Daiscme, Le siège de Bitche
3i2 HISTOIRE DE FRANCE DE 1870 A 1873.
du colonel du génie Denfert-Rochereau, appelé le 19 octobre au commandement. La défense se trouvait donc organisée*, lorsque, le 3 novembre, le général de Tresckow commençait l'investissement avec une division prussienne. La place avait été amplement pourvue de vivres et de munitions, elle avait reçu une garnison de 16000 hommes, suffisante comme nombre, mais qui ne comprenait cependant que deux bataillons de troupes de ligne d'ancienne formation.
Le colonel Denfert avait élargi le plus possible la défense, en occupant, outre les ouvrages avancés, les villages et les points favorables intermédiaires. De la sorte, Tennemi ne pourrait attaquer le corps même de la forteresse qu'après avoir forcé la ceinture éloignée des défenses extérieures. Les assiégeants n'étaient arrivés qu'en nombre restreint, ils débutèrent par un simple blocus, et le cordon que les positions avancées de la garnison les obligèrent à maintenir fut tellement étendu, qu'eux-mêmes ils durent d'abord garder la défensive ; cependant ils recevaient des renforts et leur parc de siège. Le 3 décembre, ils commencèrent à bombarder la ville, en même temps qu'ils attaquaient en règle l'ouvrage de Bellevue, sur la rive droite de la Savoureuse. Après avoir ouvert la seconde parallèle et poussé la tranchée jusqu'à 300 mètres de Bellevue, ils renoncent cependant, au commencement de janvier, à continuer l'approche de ce côté et prennent désormais pour objectif les hauteurs des Hautes et Basses-Perches, sur la rive opposée de la Savoureuse. Les Perches étaient flanquées par les villages de Danjoutin et de Pérouse, que le colonel Denfert avait occupés. Les Prussiens dirigent d'abord leurs efforts contre les villages qu'ils bombardent avec violence. Dans la nuit du 7 au 8 janvier ils abordent Danjoutin de front et de flanc ; deux compagnies de mobiles, postées pour repousser l'attaque de flanc, ayant pris la fuite, le village se trouva enveloppé et les six cents