A. Ballue, Les iouaves à Paris pendant le siège, p
nouvelle tentative, quoique soutenue par des troupes du 2* corps, avorta comme les précédentes.
Pour seconder la grande attaque sur le plateau de Villiers-Champigny, deux diversions avaient été ménagées, Tune en face de Créteil, entre la Seine et la Marne, l'autre du côté de Saint-Denis. Le général Susbielle, avec une division, de Créteil s'était porté sur Mont-Mesly et l'avait enlevé. Bientôt un retour vigoureux de l'ennemi le contraignait à se replier. A deux heures de l'après-midi, des colonnes de marins, de troupes de ligne et de mobiles s'élançaient de Saint-Denis sur Épinay et s'en emparaient. Le village ne devant point être gardé, elles rentraient le soir même à Saint-Denis*.
La sortie décisive préparée de longue main à Paris pour rompre le cercle d'investissement et exécutée le 30 novembre, avait échoué. Sur tous les points d'attaque secondaires, les troupes avaient été ramenées ou s'étaient repliées d'elles-mêmes; seule la S** armée se maintenait au delà de la Marne sur un terrain pris à l'ennemi, mais en face d'elle Villiers et Cœuilly demeuraient inexpugnables. Comment, en effet, maintenant que les Allemands avertis allaient y faire affluer les renforts, pouvait-on se promettre de les enlever alors qu'on n'avait pu s'en emparer à l'improviste? Aussi, le 1" décembre, la S"" armée demeurait-ellè immobile sur le champ de bataille de la veille, pour recevoir le choc à son tour. Bry et Champigny étaient barricadés, les maisons crénelées, le terrain intermédiaire défendu par des retranchements et des épaulements de batterie. On concluait un armistice, dans la journée, pour enlever les blessés et enterrer les morts. Les Allemands faisaient, pendant ce temps, arriver des renforts. Ils n'avaient eu d'engagées la veille que la XXIV" division du XIP corps et deux brigades de la division wurtembergeoise, ils grossissent ces forces de frac-
1. Amiral La Roncière le Noury, La marine au siège de Paris, p. 203.
LE SIËGE DE PARIS. HSI!
lions nouvelles du XII' corps, de la troisième brigade wurtemhergeoise et du II' corps prussien.
Dans un siège, l'assiégeant occupe une position embra>^sante, il peut ainsi attaquer facilement l'assiégé, par nf.a ailes, s'il cherche à percer. Les Allemands, se prévalant decet avantage, se jettent, le 2 décembre, à l'aube du jour, surBryet Champigny,au): extrémités de la ligne debataille. Sur les deux points ils arrivent par surprise. Ils enlrejit dans Champigny, y font des prisonniers; les défenseurs du village reculent, une panique se produit sur les derrières dans les convois et les équipages, qui s'enfuient vers les ponts de la Marne'. La 2' armée ne contenait que deu\ régiments de vieille formation, le 35' et le ii', qui se distinguaient en toute occasion par leur solidité. Ils se trouvaient précisément du côté de Champigny, et, grâce à eux, on put, la première surprise passée, maintenir Tennemi. Les Allemands, après être entrés à l'aile opposée, dans le village de firy, en furent repoussés. 11.': s'étaient en même temps déployés à découvert entre Ury et Champigny; l'arlillerie de la 2' armée et les grossi;s pièces des forts et des batteries fixes qui, sur le terrain où ils s'étaient avancés, les atteignaient en plein, les contraignirent à rétrograder. Le soir venu, les deux armées bivouaquaient en face l'une de l'autre, comme la veille, sauf à Champigny, où les Allemands se maintenaieiil dans la partie nord du village. La journée du 2 décembre tournait donc à l'avantage de la 2' armée qui, combattant sur la défensive, couchait sur ses positions ; c'était une victoire stérile qui achevait de l'épuiser. Les officiers s'étaient prodigués dans les deux jours de bataille, pour entraîner les troupes'; 429 étaient hors de combat, dont 34 officiers supérieurs^ Le général Ladreit de la Charrière était au nombre des morts; le