‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 68 sur 102 · Abbé Vidieu, Histoire de la Commune, p · texte numérisé non relu

Abbé Vidieu, Histoire de la Commune, p

milieu d'une fumée aveuglante et au bruit assourdissant des feux de peloton, répercutés par les hautes murailles. Ceux qui, tombés, vivaient encore, étaient achevés à coups de baïonnette ^

La hâte amena des erreurs. Des hommes furent frappes, parfaitement étrangers à la Commune. Un certain nombre de généraux et d'officiers de la Commune étaient Polonais ; de là, tous ceux de cette nation étaient devenus suspects; aussi fusille-t-on, par la seule raison qu'ils portent des noms polonais, des gens tout à fait inoffensifs, même des vieillards ^ Le docteur Fanneau, médecin d'une ambulance au séminaire Saint-Sulpice, déclare à l'officier de l'armée qui se présente, que l'édifice ne renferme point de combattants, mais seulement des blessés. Au même moment, un coup de feu part d'une fenêtre, l'officier et sa troupe croient que le docteur les trahit, et, sans examen, le passent par les armes avec une partie des hommes remis à ses soins ^. Il y eut ainsi un assez grand nombre d'exécutions par méprise ou sur de faux avis ; le chiffre n'en sera jamais connu.

Cependant, eu égard aux circonstances, l'armée observait encore une modération relative. La répression conservait entre ses mains une certaine retenue, qui eût manqué, si elle eût été remise à cette partie de la population ennemie de la Commune. Les dangers et les chocs subis avaient troublé les têtes et fait perdre la possession de soi. Tout ce qui s'appelle humanité, crainte de frapper l'innocent au lieu du coupable, soin de proportionner les châtiments au degré du crime s'était évanoui des esprits. La foule se déchaînait, agitée de mouvements convulsifs. Un besoin d'extermination en bloc, de vengeance sans choix et sans délai, s'était emparé d'elle. Les prisonniers,

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