Procès ^aiatne. Déposition de M. Houlier, p
3U HISTOIRE m: FKANCe DE 1870 A 1873.
Il lui écrivit officieusement qu'une grande armée s'organisait sur la Loire, et il lui laissa entrevoir les responsabilités qu'elle encourrait si, par une entente <ivec l'ennemi, elle paralysait la défense. Le 26 octobre, il recevait sa réponse: les vivres manquaient à Metz; si elle s'employait à négocier un armistice, c'était, tout en réservant ses droits, par patriotisme et pour sauver l'armée. La Délégation, ainsi rassurée, pria H. Tissot, le chargé d'affaires de France à Londres, de la remercier de ses efforts ^ L'Impératrice cherchait encore comment elle pourrait obtenir des délais de M. de Bismarck, lorsque, le 27, elle apprenait que Metz, privée de vivres, venait de capituler.
Le maréchal Bazaine avait été informé à Metz, le 24 octobre, de l'insuccès du général Boyer. M. de Bismarck lui télégraphiait qu'aucune des garanties exigées de l'Impératrice n'ayant été remplie, il ne saurait continuer la négociation politique. Le Conseil de guerre réuni se décidait, contre tout espoir, à demander au prince Frédéric-Charles la libre sortie de Metz, aux conditions déjà portées à Versailles. Le général Changarnier, que son grand âge désignait pour présenter une semblable requête, avec les meilleures chances d'être écouté, se rendit au quartier général ennemi. Le prince le reçut avec la plus grande courtoisie'; mais, lorsqu'il parla de la sortie avec armes et bagages, il l'arrêta par un refus formel. Les Prussiens n'avaient plus aucun intérêt à négocier. Il est douteux, en effet, qu'une aventure telle que le rétablissement de la régence, avec l'appui de l'armée dans Metz, ait pu tenter sérieusement M. de Bismarck, surtout lorsqu'il la reprend avec le général Boyer, après l'arrivée de M. Gambetta à Tours et le grand élan de résistance survenu en France. Cependant, si au point de vue politique la négociation doit rester sans résultat, elle permet, au point de