UOrdrey 15 octobre
d'être plus explicite et le président déclarait l'incident clos.
Le 42, vers midi, la nouvelle arrive de Madrid que le prince Antoine de Hohenzollern renonce, au nom de son fils, à la candidature. L'anxiété était alors extrême dans Paris; les abords et l'enceinte du Corps législatif regorgeaient de députés, de journalistes, de boursiers à l'affût des nouvelles. M. Emile Ollivier reçoit l'annonce du désistement, au Corps législatif, dcins la salle des Pas-Perdus. II se laisse aller, parmi la foule, à manifester sa joie; il rencontre M. Thiers et lui dit : « L'affaire est heureusement terminée, c'est la paix. :» Les assurances pacifiques que le ministre a données sont tout de suite connues des députés et des journalistes, les boursiers galopent vers la Bourse, où une hausse subite se produit. C'est la paix ! Hais à peine ce mot a-t-il été entendu que les bonapartistes et les « chauvins -» se ruent sur M. Emile Ollivier pleins de colère et de menaces. Tous les chefs du parti bonapartiste sont là, traitant les ministres de lâches, de misérables, les accusant s'ils acceptent la renonciation, telle qu'elle se produit par Tentremise du prince Antoine, de se déshonorer et de déshonorer la France*.
La séance du Corps législatif s'ouvre bientôt après. Les bonapartistes interviennent pour déclarer que le désistement pur et simple ne leur suffit pas. MM. Clément Duvernois et de Leusse, les représentant en cette occasion, demandent à interpeller le gouvernement a: sur les garanties qu'il a stipulées ou qu'il compte stipuler, pour éviter un retour de complications successives avec la Prusse». M. Emile Ollivier, après cet incident, se rend au ministère des affaires étrangères. Lorsqu'il y arrive, M. de Gramont conférait avec M. de Werther. M. Emile Ollivier, à la nouvelle du désistement dans la salle des Pas-Perdus, avait dit : C'est la paix, sans exprimer aucune réserve; mais sans doute que les reproches qu'il a reçus et que l'interpellation des députés bonapartistes l'ont déjà suffisamment influencé