‹ Histoire de France de 1870 à 1873 (volume 2)Chapitre 98 sur 102 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LE SEPTENNAT

Lorsque l'Assemblée rentra de vacances, le 5 novembre, les partis monarchique et républicain se retrouvaient face à face, dans d'autres conditions qu'au 24- mai. Les monarchistes étaient désorganisés par la tentative manquée de restauration. Les républicains, du même coup, se relevaient. Les divisions parmi eux avaient cessé, la crainte de la Monarchie les avait tous unis et, comme les néo-républicains du centre gauche s'étaient montrés immuables, les radicaux, reconnaissants et délivrés de leurs soupçons, consentaient maintenant à leur laisser prendre la direction du parti tout enlier. Gela devait rassurer dans le pays les hommes timides qu'avait pu effrayer la dernière élection de Paris. Mais que s'agissait-il désormais des terreurs causées par le succès de M. Barodet! Un autre effroi bien réel venait de naître, celui de la domination du clergé et des partisans de l'ancien régime, et les monarchistes, ses auteurs, allaient en demeurer les victimes. Les lois votées après le 24 mai pour complaire aux catholiques avaient déjà inquiété le pays, sur les tendances des monarchistes au pouvoir; aujourd'hui que, par surcroît, on leur devait une entreprise ayant presque ramené le roi du drapeau blanc, il semblait qu'il n*y eût plus aucune retenue à en attendre et que toutes les attaques aux formes modernes fussent à craindre. A l'heure où une opposition profonde s'élevait contre eux, la tentative de

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