La vérité sur MeU, p. &i
le général Coffînières, réclamant des explications sur les bruits de victoire et sur les rapports de l'armée et de ses chefs avec le gouvernement de Paris. Le général Coffînières leur dit qu'il demeurait sans nouvelles du dehors, et que, d'ailleurs, il transmettrait leurs demandes au maréchal Bazaine.
Le 13 octobre, le général Coffînières écrivit au maire que, les magasins de l'armée étant vides, on allait puiser dans ceux de la ville, qui ne contenaient que six jours de subsistance. Le Conseil municipal, réuni aussitôt, tint séance jusqu'à une heure avancée de la nuit. La population attendait au dehors, pleine d'angoisse*. Le Conseil, par une adresse, recommanda de combattre à outrance ; le maire sortit avec les conseillers municipaux et la lut sur la place aux cris de Vive la France! Vive la République ! La République apparaissait comme une dernière espérance; en l'acclamant on protestait contre les intrigues du maréchal Bazaine.
Pendant que la population s'agitait douloureusement, celui-ci restait invisible à son quartier général du Ban- Saint-Martin ^, sans rapports intimes avec ses lieutenants^. Une seule fois, à l'occasion des demandes élevées par les habitants, il fait paraître une proclamation, où il assure qu'il n'a point de nouvelles du dehors et dit : « Quoi qu'il advienne, une seule pensée doit en ce moment absorber tous les esprits, c'est la défense du pays ; un seul cri doit sortir de toutes les poitrines : Vive la France! » D'ailleurs les journaux de Metz étaient soumis à la censure et il semblait qu'on n'eût d'autre but que d'étouffer les écrits faisant appel aux résolutions énergiques et au patriotisme*.
Le général Boyer, arrivé le 14 octobre à Versailles, dit