hauteurs de Belleville et du Père-Lachaise, naturellement très fortes; la population favorable les secondait et leur avait d'avance multiplié les barricades; aussi devaient-ils tenir deux jours encore. Pourtant il ne venait plus à la mairie de Belleville que de très rares membres de la Commune. Le Comité de salut public s'était évanoui ; de ceux qui l'avaient formé, Ranvier restait seul ^ Le Comité central, chassé de la rue Basfroi, s'était cependant réfugié à Belleville et, dans l'effoncl rement général, reprenait en apparence tous les pouvoirs. Quelques-uns de ses membres, avec le colonel Hippolyte Parent, s'efforçaient encore de maintenir une certaine direction au combat.

Les fédérés, dans la journée du 26, incendièrent les docks de la Villette et Ferré fit une nouvelle coupe parmi les otages. Sur son ordre, le colonel Gois, président de la cour martiale, se rendit dans l'après-midi à la Roquette, pour y prendre un nombre indéterminé d'otages. Parmi les détenus à la prison, se trouvaient deux ouvriers accusés d'avoir servi, sous l'Empire, d'espions à la police, les nommés Greffe et Largillière, et Gois les réclama d'une manière spéciale. Il choisit, en outre, un ancien officier de paix, trente-trois gendarmes ou gardes de Paris, les Pères jésuites Olivaint, Caubert, de Bengy, huit autres prêtres ou séminaristes, qu'on fit descendre à la hâte des cellules. Gois et son peloton emmènent les otages à Belleville. Près de la Roquette, les habitants leur témoignèrent de la pitié. Mais, en route, le cortège s'est grossi de fédérés recrutés à une barricade, puis il est rencontré par une bande de chasseurs et d'artilleurs battus. Ceux-ci prétendent se venger en fusillant immédiatement les otages. Le bruit se répand que ce sont des gendarmes et des prêtres pris au combat. La foule devient dès lors tout à fait

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