D' Jan ten Rrink, Geschiedenis, p
2. Mémoire sur la participation d'un certain nombre de Polonais, etc., p. 17.
3. Le Siècle, 28 mai 1871. — Camille Pelletan, La semaine de Mai, p. 81.
emmenés par bandes à Versailles, subissent en route les plus mauvais traitements; les passants se précipitent, demandant qu'ils soient fusillés sur place, les hommes les menacent du poing, les femmes cherchent à les frapper de leurs ombrelles. La vue, au milieu des prisonniers qu'on entraîne, de femmes, leurs petits enfants dans les bras *, ou de blessés dont le sang coule, n'inspire aucune pitié. Les pelotons chargés des arrestations sont suivis de rassemblements, qui les excitent à exécuter les captifs, sans examen et sans appel. Près de l'École militaire un malheureux négociant nommé Constant, que l'on prend pour Billioray, est dénoncé aux soldats ^. Il proteste, se débat; la foule affirme, avec certitude, que c'est bien Billioray et les soldats le fusillent, persuadés, par le témoignage des assistants, qu'ils mettent à mort un membre de la Commune. Les quelques personnes restées de sang-froid, qu'un tel déchaînement de cruauté remplit d'horreur, sont obligées de se contenir avec soin. L'expression de la plus légère pitié, un appel quelconque à la mansuétude seraient tenus à crime et mettraient en péril immédiat.
Aussitôt que l'armée avait occupé un certain rayon, des gardes nationaux, hostiles à la Commune, s'étaient efforcés de reprendre le service. Les soldats, ne les voyant venir qu'après le danger, leur avaient fait le plus mauvais accueil. Comme le désarmement général était prescrit, on leur interdisait le port des armes. On n'exceptait de cette mesure- que le seul bataillon formé par les employés de la Banque de France, qui, pendant la Commune, avaient conservé le drapeau tricolore et gardé la Banque. On ne sait à quelles violences se seraient portés les gardes nationaux qu'on eût laissés s'armer. Tout contenus qu'ils étaient, on les voyait en uniforme, avec des brassards tricolores, faire le guet dans les rues, arrêter et fouiller les passants, aider aux recherches et aux visites domiciliaires. Le