Flourens, Paris livré, p
course*. Les hommes, devant THôtel de Ville, mettent le genou en terre, d'autres se sont embusqués contre les maisons ; tous ensemble font feu sur les mobiles placés aux fenêtres. Ceux-ci ripostent et mettent en fuite les assaillants. Parmi les morts laissés sur la place se trouvait le chef de l'attaque, l'ex-commandant de la garde nationale Sapia.
Le gouvernement fit en sorte d'empêcher le retour de semblables tentatives. Il ferma les clubs ; supprima le Combat et le Réveil, en rechercha les directeurs, Félix Pyat qui réussit à se cacher, Delescluze qui fut arrêté. Il créa deux nouveaux conseils de guerre, pour juger les cas de révolte. Il devait, en effet, prendre un parti terrible, capable d'amener de nouvelles convulsions et de nouveaux soulèvements : il lui fallait traiter avec l'ennemi et cesser la défense. La famine arrivait.
Les blés étaient presque épuisés. On faisait maintenant le pain avec de l'avoine et du riz additionnés d'un peu de froment. On n'obtenait de ce mélange qu'un pain noir, indigeste et visqueux, chargé de barbes d'avoine. On avait mangé quarante mille chevaux ; on mangeait toutes les bêtes. Après avoir interdit la fabrication du pain de luxe et du biscuit, on avait à la fin rationné le pain^, en abaissant la ration à 300 grammes et celle de viande de cheval à 30 grammes, ce qui ne fournissait plus qu'une nourriture insuffisante. Pour recevoir les rations, on faisait queue de longues heures à la porte des boucheries et des boulangeries, dans le brouillard et au froid; c'était là une grande source de maladie. La mortalité s'était énormément accrue, surtout parmi les vieillards et les enfants ; les nouveaunés succombaient presque tous; les décès s'élevaient à 4500 par semaine. Comme surcroît au bombardement des quartiers sud de Paris qui continuait toujours, était venu s'ajouter, très violent, celui de la ville de Saint-Denis.