‹ Histoire de France de 1870 à 1873Chapitre 112 sur 178 · Metz, Campagnes et négociations y p · texte numérisé non relu

Metz, Campagnes et négociations y p

2. Souvenirs du général Jarras, p. 257. — Procès Daiaine, Déposition du générai Frossardi p. 36i.

une semblable tentative, ils ne pouvaient être résolus par des hommes enfermés dans une forteresse; aussi ne précisait-on rien*. On chargea le maréchal Bazaine de rédiger les propositions à soumettre à l'ennemi, que le général Boyer, son aide de camp, dut porter ^au quartier général du roi de Prusse.

Le papier du maréchal Bazaine accentuait singulièrement le caractère politique de la négociation : « Au moment où la société est menacée par Tatlitude qu'a prise un parti violent et dont les tendances ne sauraient aboutir à une solution que cherchent les bons esprits, le maréchal commandant Farmée du Rhin, s'inspirant du désir qu'il a de sauver son pays et de le sauver de ses propres excès, interroge sa conscience et se demande si l'armée placée sous ses ordres n'est pas destinée à devenir le palladium de la société.

m La question militaire est jugée, les armées allemandes sont victorieuses, et S. M. le roi de Prusse ne saurait attacher un grand prix au stérile triomphe qu'il obtiendrait en dissolvant la seule force qui puisse aujourd'hui maîtriser l'anarchie dans notre malheureux pays, et assurer à la France et à l'Europe un calme devenu si nécessaire, après les violentes commotions qui viennent de l'agiter.

« L'intervention d'une armée étrangère, même victorieuse, dans les affaires d'un pays aussi impressionnable que la France, dans une capitale aussi nerveuse que Paris, pourrait manquer le but, surexciter outre mesure les esprits et amener des malheurs incalculables.

« L'action d'une armée française encore toute constituée, ayant bon moral et qui, après avoir loyalement combattu l'armée allemande, a la conscience d'avoir su conquérir l'estime de ses adversaires, pèserait d'un poids immense dans les circonstances présentes. Elle rétablirait l'ordre et protégerait la société, dont les intérêts sont

1. Général de ISLdmiraiuMf Enquête parlementairey t. IV, p. 296.

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communs avec ceux de l'Europe. Elle donnerait à la Prusse, par Teffet de cette même action, une garantie des gages qu'elle pourrait avoir à réclamer dans le présent, et enfin elle contribuerait à l'avènement d'un pouvoir régulier et légal, avec lequel les relations de toute nature pourraient être reprises sans secousses et naturellement. »

Le général Boyer, porteur de ces instructions, se mit en route pour Versailles, le 12 octobre, sous l'escorte de deux officiers du prince Frédéric-Charles, chargés de lui interdire les rapports avec ses nationaux.

Les habitants de Hetz assistaient frémissants à l'inaction de l'armée qui, repliée sous leurs murs, consommait leurs vivres*. Ils eussent voulu que le maréchal Bazaine essayât, par tous les moyens, de rompre le blocus. Pleins de patriotisme, ils allaient au-devant des sacrifices. Surexcités par le renom de leur ville à maintenir, Metz la Pucelle n'avait jamais vu d'ennemis dans ses murs, ils montraient la plus grande détermination. A l'inaction de l'armée se joignait, comme cause de mécontentement, la persistance mise à ne pas reconnaître le gouvernement de la Défense nationale. La colère devint extrême, lorsque, après le départ du général Bourbaki et en dernier lieu du général Boyer, on craignit la restauration de TEmpire de concert avec l'ennemi. Le 11 octobre, une grande effervescence se manifeste à Metz^, la foule s'assemble devant l'Hôtel de Ville. Des rumeurs circulaient sur la conduite suspecte du maréchal Bazaine; on parlait, en outre, d'une grande victoire remportée en France sur les Prussiens. Les officiers de la garde nationale viennent trouver les conseillers municipaux en séance. Au dehors, on criait : « A bas les aigles ! » Celui du drapeau flottant à l'Hôtel de Ville est jeté sur la place et foulé aux pieds. Les officiers de la garde nationale se rendent ensuite chez

1. Le blocus de Metz. Publication du Conseil municipal, P- 12.

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