‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 110 sur 178 · Procès Bataine, Déposition du générai Bourbalci, p · texte numérisé non relu

Procès Bataine, Déposition du générai Bourbalci, p

Lorsque Régnier, de son côté, fut revenu à Ferrières, M. de Bismarck trouva que la simple signature du maréchal Bazaine, qu'il rapportait sur une photographie, était insuffisante comme pouvoir. Il envoya donc à Metz le télégramme suivant : « Le maréchal Bazaine acceptera-t-il, pour la reddition de l'armée qui se trouve devant Metz, les conditions que stipulera M. Régnier, restant dans les instructions qu'il tiendra de M. le maréchal ?» Ce télégramme avait été transmis par le chef d'état-major du prince Frédéric-Charles, le général de Stiehle, et ce fut à lui que le maréchal Bazaine adressa ses explications : « Je ne saurais répondre d'une manière absolument affirmative à la question qui m'est faite par Son Excellence M. de Bismarck. Je ne connais nullement M. Régnier, qui s'est présenté à moi, comme muni d'un laissez-passer de M. de Bismarck, et qui s'est dit l'envoyé de Sa Majesté l'Impératrice, sans pouvoirs écrits. M. Régnier m'a fait savoir que j'étais autorisé à envoyer auprès de l'Impératrice, soit Son Excellence le maréchal Canrobert, soit le général Bourbaki. Il me demandai! en même temps s'il pouvait exposer les conditions dans lesquelles il me serait possible d'entrer en communication avec le commandant de l'armée allemande devant Metz pour capituler. Je lui ai répondu que la seule chose que je puisse faire, serait d'accepter une capitulation avec leshonneurs de la guerre, mais que je ne pourrais comprendre la place de Metz dans les conventions à intervenir. » M. de Bismarck interrompit ses rapports avec Régnier, voyant qu'il demeurait sans pouvoirs, soit de l'Impératrice, soit du maréchal Bazaine, et il attendit.

Pendant le mois de septembre, l'armée du Rhin ne tentait aucun effort pour percer le cercle d'investissement. Elle essayait seulement de se procurer des vivres et des fourrages, en attaquant, les 22 et 23, Lauvallier et Chieulles, et, le 27, Peltre et le château de Ladonchamps. Elle revenait chaque fois sur ses anciennes positions. Le 2 octobre, elle enlevait le château de Ladonchamps, s'y fortifiait et y

demeurait. Le 7 octobre, une sortie plus sérieuse avait lieu sur la gauche de la Moselle, vers Saint-Rémy, et les Tapes. Les voltigeurs de la garde abordèrent l'ennemi avec vigueur et firent 600 prisonniers. Les 3* et 4* corps, déployés pour les appuyer, ne furent cependant point engagés à fond, et les troupes reprirent leurs cantonnements, ayant 1290 tués ou blessés. Ce fut le dernier combat livré sous Metz.

Les privations avaient commencé avec le mois d'octobre et la famine apparaissait. L'armée allait se trouver incapable de tout grand effort, par l'étiolement des hommes et le manque de chevaux. Elle était déjà réduite, pour se nourrir, à manger les chevaux S qui, du reste, périssaient faute de fourrages. Dans cet état de choses, le maréchal Bazaine voulut connaître l'opinion des chefs de corps. Le 7 octobre, il leur écrit que la famine approche, leur commande de réunir leurs divisionnaires, de tenir conseil avec eux et de lui envoyer leurs avis communs^. Dans un seul corps, le 3% les généraux demandèrent catégoriquement de tenter une fois de plus le sort des armes. Le maréchal Lebœuf recommande personnellement une attaque immédiate et indique les mesures d'exécution. Le général de Ladmirault expose que, quoique les hommes soient bien affaiblis, ils sont encore capables de combattre, mais que, les chevaux de la cavalerie et de l'artillerie étant hors de service, la situation est assez triste; qu'on peut, dans tous les cas, compter sur l'énergie de son corps d'armée pour les résolutions suprêmes à prendre. Le général Desvaux, commandant la garde impériale, ne pense pas qu'après les insuccès passés et l'épuisement des chevaux, il y ait d'opération à essayer, il faut donc prolonger la défense le plus possible ; lorsqu'on sera près de manquer de vivres, on s'informera des conditions de l'ennemi: si elles sont contraires à l'honneur, on sortira en corn-

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