‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 102 sur 178 · Général Chanzy, La 2" armée de la Loire, p · texte numérisé non relu

Général Chanzy, La 2" armée de la Loire, p

pour marcher en plaine à découvert. Dans le but de dissimuler son mouvement^ le général Chanzy l'opère en deux fois. Le 11, la gauche de l'armée resta immobile contre la forêt de Harchenoir, le centre se replia sur Concriers, la droite recula davantage sur Âvaray, majs là elle touchait toujours la Loire, de telle sorte que les Allemands ne pouvaient encore juger si l'armée en face d'eux était bien en retraite ou modifiait simplement sa position. Il n'y eut, ce jour-là, que des escarmouches. Enfin, le 12, vint le moment critique où il fallut abandonner la Loire. L'armée se mit en route de fort bonne heure, le mauvais temps lui était favorable, la pluie etun brouillard épais couvraient la campagne, elle ne fut donc point sérieusement inquiétée. Le soir, elle bivouaquait à moitié chemin de Vendôme et le lendemain, 13, occupait les positions choisies autour de cette ville.

Les Allemands, dès le 14, tâtaient la 2" armée de la Loire, sur le Loir, et le lendemain ils l'attaquaient en forces, en avant de Vendôme. Elle se maintint, sauf sur un point, mais des plus importants, à Bel-Ëssort, près du ruisseau de la Houzée. Les Allemands de Bel-Essort commandaient le passage du Loir, la défense de Vendôme devenait donc difficile. La S"" armée de la Loire manifestait d'ailleurs des signes d'épuisement, qui faisaient craindre qu'elle ne pût continuer à soutenir le choc. L'ennemi, maintenant maître des deux rives de la Loire et de Blois, s'avançait par Montoire pour couper la route du Mans. Il fallait donc se replier encore une fois. Le 16, l'armée se dirigeait sur le Mans et la Sarthe. Avec des cadres imparfaits, des soldats sans instruction, épuisés par les souffrances d'une campagne d'hiver, la retraite nouvelle à entreprendre était des plus périlleuses. L'armée se décomposa en partie. Elle avait déjà perdu de nombreux hommes vaincus par la fatigue ou démoralisés, qui tombaient aux mains de l'ennemi ; elle en perdit de nouveaux, ainsi que quelques canons et du matériel. Mais le Mans devait être le terme de la retraite, on y entrevoyait le

repos et tous les hommes débandés s'y précipitèrent. La poursuite fut d'ailleurs abandonnée par les Allemands, qui renonçaient à s'enfoncer dans l'Ouest. La deuxième armée de la Loire, enfin libre d'ennemis, s'établissait au Mans, le 20 décembre.

La prise de Metz, qui en rendant disponibles les forces employées au blocus, avait permis aux Allemands de frapper sur la Loire des coups décisifs, leur procurait encore le moyen de s'étendre au nord et à l'ouest de Paris. Le général de Manteuffel était parti de Metz avec deux corps prussiens, le P' et le VIII% se dirigeant vers l'Ouest. 11 marcha d'abord sur Amiens. M. Testelin, nommé. commissaire général des départements de l'Aisne, du Nord, de la Somme et du Pas-de-Calais, avait unifié la défense de cette région. Avec les officiers et les soldats échappés de Sedan et de Metz, les. hommes des dépôts, les gardes mobiles, le matériel trouvé dans les places fortes, on avait créé un corps d'armée, le 22®. Le général Bourbaki en avait reçu le commandement; mais, exposé à des attaques dans les villes du Nord, auxquelles donnaient lieu sa sortie de Metz et sa mission auprès de l'Impératrice, il avait été presque aussitôt transféré par M. Gambetta à l'armée de la Loire. Le général Farre commandait donc le 22^ corps par intérim, lorsque les Prussiens approchèrent d'Amiens. Il se plaça à Villers-Bretonneux pour leur barrer la route. Il fut attaqué le 27 novembre ; ses troupes n'étaient encore que très imparfaitement organisées, elles firent cependant une résistance énergique, combattirent jusqu'à la nuit et le lendemain purent se retirer sur Ârras. Le général de Manteuffel occupa Amiens et sa citadelle, puisse dirigea sur la Normandie. Les confins en avaient été gardés jusqu'alors par des corps de mobiles et de francs-tireurs, tenant en échec les partis détachés de l'armée qui investissait Paris. Sous cette protection on avait cherché à grouper les forces de la région. On commençait à s'organiser, lorsqu'on apprend que les Prussiens s'avançaient d'Amiens à marches forcées. Cette attaque imprévue amena un véritable dé-

sarroi*. On essaya bien d'arrêter Fenneini, mais les noa- ▼elles leTées ne parent être réunies à temps sor le point choisi, à Bacj; d'ailleurs elles étaient, faute dlnstmction» incapables de résister sérieusement à des adTersaires aguerris. Après un petit combat que soutinrent presque seuls les éclaireurs Mocquard, Rouen fut abandonné le 5 décembre. Les Prussiens s'étendirent au delà, vers la mer, jusqu'à Dieppe, et, sur la rire gauche de la Seine, jusqu'au CalYados. Les troupes sorties de Rouen se réfugièrent au Havre, fortifié.

Dans l'Est, depuis la perte de Dijon, les Français tenaient une ligne passant par Besançon, Dôle, Nuits et Autun. La 1** armée des Vosges, repliée à Besançon, avait ensuite été grossir l'armée de la Loire sous le nom de 20^ corps. Le général Garibaldi avait formé une nouvelle armée des Vosges avec des bataillons de garde mobile et des corps de francs-tireurs italiens et étrangers, principalement italiens. Garibaldi s'était placé à Autun pendant que le général Cremer, avec une forte division, occupait Nuits ; ils couvraient ainsi Chagny et la route de Lyon. Une brigade de l'armée des Vosges, commandée par RiecioUi Garibaldi, avait poussé une pointe au delà de Dijon, surpris et en partie enlevé à Châtillon-sur-Seine une garnison prussienne. L'armée des Vosges livrait, le 26 novembre, à Frénois et Lanthenay un combat heureux, à la suite duquel le général Garibaldi tentait sur Dijon une surprise de nuit. Il échouait et se repliait sur Autun. Suivi et attaqué lui-même à Autun le 1^ décembre, il repoussait l'attaque et les Prussiens revenaient à Dijon.

Le général Cremer était de son côté attaqué à Nuits, le 18 décembre, par le général de Werder. La bataille, eu égard au nombre d'hommes engagés, fut une des plus sanglantes de la guerre. Les mobiles du Rhône, sous les ordres du colonel Celler qui fut tué, et les mobiles de la

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