Général Grenier, Souvenirs de Varmée du Rhin, p
4. Comte de Montferrier, Varmée du Rhin^ p. 114. — Georges de Crombes, Récit d'un soldat, p. 94.
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veau le 19, les chefs dt:clarèrerit-ils, sauf ceux du 4' hostile et d'un autre douteux, qu'ils garantissaient l'adhésion de leurs troupes aus projets introduits par le général Boyer. Cependant, lorsqu'il l'allut prendre la déeision, le débat fut long et rinquiéliide trrs grande. Le général Coffinières proposait de tenter une dernière l'ois le sort des armes. Le maréchat Lebœnfet le général de Ladmirault, sans croire au succès, se rangeaient il cel avis. Le général Changarnier mit fin au débat. Dans une courte allocution, d'un ton ému et énergique, il exposa que la France et l'armée ne pouvaient si' sanvor qu'en se ralliant (\ai\cheineut à l'impératrii (.■' ; il ;iiljiif;ul r|i,r;c li'.s m-'uilirps du Conseil de prendre eu |i,iiii. On vulc, cl.àl'i'H'i'iilÎEjnilu maréchal Lehœuf et du ^inutuI Cnfliniùres, les j;éni''r;tnx décident que le génér;il linViM-^era envoya à l'Impératrice, pour la solliciter de s'i-iiliMulri' avei^ Teunemi et lui promettre le concours de l'aiiui-i', l.or.onsi'il, soucieux d'atténuer encore une fois 11- . .: .1 I I !■ ( 'liiiqne de ses actes, stipulait, avec menlioii i , ■ H, qu'en aucun cas
le maréchal commanci.i.i ! ■: ■ ■!■ liiiin ne s'immiscerait dans la signature du ti .liii;, m-h .h i.un resterait purement militaire. Le maréchal Kazaine n'est point intervenu au cours de ces deux derniers Couseils de guerre: il s'abstient au Tote, qui a lieu sur l'envoi du général Hoyer à l'Impératrice, il ne signe même pas le prorès-verbal de la séance, soit qu'en face de si grandes résolutions il cherchât à diminuer sa responsabilité, soit qu'il considérât les projets comme plus susceptibles d'adoption, s'il évitait de les défendre.
Quelles que fussent les atténuations et les réserves recommandées, les généraux du Conseil de guerre n'en avaient pas moins déi'idé, sur les avances de l'ennemi, que l'armée du Rhin su mettraitaux ordres del'lmpératrice
1. Procès Basoine. I)é|i Général Bojer, Enquête iMrleimntm du général Jarrai, p. â75.
pour rétablir TEmpire. Du reste, riea de moins surprenant que des hommes, conservant intacts les sentiments qui autrefois dans le pays avaient enfanté l'Empire, aient été entraînés à un semblable parti. Le maréchal Bazaine, maître suprême des décisions, était un de ces officiers tels que la guerre d'Afrique en avait beaucoup formés, braves au combat, mais étrangers aux parties élevées de Tart de la guerre. C*était un engagé volontaire, dénué de scrupules et d'un esprit médiocre* Porté jusqu'alors par la fortune, il entrevoit une nouvelle grandeur qu'il se promet, non d'actions éclatantes dont il est incapable, mais des catastrophes et des malheurs subis, tournés à son avantage. Il n'avait su sauver l'armée du Rhin en péril, par une retraite rapide sur Châlons et Paris. Une fois cerné dans Metz, il lui fallait, pour sortir, rompre un cercle continu d'ennemis, c'est-à-dire réaliser l'opération de guerre la plus difficile, si même exécutable. C'était là une tâche au-dessus de ses forces, il ne pouvait donc échapper à l'ennemi et il voyait arriver, avec la fin de ses vivres, une reddition pure et simple et la captivité. Par contraste avec celte horrible vision s'en dresse une autre : l'Empereur est prisonnier, l'Impératrice en exil ; si, sorti de Metz emmenant l'armée du Rhin, il rétablit l'Empire, qui peut dire la position prépondérante qui lui reviendra dans l'État ? Il est vrai qu'il y a, pour lui fermer ce chemin, le devoir et l'honneur, la répulsion que doit éprouver un soldat à entreprendre sur les droits du pays. Mais comment ces barrières pourraientelles le retenir, avec les précédents que lui offre le régime, qui lui a conféré ses grades et son commandement? L'Empire n'a-t-il pas pour premier auteur un général qui, abandonnant l'Egypte et son armée, a vu tout plier devant lui? Que si, pour détourner le maréchal Bazaine de la voie ouverte par Napoléon Bonaparte, il y a l'inégalité du prestige militaire, pareille différence existe-t-elle donc entre lui et le second Empereur? Louis-Napoléon Bonaparte que l'armée a eu à sa tête, par quelles actions d'éclat s'était-il signalé lorsque, le 10 décembre 1848, on
l'a élu une première fois? Ne s'est-il pas easuite élevé au trône par le parjure et In violation lies lois? Cependant sept millions d'hommes l'ont encore actlainé à trois reprises! Le maréchal li;iz:iine peut bien se croire l'égal de celui-là, et qui lui iniei'dit de supposer, renfermé comme il est dans Met;?, i|(ii> sus actes ne rencontreraient pas à leur tour la sanctimi d'un pli-faisciie?
En outre du mirage du sa f;randeiir personnelle, il est une raison d'un autre ordre, tirée de l'inlérét public, qui l'influence encore et qui dicle surtout la conduite de ses lieutenants, c'est te désir il l' sauver l'armée, pour conserver une force organisée qui mjiI, ,i Tiiiiérieurdupays, un instrument de salut'. Le {,'ûiiriM( lloyer a dit que la France était en pleine anarchie i.l (iilte aunonce concorde si bien avec ce que les généraux sont portés à croire inévitable, l'Empire disparu, qu'ils la tiennent vraie d'emblée, sans demander de preuves*. C'est l'ennemi qui renseigne, mais à peine un soupçon gerrae-t-il dans quelques esprits qu'il pourrait exagérer à dessein": la pente naturelle est si forte qu'à mesure que les nouvelles se transmettent, elles s'aggravent sponlaiiémeiit. Il ne pouvait manquer d'en être ainsi, car, au sens de l'armée, alors que l'Empereur disparaissait, lasociété perdait sa clefdevoùle. L'Empereur, le Napoléon, qu'est-ce donc, sinon un être qui, par sa puissance, assure la prépondérance de la nalion au dehors et sa sécurité à l'intérieur? Car Plustoire et la poésie n'ont cessé d'exalter Napoléon I" par-dessus la nature humaine. Et Napoléon III ! Est-ce que depuis le 2 décembre ISiJl, les fonctionnaires, la mapislrature, le clergé, le Corps législatif, le Sénat ne lui ont pas témoigné un entier dévouement, pour avoir mis fin à l'anarchie et tiré ie pays de l'abîme? Des hommes de guerre ne peuvent savoir,