Général Le Flô, Enquête parlementaire, p
ailleurs. Les scènes de violence continuent. Parmi la foule, certains réclament la mort sommaire et immédiate, d'autres veulent le juirement préalable d'un conseil de guerre. Les discussions se poursuivaient, on n'avait formé un conseil de guerre qu'après toutes sortes de retards, les officiers et les fédérés tenaient toujours les furieux en échec, lorsque, à cinq heures, une clameur s*élève ^ et, à la suite d'une bousculade dans la cour de la maison, les prisonniers voient jeter au milieu d'eux un vieillard habillé en bourgeois. C'était l'ancien général de la garde nationale, Clément Thomas, qui venait d'être reconnu et saisi, place Pigalle, où il se promenait en curieux.
Clément Thomas était un homme intègre et courageux. Chef de la garde nationale, il avait dû sévir contre cette lie du peuple entrée dans les rangs, puisque pendant le siège la population tout entière avait pris les armes. Il avait à maintes reprises flétri, par des ordres du jour, les bataillons ayant failli à la discipline et, entre autres, les tirailleurs de Flourens. Sa sévérité et ses liens avec les hommes du 4 Septembre le rendaient odieux au parti de la Commune. Dès l'instant où il est amené rue des Rosiers, les officiers fédérés perdent tout empire sur leurs hommes ; ils ne peuvent plus contenir la foule qui se déchaîne et veut du sang. Un capitaine fédéré court à la mairie de Montmartre chercher le maire, M. Clemenceau. Avant que celui-ci ait pu survenir, la foule se rue dans la maison, arrache le général Clément Thomas des mains de quelques hommes courageux qui le défendent encore et l'entraîne dans le jardin. C'est à qui tirera sur lui le plus vile. 11 est successivement frappé d'une douzaine de balles. Le général Lecomte est amené ensuite. Ce sont des soldats débandés qui, depuis le matin, ont, avec le plus d'acharnement, demandé sa mort et, maintenant, ce sont eux qui se mettent en tête du peloton pour le fusiller. La fureur de la foule se calma cependant après ce double meurtre. Les